Grand déballage à l'OL : Rudi Garcia se lâche sur Juninho... et s'attire les foudres

Rudi Garcia a réglé ses comptes avec Juninho, après son départ de l'OL.

RÈGLEMENT DE COMPTES - Non-reconduit sur le banc de Lyon, où il était en fin de contrat, Rudi Garcia a vidé son sac. Il s'en est pris au directeur sportif de l'OL Juninho. Une sortie qui lui a valu une riposte cinglante de son ancien président Jean-Michel Aulas, de deux de ses ex-joueurs et même de la fille de la légende lyonnaise.

Rudi Garcia en avait gros sur le cœur. Au lendemain de l'officialisation de son départ de Lyon, qu'il a quitté sans être "candidat à ma propre succession", laissant le club à une frustrante 4e place de Ligue 1, le désormais ex-entraîneur de l'OL s'est lâché, mardi 25 mai, dans les pages de L'Équipe puis au micro de RMC Sport. Arrivé en octobre 2019 après l'éviction de Sylvinho, l'ancien coach de l'OM a réglé ses comptes avec Juninho, le directeur sportif, dont on connaissait l'inimité mutuelle. Dans un message sur les réseaux sociaux, la veille, il avait d'ailleurs pris soin d'oublier de remercier l'ancien meneur de jeu des Gones.

En creux, l'entraîneur, champion de France avec le LOSC en 2011, lui a reproché d'avoir empiété sur ses prérogatives. "Ici, il y avait trop de dissensions dans ma relation avec Juni", a-t-il expliqué à L'Équipe. "Ça s'est bien passé au début. Les choses ont commencé à se gâter sans que je m'en aperçoive. Après deux ou trois victoires en novembre, le directeur sportif ne venait plus me féliciter. J'ai découvert que quand les recrues brésiliennes ne jouaient pas, il n'était pas heureux. Il aurait préféré gagner, mais avec ses joueurs." Selon lui, Juninho aurait tenté de les imposer, aux dépens de certains jeunes comme Maxence Caqueret.

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Il fait des choses dans mon dos- Rudi Garcia, l'ancien entraîneur de l'OL, à propos de Juninho

La dent dure contre son ex-directeur sportif, Rudi Garcia a regretté, auprès de RMC Sport, que le septuple champion de France ait "mis quelques coups francs contre son camp cette saison". "Il fait des choses dans mon dos, parle aux joueurs dans mon dos, laisse certains critiquer le coach comme Jean Lucas. Il a manqué d'objectivité et de traitement équitable", a-t-il poursuivi dans L'Équipe, citant pêle-mêle plusieurs situations problématiques en interne, parmi lesquelles l'autorisation accordée à Jean Lucas de rentrer au Brésil sans son accord ou le choix de sanctionner Houssem Aouar sans avoir été consulté en amont. 

"C'est dommage de ne pas collaborer et d'être trop épidermique sur ce genre de décision", a ajouté le technicien de 57 ans, évoquant la volonté de Juninho de "vouloir sortir carrément du groupe jusqu'à la fin de saison, Depay, Cherki et Aouar", avant la victoire 3-2 à Monaco début mai. "J'admire le joueur, mais le directeur sportif a manqué de réflexion avant d'agir." Contrarié par ces interférences au quotidien, il a même envisagé partir, plus tôt dans la saison. "À la trêve hivernale, je suis allé voir Vincent Ponsot (le directeur général du football, ndlr), et je lui ai dit : 'Qu'est-ce qui se passe ? Que cherche Juni, à prendre le poste ? Ce n'est pas possible de continuer comme ça. Je lui laisse les clés s'il les veut'", a-t-il raconté.

Garcia fait consensus contre lui

Dans ce climat délétère, dont il juge Juninho, "à fleur de peau", en grande partie responsable, Rudi Garcia a affirmé avoir pu compter sur le soutien de son ex-président, Jean-Michel Aulas. "Il a toujours tout su. Je l'ai eu quasiment tous les soirs au téléphone. Je l'ai informé de tout. Lui est intelligent, a de la bouteille. Et j'aurais tellement aimé le laisser en C1. Je ne peux plus rien changer, mais humainement et professionnellement, j'ai découvert un homme incroyable", a-t-il affirmé au quotidien.

Pas de quoi amadouer le patron de l'OL, qui en a vu d'autres dans sa longue carrière. Sans surprise, il s'est rangé du côté de son directeur sportif. "Très déçu de la politique de la terre brûlée de Rudi Garcia qui réécrit l'histoire, oubliant qu'il avait le meilleur effectif. L'avenir s'écrit avec des ambitions nationales et européennes dès la prochaine saison, avec un nouvel entraîneur et des moyens financiers au service de ces ambitions", a-t-il écrit sur Twitter. "Dommage que Rudi n'ait pas su travailler avec Juni qui l'avait pourtant choisi et accompagné. Juni a tout notre soutien. Que de mauvaises excuses de la part de Rudi !"

Cela aurait pu en rester là. Après avoir été repris de volée par le président Aulas, Rudi Garcia a été la cible de deux Brésiliens de l'OL, Rafael et Bruno Guimarães, montés au front pour défendre leur compatriote Juninho. Citant les propos de son ancien coach, qu'il a côtoyé quelques mois en 2020, le premier a tweeté, hilare : "Je m'arrête là". "Tout a commencé à ne pas fonctionner quand il a manqué de la cohérence de ta part !!!", a ajouté, sans filtre, le capitaine de l'équipe olympique brésilienne.

Dans le clan Juninho, cette sortie médiatique a aussi eu du mal à passer. Giovanna Pernambucano, la fille de l'ancien numéro 8 lyonnais, a dénoncé une "clownerie". "Ça doit vraiment faire chier de voir un mec que tu n'aimes pas être bien aimé par les supporters, le club, les joueurs, et même 'sans expérience' emmener les meilleures recrues de l'équipe", s'est-elle amusée sur Twitter. À défaut d'avoir mis tout le monde d'accord quand il était en poste, Rudi Garcia a réussi à le faire en partant.

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