Sans la France, le Portugal ou l'Allemagne, qui sont les nouveaux favoris de l'Euro ?

Sans la France, le Portugal ou l'Allemagne, qui sont les nouveaux favoris de l'Euro ?

NOUVELLES TÊTES - La défaite des Français rebat les cartes dans cet Euro, marqué par un changement de dynamique au plus haut niveau européen. À l'entame des quarts de finale, qui sont les "nouveaux" favoris ?

Le roi est mort, vive les rois ! L'élimination de l'ogre français, champion du monde en 2018, ouvre des perspectives à de nombreux pays dans cet Euro. Pour eux, plus question de se cacher derrière le statut d'outsiders, ils sont désormais favoris de la compétition. 

Or, aucune équipe restante n'a d'expérience récente de finale majeure. Avec les sorties de la France, de la Croatie et du Portugal en huitièmes, les trois finalistes de l'Euro 2016 et de la Coupe du monde 2018 ont quitté la compétition. De quoi ouvrir la voie à une surprise. Alors, si l'Italie, l'Angleterre et l'Espagne se détachent, le grand final de ce championnat d'Europe pourrait bien nous offrir une nouvelle surprise.

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Euro 2021 : l'Italie s'offre un 2e sacre

Le favori actuel, la Belgique... ou plutôt l'Italie

La Belgique et l'Italie s'affrontent en quart de finale vendredi 2 juillet. Sur le papier, les Belges, demi-finalistes du Mondial 2018, ont une longueur d'avance, tant en termes de vécu collectif que de talents individuels dans le onze de départ. Alors, pourquoi l'Italie ? Principalement parce que la Belgique devrait jouer ce match sans Eden Hazard et Kevin de Bruyne, ce qui constitue un sacré handicap au moment d'affronter une équipe aussi robuste que celle de Roberto Mancini. 

Les Italiens ont été la sensation de la phase de poules, où ils ont confirmé leur retour au premier plan. Auteurs de trois victoires en trois matchs, de sept buts sans en encaisser un seul, les Transalpins s'avançaient comme les grands favoris de leur huitième face à l'Autriche. Le match s'est cependant avéré plus compliqué que prévu et il a fallu attendre la prolongation pour voir l'Italie l'emporter (2-1, après prolongation). Ce contretemps pourrait cependant renforcer une équipe qui manquait jusque-là d'expérience dans ces matchs couperets. "Un match aussi difficile peut nous faire du bien", expliquait ainsi Roberto Mancini après le match. "Quelle souffrance ! Mais ce sera utile", a confirmé l'entraîneur italien Claudio Ranieri dans sa chronique pour la Gazzetta dello Sport. "De telles victoires aident une équipe à grandir, à trouver davantage de sécurité, à prendre conscience de ses moyens. C'était un examen : nous l'avons réussi", a-t-il renchéri.

Il faut dire aussi que l'Italie a affiché face à l'Autriche un de ses principaux atouts pour aller loin dans une compétition où la fraîcheur s'annonce primordiale, à savoir la qualité de son banc. Sur l'image ci-dessus, le premier buteur du match, Federico Chiesa, est enlacé notamment par Matteo Pessina, auteur du second but. Les deux hommes étaient sortis du banc où l'on trouvait aussi Manuel Locatelli qui a réussi sa rentrée à la place de Marco Verratti. Le groupe italien est complet et il peut voir loin.

Avec cette victoire, l'Italie a atteint les quarts de finale, l'"objectif minimal mais aussi celui qui correspond le plus à (sa) valeur effective" si l'on en croit l'éditorialiste du Corriere dello Sport, Ivan Zazzaroni.  "Maintenant, chaque pas en avant sera quelque chose se rapprochant d'un miracle footballistique", ajoute-t-il, tout en appelant à continuer à "rêver". Libérée de la pression et forte de l'expérience autrichienne, l'Italie s'avance donc avec confiance dans la compétition. 

L'Angleterre, celle en qui on a du mal à croire

Les étiquettes sont parfois tenaces. L'Angleterre n'a pas encaissé de but dans cet Euro. Elle vient d'éliminer l'Allemagne (2-0) et Harry Kane a enfin inscrit son premier but dans la compétition. Elle a la partie de tableau la plus ouverte sur le papier (Ukraine en quart, Danemark ou République Tchèque en demie) et elle détient l'avantage du terrain, puisque les demi-finales et la finale se disputeront à Wembley, son enceinte londonienne où elle a joué ses quatre premiers matchs. Si l'on ajoute à cela le talent intrinsèque du onze anglais (Sterling, Kane, Saka, Foden...), pourquoi donc ne pas la propulser favorite du tournoi ?

La raison de cette réticence réside dans le passé peu glorieux des Three Lions en compétition internationale. Habitués aux éliminations rocambolesques (face à l'Islande, à l'Euro 2016), les Anglais sont tout sauf des valeurs sûres dans les grands tournois. Gareth Southgate semble avoir apporté beaucoup de maîtrise à ce groupe qui a des airs de France 2018, mais il garde contre lui 55 ans de défaites en tout genre. Compte tenu de cet historique, le match avantageux qui se présente face à l'Ukraine peut très vite se transformer en match piège.

