Barça-PSG : pour Mauricio Pochettino, ça ressemble à un acte fondateur

Barça-PSG : pour Mauricio Pochettino, ça ressemble à un acte fondateur

PROMESSES - Pour sa première sortie en Coupe d'Europe avec le PSG, Mauricio Pochettino a décroché un succès historique, avec la manière, sur la pelouse du Barça (1-4), mardi 16 février, en huitième de finale aller. Une base de travail sur laquelle il va pouvoir s'appuyer pour l'avenir.

Un premier grand test passé haut à la main. De retour à Paris en tant qu'entraîneur, vingt ans après son premier passage dans la capitale comme joueur, Mauricio Pochettino, vainqueur "avec style" du Barça (4-1) au Camp Nou, mardi 16 février, lors du huitième de finale aller de Ligue des champions, ne pouvait rêver meilleur scénario pour redémarrer son histoire avec le PSG. Appelé début janvier à reprendre les rênes des champions de France, après le licenciement de Thomas Tuchel, écarté à six mois de la fin de son contrat, l'Argentin n'a pourtant eu que très peu de temps pour poser sa "patte" sur le jeu parisien. 

Recruté pour sa gestion de l'humain, qui a fait ses preuves du côté de Tottenham, et le fait qu'il est déjà chez lui à Paris, où il a évolué entre 2001 et 2003, "Poche" a reçu une feuille de route claire de sa direction : redessiner une identité et affirmer un style. Un chantier colossal, que lui a confié le directeur sportif Leonardo, dont il a pu à peine poser les fondations. "Vous savez, après 40 jours, dix matchs, trouver le temps pour travailler et donner de la flexibilité à l'équipe, ce n'est pas simple", a-t-il reconnu, le week-end dernier, après la courte victoire contre Nice (2-1). "On pense à la récupération des joueurs avant tout. (...) Mais c'est notre défi. On avait trouvé ça à Tottenham avec le temps. Je suis sûr que ce sera le cas à Paris." 

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Le parcours du PSG en Ligue des champions

En attendant de faire sa "révolution", sans doute l'été prochain, Pochettino a réussi son premier pari. Se sachant attendu pour ses grands débuts européens avec le PSG, l'ancien coach de l'Espanyol, voisin et rival éternel du Barça, a pesé de tout son poids lors de la victoire historique au Camp Nou. La première d'une équipe française à Barcelone en Ligue des champions, après dix rencontres sans victoire pour les clubs de l'Hexagone (deux nuls, huit défaites). À l'image de Kylian Mbappé, magistral sur la pelouse, ce qui lui a valu d'être couronné par la presse espagnole, l'Argentin s'est distingué, sur le banc, avec des choix forts. "Le coach et son staff ont très bien préparé le groupe", a justement salué le président Nasser al-Khelaïfi.

Verratti en 10, Kean plutôt que Sarabia

Malgré les absences d'Angel Di Maria et Neymar, tous deux blessés et restés à Paris pour ce choc à l'air de revanche, le nouvel entraîneur parisien a su tirer le maximum de son équipe, qui a supplanté une équipe du Barça dépassée, tant physiquement que tactiquement. Le finaliste de la Ligue des champions 2019 avec Tottenham a insufflé de l'envie, de la sérénité et des idées à ses joueurs. "On va essayer de pratiquer un beau football. Il ne s'agit pas seulement de gagner, mais de gagner avec style", avait-il promis lors de son arrivée dans la capitale française. C'est ce que son PSG a fait, mardi soir, face la bande à Messi. 

Pour renverser un pâle Barça, à des années-lumières de son meilleur niveau, Mauricio Pochettino a été fidèle à sa ligne de conduite. Il a reconduit Marco Verratti dans un rôle de faux 10, une expérimentation qu'il avait inaugurée dès sa première sur le banc parisien, le 6 janvier, à Saint-Étienne (1-1). Plus haut sur le terrain, le milieu italien, épaulé par Idrissa Gueye et Leandro Paredes, lui-même métamorphosé depuis le changement d'entraîneur, a livré une nouvelle copie presque parfaite. Incertain, en raison d'un coup reçu à la hanche contre l'OM (2-0), le 7 février, "Petit Hibou" a rassuré tout le monde. Libre dans ses mouvements, il s'est même mué en passeur décisif, d'une déviation en une touche, pour Kylian Mbappé (32e, 1-1).

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Le nez, le natif de Murphy, en Argentine, l'a aussi eu, au moment de coucher son équipe sur la feuille de match. En balance avec Pablo Sarabia, Moise Kean a eu la préférence de son coach pour occuper le côté droit de l'attaque parisienne. "Il peut jouer à tous les postes", affirmait Mauricio Pochettino après le match contre Nice. L'Italien, prêté par Everton, lui a donné raison. L'habituelle doublure de Mauro Icardi a rempli son rôle à merveille. Présent à la retombée d'un coup franc de Paredes, l'attaquant de 20 ans a placé une tête piquée imparable pour le 3-1 (70e). "Nous avons changé notre style de jeu, nous sommes plus compacts sur le terrain. Cela nous donne un grand esprit d’équipe", a-t-il commenté au micro de Sky Italia.

Gueye et Verratti "protégés"

Clairvoyant avant le match, l'ancien capitaine du PSG l'a aussi été pendant, lorsque son équipe en a eu le plus besoin. Lucide, "Poche" a protégé Idrissa Gueye d'une possible expulsion, qui aurait pu contrarier ses plans. Le milieu sénégalais, averti en première période (19e), est resté au vestiaire à la mi-temps. Le nouvel entraîneur parisien a pris ses responsabilités. Il a préféré remplacer l'ancien Lillois (46e), nerveux, par Ander Herrera, plutôt que de prendre le risque de finir la rencontre en infériorité numérique. Il n'a ainsi pas été spectateur, ce qui a souvent été reproché à ses prédécesseurs, mais bel et bien acteur du match.

Un principe de précaution qu'il a appliqué aussi à Marco Verratti. Alors que son PSG menait 3-1, il a fait le choix de la raison en sortant sa plaque tournante, qui aurait manqué le retour au Parc, le 10 mars, en cas de carton jaune. Cet excès de sagesse a été récompensé d'une manière inattendue. Entré à la 73e, Julian Draxler a confirmé son retour au premier plan, après plusieurs mois de galères. L'Allemand, déjà buteur contre Nice samedi dernier, a ponctué son entrée par une passe décisive pour Mbappé, après avoir fixé la défense blaugrana. Le clou du spectacle qui pourrait être amené à se reproduire.

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