France-Suisse : "Ça a toujours été très serré face aux Bleus, même quand il y avait Zidane", nous confie Djourou

France-Suisse : "Ça a toujours été très serré face aux Bleus, même quand il y avait Zidane", nous confie Djourou

INTERVIEW - Cadre de la "Nati" dans les années 2010, Johan Djourou a participé à plusieurs France-Suisse à la Coupe du monde et à l'Euro. Avant le nouvel épisode de cette rivalité, ce lundi 28 juin en huitième de finale de l'Euro, l'ex-international suisse a dévoilé à LCI ce qu'il faudra à ses compatriotes pour renverser les Bleus.

Les France-Suisse n'ont aucun secret pour lui. Taulier de la défense de la Nati pendant plus d'une décennie, Johan Djourou a joué trois des quatre précédentes confrontations entre les voisins, deux fois en Coupe du monde en 2006 et 2014 et une fois à l'Euro en 2016. Aujourd'hui retraité, l'ancien joueur d'Arsenal suit avec attention les performances de l'équipe nationale suisse. 

Avant le coup d'envoi du huitième de finale, lundi 28 juin (à 21h, en direct sur TF1 et en live commenté sur LCI.fr), l'ex-défenseur  a analysé pour LCI les chances de l'équipe de Vladimir Petkovic. Absente des quarts de finale d'une grande compétition depuis 1954, la Suisse, huitième de finaliste lors des trois dernières tournois majeurs, rêve d'un exploit historique.

Toute l'info sur

Les Bleus éliminés de l'Euro

On est toujours vu comme les petits Suisses...- Johan Djourou, ancien international suisse

Vous avez disputé trois des quatre derniers chocs entre la France et Suisse, que ce soit à la Coupe du monde (2006 et 2014) et à l'Euro (2016). Ces confrontations face aux "voisins français" ont-elles une saveur particulière ? 

Ce sont toujours des belles rencontres à jouer. Nous, les Suisses, on sait qu'on va avoir affaire à de très grands joueurs. C'est une façon de mesurer notre talent contre ce qui se fait de mieux. Quand on a joué la France à la Coupe du monde 2006, il y avait, dans le camp d'en face, Zinédine Zidane, qui est une référence dans le football, et "Titi" Henry, qui jouait avec moi à Arsenal. Ces matchs sont des moments privilégiés, mais ça ne nous empêche pas d'avoir envie de les battre. Dans votre presse, on est toujours vu comme "les petits Suisses". À chaque fois, on veut changer ce regard qu'on porte sur nous. En 2006, on a pu tenir tête aux Bleus (0-0, ndlr). En 2014, ça a été plus difficile, ça s'est moins bien passé. On avait super bien commencé le match, mais on a eu une blessure (Steve Von Bergen, ndlr) qui a bouleversé l'équipe. Résultat : on a pris l'eau (5-2, ndlr). Et puis, il y a 2016, avec un 0-0 à l'issue d'un match très, très serré. Il n'y avait pas eu grand-chose à se mettre sous la dent. 

Lire aussi

À la veille de ce huitième de finale, le capitaine suisse Granit Xhaka a planté le décor en déclarant que la Nati veut "punir les faiblesses" de l'équipe de France. Que doit-elle faire, justement, pour créer la surprise ?

La surprise se fera déjà avec l'envie. L'équipe de Suisse ne peut pas se contenter d'être à 100%. On connaît les qualités des deux sélections, mais ce début de tournoi n'a pas amené que des satisfactions. D'un côté, la Nati a peiné et aurait pu passer à la trappe si elle ne gagnait pas face à la Turquie. De l'autre côté, la France a eu de bons résultats, mais contre la Hongrie et le Portugal, les Bleus auraient pu faire mieux. La Suisse doit se servir du match de la Hongrie, dans l'intensité, dans les duels et dans l'abnégation. C'est ce qui peut faire la différence et, peut-être, mettre un peu l'équipe de France dans le doute. On sait que la France peut faire des étincelles à n'importe quel moment. Elle a cette faculté et les qualités pour le faire, mais c'est à nous de restreindre ses possibilités et de jouer sur ses faiblesses. Quand Granit (Xhaka) parle de "faiblesses", il fait référence à certaines blessures qu'il y a pu y avoir ou d'autres petites choses qui feraient que les Bleus peuvent avoir de petits doutes.

Là, c'est un one shot, c'est du 50-50- Johan Djourou, ancien international suisse

Vous connaissez bien le sélectionneur Vladimir Petkovic, qui est à la tête d'équipe suisse depuis 2014. Xhaka a dit de lui qu'il est "très calme et très serein" avant ce match face aux Bleus. Qu'apporte-t-il à la Nati ?

Il amène de la confiance et de la sérénité. Il a été l'origine d'un déclic. Il a fait comprendre aux Suisses que nous sommes capables de rivaliser avec n'importe qui. Oui, on a perdu ce match 5-2 en 2014, mais ça a toujours été très serré face à la France, même quand il y avait Zidane. La rivalité fait aussi que ce match est spécial. On n'a pas souvent gagné, mais on s'est toujours dépassé. On a gagné le respect de l'équipe de France qui dit : "Ok, on joue contre la Suisse. Ça ne va pas être une partie simple." Dans les médias, on se moque de nous, on nous charrie, mais, à part le 5-2, il n'y a pas eu que des claques. On n'a pas été ridicules. Si tu as peur d'entrée, tu n'as aucune chance. Le foot se joue avec de l'envie. Il faut avoir plus envie que l'autre.

Si elles se sont déjà jouées en phases de poules à l'Euro et en Coupe du monde, la Suisse et la France ne se sont jamais affrontées dans un match à élimination directe. Cette fois, il n'y aura pas de filet de secours...

Exactement, c'est ce qui change par rapport aux précédentes confrontations. Là, tout va se jouer sur un match. L'équipe qui donnera le plus gagnera. Je lisais ce qu'Hugo Lloris a dit et il faisait allusion à ça. Aujourd'hui, ce n'est pas une question de tactique, mais d'envie et d'énergie à ce niveau-là de la compétition. La France sait se reposer sur des choses que la Suisse n'a pas encore aujourd'hui, c'est-à-dire l'esprit de la gagne, l'expérience et le vécu. Là, c'est un one shot, c'est du 50-50.

Suivez toute l'actualité de l'Euro et des Bleus sur notre live permanent.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Que risquera-t-on en roulant sans pneus hiver après lundi prochain ? Le 20H vous répond

EN DIRECT - Procès du 13-Novembre : des proches de victimes du Bataclan et des policiers entendus ce mercredi

"C’est ridicule" : la colère monte face aux routes bloquées de la frontière franco-espagnole

VIDÉO – Un an de précipitations en 48h : la Sicile frappée par des inondations meurtrières

Plus de 5000 cas de Covid-19 par jour : peut-on déjà parler de "cinquième vague" de l'épidémie ?

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.