Avec la future Ligue des champions, l'UEFA jette de la poudre aux yeux

Le président de l'UEFA Aleksander Ceferin, avec le trophée de la Ligue des champions.

RÉFORME - En pleine crise de la Super Ligue, morte et enterrée en moins de 72 heures, l'UEFA a dévoilé la nouvelle formule de la Ligue des champions, effective à l'horizon 2024. Ce nouveau format, avec plus d'équipes et (surtout) plus de matchs, qui peine toujours à s'ouvrir et à récompenser le mérite.

Moins d'aléas, plus de pouvoir et d'argent. Telle pourrait être l'épitaphe de la Super Ligue. Vouée à mettre fin au "monopole" de l'UEFA et à "sauver le football", l'aventure sécessionniste des douze grands clubs européens aura duré moins de 72 heures. Trois jours se sont écoulés entre l'annonce de sa création, dimanche 18 avril, à la tombée de la nuit, et sa fin prévisible, mardi 21 avril, devant le rejet unanime qu'elle a suscité. S'il a échappé à ce projet, dicté par une course effrénée pour toujours plus d'argent, le football n'est pas sauvé pour autant. Dans le marasme, l'UEFA a réussi un coup à deux bandes. La compétition privée dissidente lui a permis de concentrer l'attention ailleurs pour faire passer sa réforme de la Ligue des champions. 

Grande gagnante de ces trois jours, qui ont assis sa position, l'instance européenne a acté, lundi 19 avril, la nouvelle formule de la C1, qui entra en vigueur en 2024. Sur le papier, face à la Super Ligue, la compétition phare de l'UEFA apparaît sous un jour bien plus flatteur. Pourtant, le diable se cache dans les détails, puisque, comme sa concurrente disparue, elle n'en demeure pas moins une Ligue fermée qui n'ose se présenter ainsi. Elle altère profondément l'idée d'une compétition ouverte, accessible à tous et reposant sur le mérite sportif. C'était vrai hier, ça l'est aujourd'hui et ce le sera encore plus demain.

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La "Super Ligue", le projet dissident des géants du foot européen

Dès 2024, la Ligue des champions verra son format évoluer avec un passage à 36 clubs (contre 32 actuellement), répartis dans quatre chapeaux de neuf équipes, amenées à disputer un mini-championnat à la place de la traditionnelle phase de poules. Beaucoup moins lisible, cette mouture revisitée prévoit quasiment le double de matchs (180 au lieu de 96) avant les huitièmes de finale. Chaque club qualifié jouera dix matchs, contre six aujourd'hui, face à dix adversaires différents. Une équipe pourra donc terminer derrière une autre équipe... qu'elle n'a pas rencontrée. Pour être sacré, le futur vainqueur devra disputer 17 matchs (voire 19, s'il passe par les barrages suivant le mini-tournoi) contre 13 actuellement. Plus de matchs pour générer encore plus d'argent. Sur le fond, serait-on tenté de dire, il n'y a pas de grande différence avec la Super Ligue. 

Une garantie en cas d'échec en championnat

De quoi ulcérer les amateurs de football. Avant l'intermède de la Super Ligue, plusieurs groupes de supporters, dont le Collectif Ultras Paris (PSG) et les Bad Gones (OL) en France, se sont opposés à cette réforme. "Votre projet, basé sur l'augmentation du nombre de matches, l'introduction d'une qualification fondée sur les résultats passés et l'appropriation des droits commerciaux de la compétition, menace l'intégrité de l'ensemble de notre sport", ont pointé les supporters, vendredi 16 avril, dans une lettre adressée au président démissionnaire de l'Association des clubs européens (ECA) Andrea Agnelli. Selon eux, les aménagements envisagés par l'UEFA ne feront qu'"accroître le fossé entre les riches et les autres, détruire les calendriers nationaux et exiger des supporters qu'ils sacrifient toujours davantage de temps et d'argent pour suivre leur club."

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Déjà construite pour préserver les gros clubs européens, 50% des places sont attribuées au "Big Four" européen (Angleterre, Allemagne, Espagne et Italie), la nouvelle C1 va aussi réduire la part d'incertitude au strict minimum. Dans le nouveau schéma, au moins deux places en Ligue des champions seraient réservées à des clubs qui auraient échoué à se qualifier via leur championnat domestique, au bénéfice de l'historique européen des clubs grâce à leur coefficient UEFA (pris en compte sur les cinq dernières années). Selon The Times, ce point précis serait remis en cause par l'ECA et les Ligues européennes. Si cette disposition venait à être maintenue, Tottenham, 6e de Premier League la saison dernière, aurait pu être été repêché par ce biais. Les Spurs auraient pris la place de Leicester, pourtant 5e et reversé en Ligue Europa. Au détriment de tout mérite sportif. 

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