France-Allemagne : Joachim Löw, l'Euro comme cadeau d'adieu ?

France-Allemagne : Joachim Löw, l'Euro comme cadeau d'adieu ?

BAROUD D'HONNEUR - Après quinze ans de bons et loyaux services à la tête de l'Allemagne, avec qui il a remporté le Mondial en 2014 avant d'échouer au premier tour en Russie quatre ans plus tard, Joachim Löw va tirer sa révérence après l'Euro. Son départ annoncé plus tôt pourrait libérer la Mannschaft.

Il n'a qu'une obsession : réussir la plus belle sortie possible. Porté aux nues après le sacre mondial en 2014, désigné comme le responsable numéro un du fiasco quatre ans plus tard, Joachim Löw va vivre son dernier tournoi à la tête de Mannschaft. Début mars, las des critiques acerbes dont il faisait l'objet par la presse allemande, le sélectionneur a annoncé son départ anticipé après l'Euro, quel que soit le résultat de l'Allemagne. Il a obtenu la résiliation à l'amiable de son contrat, qui courait pourtant jusqu'à la Coupe du monde 2022. Le nom de son remplaçant a déjà été officialisé. Il s'agit de son ancien adjoint Hansi Flick (2006-2014) qui lui succédera, dans le courant de l'été, à ce poste qu'il a occupé durant quinze ans. 

En Europe, "Jogi" (prononcé "Yogi", son surnom) est une exception. Aucun sélectionneur n'aura passé plus de temps sur un banc. Nommé en juillet 2006, à 46 ans, l'ex-bras droit de Klinsmann va céder son trône, à 61 ans, avec - s'il atteint la finale à Wembley, le 11 juillet - 200 matchs au compteur. Pendant son mandat, l'ancien modeste milieu a porté l'Allemagne sur le toit du monde en 2014 au Brésil. Après avoir atteint le Nirvana, il a alors pu mesurer la difficulté de rester au sommet sur la durée. Le temps a fait son effet, son pouvoir s'est usé, avec en point d'orgue la débâcle au premier tour du Mondial 2018.

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À l'époque, le grand artisan de la restructuration du football allemand et de son hégémonie avait réussi à sauver sa tête. Au lendemain de cet échec, que la préparation moribonde avait esquissé, Löw avait convaincu la Fédération allemande (DFB) qu'il était l'homme de la situation. Il avait tenté alors de rajeunir l'effectif, en évinçant la majorité des champions du monde. Il avait sorti du groupe Jérôme Boateng, Mats Hummels et Thomas Müller. Mal lui en a pris. La déculottée contre l'Espagne (6-0) en Ligue des Nations en novembre 2020 avait braqué l'opinion. Là encore, lors d'une réunion avec ses dirigeants, il était parvenu à présenter ce désastre comme un "accident de parcours", ne remettant pas en cause la progression de l'équipe. 

Il retire la pression à l'équipe- Lothar Matthäus, Ballon d'Or et champion du monde 1990

Malgré les appels à la démission, Joachim Löw était resté, sourd aux critiques, fidèle à sa ligne de conduite. La défaite pathétique contre la Macédoine du Nord (2-1) en qualifications pour le Mondial 2022 en mars 2021 avait fini d'entamer son crédit. Toute la presse allemande avait tiré à boulets rouges contre l'équipe et son sélectionneur. "Quelle honte !", avait titré Bild. "Ce n'est pas la peine d'aller" à l'Euro, avait lancé, piquant, le quotidien allemand le plus lu du pays. Dos au mur, courant à sa perte, Löw s'était rattrapé aux branches. Il s'était finalement déjugé en rappelant les bannis Hummels et Müller, prétextant que le Covid avait bouleversé ses plans. Une manière de s'offrir une sortie par le haut, après une fin de mandat chaotique.

Le fait d'annoncer son départ avant l'Euro pourrait s'inscrire dans cette stratégie. Les chances de la Mannschaft ont fortement augmenté, selon les observateurs locaux, depuis que le sélectionneur a officialisé son souhait de passer la main. "Il n'a plus à se soucier du développement de l'équipe, c'est désormais l'affaire de son successeur", a assuré Jürgen Köhler, champion du monde 1990. "Il retire la pression à l'équipe, on ne va plus parler de la reconstruction, et on va enfin pouvoir se concentrer sur le terrain", a estimé Lothar Matthäus, Ballon d'Or 1990 et recordman du nombre de sélections avec 150 capes.

On sent une tension positive avant ce tournoi- Joachim Löw, sélectionneur de l'Allemagne

Peut-il y avoir une union sacrée autour de l'Allemagne ? Comme avant le Mondial 2014, Joachim Löw a demandé à l'aventurier Mike Horn de conditionner mentalement son équipe, qui devra s'extirper du groupe le plus relevé de la compétition, avec la France, qu'elle rencontre ce mardi 18 juin à Munich (21h, en live commenté sur LCI.fr), le Portugal et la Hongrie. 

"On sent une tension positive avant ce tournoi. On a senti pendant les entraînements que les choses se mettaient en place petit à petit. (...) J'ai une bonne sensation. L'était d'esprit est excellent, tout le monde a faim de succès", a expliqué "Jogi". Il ne s'est peut-être pas trompé. "On veut dire au revoir à Löw et son staff de la meilleure façon", a confié son gardien Manuel Neuer. "C'est très important pour nous d'offrir un beau cadeau d'adieu." Quel plus beau cadeau d'adieu qu'une victoire à l'Euro ?

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