Après France-Suisse : pour Deschamps, l'heure de la réflexion

Après France-Suisse : pour Deschamps, l'heure de la réflexion

CARRIÈRE - L'élimination précoce de l'équipe de France, dès les huitièmes de finale de l'Euro face à la Suisse, est accompagnée de la question, classique, portant sur celui qui doit permettre de tourner la page. Didier Deschamps n'y échappe pas.

On a vite fait de faire descendre Didier Deschamps du piédestal, sur lequel on le croyait vissé depuis un soir de juillet 2018.  Dès le lendemain de l'élimination des Bleus face à la Suisse (3-3, 4 t.a.b à 5), la question de son maintien s'est invitée. Comme par réflexe, la France aux "66 millions de sélectionneurs" s'est interrogée sur l'opportunité de continuer avec celui qui, depuis le 8 juillet 2012, est à la tête de l'équipe de France, soit 3278 jours sans discontinuer. C'est plus que n'importe lequel de ces prédécesseurs. 

Au rayon des griefs, il y a évidemment son choix tactique dégainé face à la Nati en huitième de finale, sortant de son chapeau un 3-5-2 inédit dans cet Euro. Des médias devinant dans cette décision le signe que "DD" avait cédé à la pression des joueurs et n'avait plus la main sur un vestiaire considéré en autogestion. "Rassurez-vous, c'est bien moi qui prends les décisions", avait-il glissé juste avant une rencontre, où on l'a aussi vu parlementer avec Kingsley Coman, qui refusait son remplacement. 

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Après une élimination que les commentateurs pourront toujours imputer, pêle-mêle, aux errements défensifs, au manque de repères communs à un trio offensif de rêve, à une niaque aux abonnés absents ou encore à une fraicheur physique émoussée, Deschamps est monté au créneau, depuis la National Arena de Bucarest, au micro de TF1 : "J'assume, c'est ma responsabilité, je leur ai dit. Quand l'équipe de France gagne, le mérite revient aux joueurs, c'est toujours comme ça quand se passe moins bien, c'est ma responsabilité. Mais je suis avec eux, ils sont avec moi, il faudra le temps de digérer". 

On aura besoin de discuter- Noël Le Graët, président de la Fédération française de football

Oui, mais pour combien de temps ? Si certains rêvent déjà à haute voix de voir Zinedine Zidane au chevet de ces Bleus frustrés, rappelons que le mandat de Deschamps court jusqu'à la Coupe du monde en novembre 2022. Avant sa réélection pour quatre ans de plus, Noël Le Graët, président de la Fédération française de foot jusqu'en 2025, disait au Figaro : "Si Didier veut continuer au-delà (de son mandat, ndlr), bien entendu que je ne serais pas opposé à cette éventualité. Il effectue un tel travail avec les Bleus. Je ne suis pas certain qu’il envisage d’arrêter la sélection dans un avenir proche. Le poste lui va comme un gant, il est heureux." C'était il y a trois mois.

La sortie de route prématurée, avant même le dernier carré - l'objectif fixé avant le tournoi -, rebat forcément les cartes. Côté fédéral, évidemment, mais également du côté du principal intéressé. Interrogé en marge de l'assemblée générale du CNOSF (Comité olympique national et sportif français) pour savoir si cette défaite changeait quelque chose pour l'avenir du coach tricolore, Noël Le Graët a répondu : "Non, je ne pense pas". "Il ne faut pas confondre les choses, on aura besoin de discuter", a-t-il ajouté. 

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Mais le coup de fil que vont se passer les deux hommes devrait aussi permettre de sonder l'envie de Didier Deschamps. Après neuf ans passés sur le banc des Bleus, 117 matchs disputés pour 65% de victoires, un quart de finale au Mondial 2014, une finale à l'Euro 2016 juste avant la deuxième étoile ramenée de Russie, celui dont on a aussi dit qu'il avait inculqué la culture de la gagne aux Bleus serait-il tenté de démissionner ? Rien n'est moins sûr. D'ailleurs, Didier Deschamps a donné rendez-vous en septembre à ceux qui l'interrogeait sur son avenir au soir de l'élimination. "C'est prévu", a lancé le sélectionneur, alors que la France disputera les éliminatoires de la Coupe du monde face à la Bosnie-Herzégovine à Strasbourg. 

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