Ligue des nations : comment la "compétition de trop" est en passe de devenir incontournable

Le Final 4 de la Ligue des nations s'offre un plateau très relevé pour sa deuxième édition.

ATTRACTIVE - Considérée comme la "compétition de trop" à son lancement en 2018, la Ligue des nations a rempli ses promesses, devenant le nouveau rendez-vous à ne pas manquer pour les grands d'Europe. Cette année, le "Final 4" mettra notamment aux prises l'Italie, sacrée à l'Euro, et la France, championne du monde en titre.

"Personne n'a besoin de cette Ligue des nations." Il n'y a encore pas si longtemps, Karl-Heinz Rummenigge, alors président du directoire du Bayern Munich, pestait contre la nouvelle création de l'UEFA. C'est peu de dire que ce mini-tournoi biennal entre nations européennes, intercalé entre chaque Euro et chaque Mondial (2019, 2021, 2023...), a suscité de la défiance à son lancement à l'automne 2018. "C'est la compétition la plus insensée dans le monde du football", jugeait l'entraîneur de Liverpool Jürgen Klopp. Un sentiment latent, partagé par des dirigeants de clubs, riches en internationaux, et des joueurs perplexes. 

"La Ligue des nations est une compétition ridicule", considérait le défenseur croate Dejan Lovren, battu par la France l'été précédent en finale du Mondial russe. "Il n'y a aucun intérêt à jouer ces matchs. Ce n'est pas une véritable compétition qu'il faut gagner. Vous pouvez appeler ces matchs comme vous voulez, mais le fait est qu'il s'agit de matchs amicaux." 

"C'est mettre des matchs pour mettre des matchs", s'indignait, de son côté, le Belge Thomas Meunier, quand l'attaquant tricolore Ousmane Dembélé assurait être tracassé par le règlement de la compétition. "Je ne comprends pas, je n'ai pas compris", expliquait-il, non sans humour.

Un "Final 4" digne d'un dernier carré à l'Euro

Voyant sa dernière-née critiquée, avant même sa première édition, l'UEFA aurait pu faire machine arrière. Au contraire, l'instance qui régit le football au niveau européen a tenu tête aux opposants à son projet, avec un objectif clair, derrière l'intérêt évidemment financier qu'il représente : en finir avec les matchs insipides, souvent déséquilibrés, entre des nations au niveau disparate et redonner un souffle aux trêves internationales lors des années sans compétition majeure. 

"Les amicaux n'intéressent plus personne, ni les journalistes ni le public, les Fédérations ont demandé une compétition", défendait Michel Platini, alors président de l'UEFA, lors de l'adoption de cette Ligue en 2014, promettant des rencontres spectaculaires, à enjeux, entre des nations du même niveau. Exit donc les France-Île Féroés, Italie-Moldavie ou Allemagne-Liechtenstein.

Restait donc à savoir si les équipes allaient jouer le jeu à fond. À défaut d'être aussi captivante qu'un championnat d'Europe ou une Coupe du monde, la Ligue des nations, rendue attractive par son format "novateur" de montée/descente, a été globalement adoptée. La mise en jambe, remportée par le Portugal de Cristiano Ronaldo, au terme d'une phase finale à laquelle participaient l'Angleterre, la Croatie et la Suisse, a été concluante. L'intérêt pour cette nouvelle mouture des équipes nationales et des joueurs s'est d'ailleurs confirmé cette année, avec un "Final 4" extrêmement relevé, digne d'un dernier carré à l'Euro. 

Des affiches alléchantes sur fond de retrouvailles

Aux côtés de l'équipe de France, championne du monde en titre, éliminée de manière précoce lors du dernier Euro, s'affichent des cadors du football européen : l'Italie, fraîchement sacrée championne d'Europe, la Belgique, première nation au classement Fifa depuis plus de trois ans, ou encore l'Espagne, demi-finaliste du dernier Euro, championne du monde (2010) et double championne d'Europe (2008, 2012). De quoi offrir des affiches alléchantes et, même des retrouvailles. 

Trois ans après la victoire des Bleus en demi-finale du Mondial russe, la France et la Belgique s'opposent dans un "remake", le 7 octobre (à 20h45, en direct sur TF1 et en live commenté sur LCI.fr). Dans l'autre demi-finale, l'Italie va recroiser la route de l'Espagne, là encore un "rematch" du dernier Euro... et de la finale de 2012, gagnée par la Roja (4-0). La potentielle finale ne serait pas en reste, puisqu'elle pourrait offrir des retrouvailles entre la France et l'Italie, 21 ans après la finale de l'Euro 2000, remportée par les Bleus au but en or (2-1, a.p) et 15 ans après celle Mondial 2006, gagnée par la Squadra Azzurra aux tirs au but (1-1, 5 t.a.b à 3). À coup sûr, une telle affiche installerait définitivement la Ligue des nations dans le paysage footballistique.

Il y a un titre en jeu. (...) C'est notre objectif- Didier Deschamps, sélectionneur de l'équipe de France

Preuve de l'enthousiasme que suscite la Ligue des champions, les quatre demi-finalistes n'ont pas l'intention de balancer ce "Final 4". Ils sont animés par la perspective de remporter un trophée, rare en sélection. "Il y a un titre en jeu", a rappelé le sélectionneur tricolore Didier Deschamps, avant le coup d'envoi de la phase finale à Turin et Milan. "On a tout fait pour se qualifier pour cette phase finale dans un groupe très relevé. En étant compétiteurs, on veut aller chercher ce titre. Avant il y en avait deux : champion d'Europe et champion du monde, maintenant il y a la Ligue des nations. C'est notre objectif."

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Pour la Belgique, ce sera l'opportunité de remporter un premier titre qui la fuit, après les échecs en 2018 et 2021. Un espoir formulé par Romelu Lukaku en personne, qui sait que les années filent et que les occasions de garnir l'armoire à trophées ne se comptent désormais que sur les doigts d'une main pour la génération dorée, qu'il représente avec Eden Hazard, Kevin De Bruyne ou Thibault Courtois. Une ambition partagée par les Espagnols et les Italiens, en quête du deuxième doublé Euro-Ligue des nations, après le Portugal en 2019. Un joli tremplin en vue de la Coupe du monde, l'hiver prochain, au Qatar. 

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