PSG-Barça : en coulisses, Barcelone n'en a pas loupé une ces dernières semaines

À l'image de Lionel Messi et Ousmane Dembélé, le Barça a retrouvé de la vie et de l'envie.

TRANSITION - Depuis sa défaite contre le PSG (4-1) au Camp Nou, en huitième de finale aller de la Ligue des champions, le Barça a vu son environnement extra-sportif être totalement bouleversé.

En un mois, le Barça a enduré ce que des clubs ne vivent pas en dix ans. Depuis sa déroute historique contre le PSG (4-1) au Camp Nou, le 16 février dernier, en huitième de finale aller de la Ligue des champions, pas un jour n'est passé sans que les Blaugrana fassent l'actualité. En crise permanente depuis plus d'un an, et en quête d'un titre majeur après son dernier titre de champion d'Espagne le 27 avril 2019, le club catalan s'est agité en coulisses ces dernières semaines. Son quotidien, marqué par des désillusions sportives, a été rythmé par une perquisition, des arrestations et l'élection d'un nouveau président. 

Largué en championnat par l'Atlético en Liga et giflé par le PSG en C1, le Barça, plombé sportivement, a basculé dans la tourmente extra-sportive début mars. Le 1er mars, la police catalane a opéré une série de perquisitions dans les locaux du club et au domicile de ses dirigeants dans le cadre du #Barçagate, une campagne de calomnies sur les réseaux sociaux sur fond de détournements de fonds. Pour les besoins de l'enquête, plusieurs de ses anciens dirigeants, dont l'ex-président Josep Maria Bartomeu, directement impliqué, ont été arrêtés. Au mois de février, la radio espagnole Cadena SER avait révélé que Bartomeu et la direction catalane s'étaient offerts les services d'une société de communication uruguayenne, I3 Ventures. 

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"Le Barçagate, plus qu'une crise"

Parmi les cibles : des joueurs comme Lionel Messi ou Gerard Piqué, d'anciens légendes du club à l'image de Xavi, Pep Guardiola et Carles Puyol, ou encore des candidats à la prochaine élection de la présidence à l'instar de Joan Laporta et Victor Font. Rien de joli, mais surtout rien d'illégal, jusque-là. Sauf que, pour mener cette campagne présumée de dénigrement à grande échelle, la direction du Barça aurait puisé dans les comptes du club pour effectuer cinq virements de 200.000 euros à I3 Ventures, pour un montant total d'un million d'euros. Cette opération d'envergure, visant à protéger le clan Bartomeu et à discréditer ses opposants, aurait été maquillée pour passer sous les radars... jusqu'aux révélations de la radio madrilène. 

Une crise institutionnelle, doublée d'une crise économique, mise en exergue par la presse locale. "El Barçagate, más que una crisis" ("Le Barçagate, plus qu'une crise", en français) a titré La Vanguardia, un journal de Barcelone, détournant le slogan du Barça, Més que un club" ("Plus qu'un club"), pour imager le contexte explosif autour du club. "Ce qu'il s'est passé n'est bon ni pour le Barça, ni pour la Liga", a déploré Javier Tebas, le président de la Liga, disant espérer "qu'il n'y a eu aucun franchissement de ligne rouge". Ronald Koeman, le coach blaugrana, a lui jugé que ce n'était "pas bon pour l'image du club"

Laporta de retour aux affaires

Des remous en interne qui ont secoué le club, six jours avant d'une élection décisive pour son avenir. Après une campagne digne d'un scrutin présidentiel, opposant trois candidats, Joan Laporta a été élu à la tête du Barça, dimanche 7 mars. Quatre mois après la démission de Bartomeu et onze ans après avoir quitté son poste, celui qui a déjà occupé cette fonction entre 2003 et 2010 a convaincu les socios, les supporters, qui rêvent d'écrire une nouvelle page de leur glorieuse histoire. Pour l'occasion, Lionel Messi avait fait le déplacement pour glisser son bulletin dans l'urne. Ce qu'il n'avait jamais fait jusqu'alors.

"Il y a exactement 20 ans aujourd'hui, un certain Messi débutait avec les jeunes du Barça. Et qu'il soit venu voter aujourd'hui signifie que Leo aime le Barça", a lâché Joan Laporta lors de son discours victorieux, saluant l'engagement de "La Pulga" en fin de contrat et qu'il souhaite voir rester. Outre le chantier économique d'un Barça au bord de la banqueroute, avec plus d'un milliard d'euros de dettes, et 730 millions d'euros à trouver d'ici fin juin, l'avenir de l'Argentin est le dossier brûlant que la nouvelle équipe dirigeante doit régler en priorité. Libre de négocier avec le club qu'il veut (le PSG ?) depuis le 1er janvier, Lionel Messi n'a toujours pas acté son futur. Les événements récents pourraient le convaincre finalement de rester.

Un Barça avec de la vie et de l'envie

Plombé sportivement et secoué par les affaires extra-sportives, le Barça aurait pu plonger un peu plus dans la crise. Du moins, c'est ce que l'on aurait pu croire, car le club catalan vit finalement une fin d'hiver plus clémente sur les terrains. Avant de retrouver le PSG, mercredi 10 mars, les coéquipiers d'Ousmane Dembélé ont relevé la tête, piqués dans leur orgueil. Sur les cinq matchs qui ont suivi la défaite contre Paris, les Blaugrana ont réalisé un quasi-sans-faute, avec quatre victoires et un nul. Battu 2-0 à Séville, Barcelone a réussi une remontada en s'imposant 3-0 après prolongation en demi-finale de Coupe du Roi. "L'équipe grandit, ils sont solidaires. Notre jeu avec ballon a toujours été très bon, mais notre jeu sans ballon s'est grandement amélioré. Il peut y avoir de très belles choses devant nous", a assuré l'entraîneur Ronald Koeman.

Après avoir tâtonné plusieurs mois durant, le Néerlandais commence à apposer sa patte sur l'équipe, tandis qu'au même moment Messi, auteur de 8 buts sur ses dix derniers matchs, a retrouvé le plaisir d'évoluer aux côtés d'Alba et Griezmann. Sans être éblouissant, le Barça peut envisager des jours meilleurs. Mercredi, les Barcelonais, résignés après le match aller, se rendront dans la capitale au culot. "Le pire qui puisse nous arriver, c'est que demain (mercredi), on se dise que l'on n'a pas donné le maximum pour se qualifier ou gagner", a indiqué Koeman. "On va aller à Paris, voir si on peut remonter !", avait lâché le nouveau président Joan Laporta. Au Parc, le Barça tombera peut-être, mais il voudra le faire avec les honneurs. 

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