Même la presse anglaise, d'ordinaire peu portée sur la mesure, garde un brin de prudence au moment d'aborder le destin de ses poulains. "Osons rêver" titre ainsi le Daily Mail au lendemain de la qualification, alors que le Daily Mirror affiche"Il est temps de rêver". La lecture des Unes exprime le soulagement d'avoir terrassé l'ogre allemand plus que la projection vers un titre potentiel qui relève toujours du rêve. "Maintenant, nous pouvons y croire", écrit néanmoins The Times, qui explique que la voie jusqu'à la finale est "ouverte". Seul le Telegraph s'avance avec un "Nous n'en avons pas fini"symbolique du renouveau des ambitions anglaises. Les Three Lions rugissent de nouveau, mais il en faudra encore un peu plus pour convaincre tout le monde.

L'Espagne, l'empire du milieu européen

L'Espagne n'est plus l'équipe imbattable qu'elle était dans la période 2008-2012 ou le duo Xavi-Iniesta (entre autres) a mis l'Europe et le monde à ses pieds. Moins expérimentée et plus fébrile, la Roja version 2021 a des failles. Les joueurs de Luis Enrique ont été, tour à tour, inoffensifs devant le but lors des deux premiers matchs de poules, malgré de très nombreuses occasions, puis terriblement fébriles en défense face à la Croatie. Alors qu'ils menaient 3-1, ils ont concédé une égalisation en fin de match.

À la différence des Bleus, les Espagnols ont su se qualifier en prolongations (5-3) en montrant une grande force mentale. Elle y a gagné le soutien de ses supporters jusque-là dubitatifs. "Ce match, on ne l'oubliera jamais", a affirmé Alfredo Relano, le président d'honneur du journal As et voix respectée du foot espagnol, dans un éditorial. "On a toisé cette équipe, sans lui faire confiance, du fait de toutes ces nouvelles têtes inconnues et aussi, parce que Luis Enrique n'est pas, pour ainsi dire, populaire. Mais il est maintenant temps de dire que c'est un plaisir d'être représenté par ce groupe", a résumé Relano. "On est passés par toutes les émotions : la colère après le 1-0, l'euphorie après le 3-1, la frustration après l'égalisation, l'extase après le but de Morata... Et maintenant, ce pays vibre à nouveau", a salué Marca, le journal le plus vendu du pays.

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Qui est le joueur espagnol le plus rapide ? Le plus drôle ? Le plus fort en danse ? La Roja s’amuse avant Croatie-Espagne !

Longtemps synonyme de cas positifs au Covid dans cette compétition, la Roja est de nouveau crainte sur le terrain, à juste titre. La 6e nation au classement FIFA dispose - de loin - du meilleur milieu de terrain de la compétition. Avec ou sans Thiago Alcantara, des joueurs comme Busquets, Koke et Pedri donnent le tempo du match, bien aidés par la qualité technique de leurs attaquants. Les Espagnols affichent ainsi 67,5 % de possession depuis le début de l'Euro, soit le meilleur pourcentage avec plus de huit points d'avance sur l'Allemagne, deuxième. Contrairement au cliché d'une équipe ennuyeuse, cette possession est convertie en un nombre conséquent d'opportunités de but. 

Selon fotmob.com, la Roja est première du classement des occasions créées avec 18 (contre 11 pour les Pays-Bas, deuxièmes) ainsi que celui des expected goals avec 12,7 (contre 8,8 pour leur dauphin néerlandais). Et s'il a fallu attendre leur troisième match pour que ces occasions se transforment en buts, l'Espagne en a marqué 10 sur ses deux dernières rencontres, devenant par la même l'attaque la plus prolifique de la compétition (11 buts, devant le Danemark à 9). 

En somme, le potentiel de l'équipe d'Espagne est effrayant. Qu'il se réalise dans cette compétition ou non, il faudra compter sur cette équipe dans les années à venir.

Le facteur X : et pourquoi pas... le Danemark ?

Personne ne saura jamais ce qu'aurait donné l'Euro du Danemark sans le malaise cardiaque de Christian Eriksen. Après tout, au-delà du choc ressenti qui leur a sans doute coûté le match face à la Finlande, le joueur de l'Inter Milan était le leader de cette équipe et son meilleur joueur. Pourtant, la sélection semble avoir gagné un supplément d'âme suite à cet accident, et ses deux derniers matchs ont été des démonstrations de solidarité et d'abnégation.

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Le Danemark a ainsi obtenu son ticket pour les huitièmes en écrasant la Russie (4-1) avant d'éparpiller le Pays de Galles (4-0) pour filer en quart. Dans la lignée de l'épatant Mikkel Damsgaard, les Danois développent un niveau de jeu convaincant et peuvent rêver de répéter le scénario de 1992. En l'absence de sa star Michael Laudrup, qui ne s'entendait pas avec son sélectionneur, "les Dynamites danoises" avaient remporté l'Euro face à l'Allemagne, championne du monde en titre, en finale.

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