Florent Manaudou : "Peut-être qu'après les JO de Rio, je n'aurai plus de plaisir à traîner dans les bassins

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NATATION – Florent Manaudou profite de ses vacances. Avant de faire du surf à Hossegor, le triple champion du monde a fait une escapade à Dubaï. C'est là, entre deux plongées avec des dauphins, que nous avons pu parler avec le garçon qui cet été est devenu le premier Français à réussir un triplé en or lors des Mondiaux. En toute simplicité.

En mars prochain, Florent Manaudou sera à Montpellier pour valider son billet pour les JO de Rio. En attendant, le triple champion du monde, sur le pont au début du mois d'août à Kazan puis à Chartres pour la Coupe du monde où son dos lui a fait des misère, profite de son temps libre. C'est à l'occasion d'un séjour à l'hôtel Atlantis The Palm que nous avons pu l'interroger.  

On vous voit partout : dans un calendrier sexy, une pub pour de la compote... n'avez-vous pas peur d'en faire trop ?
On me voit beaucoup mais ça ne me prend pas énormément de temps. Je ne sacrifie pas mes jours d'entraînements aux opérations marketing. Au final, je ne consacre qu'un mois dans l'année à mes sponsors, à mes partenaires, et le reste du temps, c'est natation, natation, natation. Je suis bien entouré pour éviter de devenir un homme-sandwich. 

Quand on parle de vous, c'est toujours avec des superlatifs plus flatteurs les uns que les autres. Vous arrivez à garder les pieds sur terre malgré tout ?

A la base, je ne suis pas du genre à prendre la grosse tête. Je ne considère pas qu'être triple champion du monde est une finalité. C'était juste un objectif. Et je n'ai pas intérêt à prendre la grosse tête parce que l'année olympique arrive vite.

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A 24 ans, vous avez déjà tout gagné, qu'est-ce qui vous donne envie de replonger ?
Revivre un sacre olympique, tout simplement. Quand j'ai été champion olympique en 2012, j'étais un peu en avance sur ma feuille de route puisque j'étais programmé pour être au top de ma carrière à 25 ans en vue des Jeux de Rio en 2016. Le fait d'avoir gagné le titre à Londres à 21 ans a un peu faussé la donne. Mais pour l'instant, ma motivation est intacte et je la trouve en kiffant le moment présent.

Justement, cette précocité, comme celle de votre sœur et les difficultés qu'elle a éprouvées après ses titres, ne vous fait pas redouter d'être usé par les entraînements rébarbatifs que la natation impose ?
Je ne pense pas que ce soit de l'usure. Cela fait pas mal d'années déjà que je nage. Les gens ont entendu parler de moi parce que j'ai été champion du monde en août ou champion olympique il y a trois ans mais j'ai une licence de natation depuis 1994. Je suis dans les piscines depuis très longtemps, finalement. Et vu que ce n'est pas un sport facile, sans discipline et sans travail on ne peut pas être au top, il est très compliqué de s'y maintenir.  Peut-être que dès l'année prochaine après les JO au Brésil, je n'aurai plus de plaisir à traîner dans les bassins... à moins que je me sente à nouveau prêt à refaire les mêmes sacrifices.

Votre sœur, Laure, dit de vous "que vous n'aimez pas nager" et votre frère, Nicolas, a dit que "vous n'étiez plus un bosseur". Où se situe la vérité ?
Ce sont deux personnes qui me connaissent très bien. Mon grand frère m'a coaché pendant cinq, six ans et il sait l'exigence dont il faut faire preuve pour arriver au plus haut niveau et y rester. Nager tous les jours pendant quatre heures, ce n'est pas forcément fun. Ce n'est pas le genre de truc que je ferai après ma carrière. D'ailleurs, je ne connais pas un nageur à la retraite qui nage pour le plaisir. Ils ont tous les deux un peu raison mais c'est moi qui aurais le dernier mot. 

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Avec les titres, la célébrité, vos rapports avec votre sœur ont-ils changé ?
Non. Elle est tout le temps là. Ça me plaît quand elle est présente mais à Berlin par exemple, elle n'était pas là et ça a bien marché (il a remporté quatre titres continentaux aux Championnats d'Europe, ndlr). C'est bien la preuve que je ne suis pas siamois avec elle. C'est une vraie chance d'avoir sa famille près de soi, ma sœur autant que mon frère.

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