Cris de singe, chants et banderole homophobes : la face sombre de la Puskas Arena

Cris de singe, chants et banderole homophobes : la face sombre de la Puskas Arena

INTOLÉRABLE - Dans l'ambiance surchauffée de la Puskas Arena, des cris de singe ont été entendus, samedi 19 juin, pendant Hongrie-France (1-1). Quelques jours plus tôt, déjà, les ultras hongrois s'étaient mis en évidence avec une banderole et des chants homophobes. L'UEFA a ouvert une enquête disciplinaire.

Côté pile, une ambiance inouïe, assourdissante, d'un autre temps. Seul écrin plein à craquer en période de pandémie, la Puskas Arena offre, depuis le début de l'Euro, un spectacle sonore monumental. Ce piège à ciel ouvert, sous le soleil de plomb, s'est refermé sur l'équipe de France, tenue en échec (1-1), samedi 19 juin, par une équipe hongroise survoltée par les chants vibrants des 55.998 supporters, en majorité locaux, venus garnir l'enceinte ultramoderne. Dans cette atmosphère incandescente, à laquelle ils n'étaient plus habitués, les Bleus ont perdu leurs repères au coup d'envoi. 

"C'est la première fois qu'on rejoue dans un stade plein. Ça change nos habitudes", a reconnu Antoine Griezmann au micro de TF1 au coup de sifflet final. "On ne s'entend pas." "On était un peu surpris au début avec cet énorme bruit", a confirmé Corentin Tolisso après la rencontre. "C'est une grosse différence par rapport aux derniers mois."  S'ils ont indubitablement joué leur rôle de 12e homme, surchauffés par le scénario du match et l'ouverture du score d'Attila Fiola, juste avant la mi-temps, une poignée d'imbéciles sont venus ternir ce moment suspendu qui rappelle le bon vieux temps, celui de l'avant-Covid. 

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Les Bleus éliminés de l'Euro

Le décor s'est écaillé devant cette démonstration d'intolérance, déployé par la "Brigade des Carpates", un groupe d'ultras nationalistes, reconnaissables grâce à leurs corps bodybuildés et leurs tatouages. Des cris de singe, venus de leur virage, ont été entendus par les photographes au pied de la tribune, rapporte L'Équipe. Cela se serait produit à plusieurs reprises, en première période, lorsque N'Golo Kanté et Paul Pogba recevaient le ballon. Une information étayée par la Cadena COPE, la radio espagnole, qui a fait état d'insultes racistes visant Karim Benzema et Kylian Mbappé. 

Déjà, mardi 15 juin, lors du match Hongrie-Portugal (0-3), une partie des fans hongrois s'étaient démarqués par leur homophobie. Une banderole "anti-LMBTQ", l'abréviation hongroise pour LGBTQ+, avait été déployé dans un virage du stade. Sifflé dès l'échauffement, puis à chacune de ses touches de balle, Cristiano Ronaldo avait aussi été la cible de chants homophobes, selon la chaîne espagnole Telecinco. "Cristiano homosexuel", aurait crié à de multiples reprises le virage hongrois. 

Une enquête disciplinaire ouverte par l'UEFA

Mise au courant, l'UEFA a annoncé, dimanche 20 juin, l'ouverture d'une enquête disciplinaire. L'instance européenne a chargé "un inspecteur éthique et disciplinaire" d'enquêter sur "de potentiels incidents discriminatoires dans la Puskas Arena de Budapest" lors de ces deux rencontres de la phase de poules de l'Euro, a-t-elle indiqué dans un communiqué. Contacté par l'AFP, un porte-parole de l'UEFA a confirmé que les investigations concernant Hongrie-Portugal portaient sur une banderole 

homophobe dénoncée par le réseau anti-discrimination FARE, et signalée par le site The Athletic. Pour Hongrie-France, il s'agit de cris de singe, noyés dans le grondement de l'enceinte, et donc uniquement perceptibles par des personnes à proximité.

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Ces incidents racistes surviennent alors que l'instance du football européen envisage de déplacer à Budapest les demi-finales et la finale prévues à Wembley, si Londres, qui fait face à un regain de l'abstention, n'accorde aucune exemption de quarantaine. Des incidents qui pourraient remettre en cause cette délocalisation, qui a déjà ses opposants. En signe de protestation contre une loi discriminatoire, interdisant les programmes éducatifs, publicités, livres ou séries dans lesquels l'homosexualité est évoquée, la ville de Munich a annoncé son intention de demander à l'UEFA l'autorisation d'illuminer son stade aux couleurs arc-en-ciel de la communauté LGBT à l'occasion du match Allemagne-Hongrie, mercredi 23 juin. Une Rainbow Arena comme "signe visible de solidarité"

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