Grand Prix d'Abu Dhabi : un final idéal entre Nico Rosberg et Lewis Hamilton, mais...

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FORMULE 1 - Les deux pilotes Mercedes sont toujours au coude à coude pour le titre de champion du monde, qui se jouera donc ce week-end sur la piste de Yas Marina, ultime course de la saison. Franck Montagny, ancien pilote et désormais consultant pour Canal+ qui diffusera le GP ce dimanche à 14 heures, nous explique les enjeux de cette rivalité entre Nico Rosberg et Lewis Hamilton.

Rosberg a les cartes en mains

Résumer l'équation du pilote allemand est simplissime : avec 12 points d'avance sur son coéquipier, Nico Rosbgerg n'a qu'à assurer un podium pour être sacré et ce, quel que soit la performance de Lewis Hamilton. Mais en déduire la tactique qu'il doit employer l'est beaucoup moins... "A mon avis, Rosberg ne doit surtout pas être dans le calcul et tenter d'assurer le coup, nous explique Franck Montagny. Il doit jouer la gagne, comme lors des Grands Prix précédents, pour éviter de devoir subir la course". Car jouer les gestionnaires serait en effet paradoxalement risqué pour l'actuel leader du Championnat du monde, car pour cette dernière course de la saison, tous les pilotes vont avoir envie de se montrer : "Les autres n'en n'ont rien à faire que le titre se joue entre les deux Mercedes, ils vont aller à la bagarre, à la chasse aux points pour finir l'année en beauté".

Compliqué pour Hamilton

Après avoir passé le début de saison dans la roue de Rosberg, puis avoir un temps mené les débats l'été dernier, Hamilton se retrouve à nouveau dans la position du poursuivant. Un rôle assez simple à appréhender, puisqu'on a rien à perdre, mais qui ne met pas le Britannique dans un certain inconfort, lui qui est généralement plus à l'aise lorsqu'il domine un Grand Prix de A à Z. "C'est compliqué, car il doit compter sur des facteurs extérieurs, détaille encore Montagny. Le scénario idéal pour lui, et pour le spectacle, serait qu'Hamilton parte en pole, que Verstappen (Max, révélation de la saison chez Red Bull, ndlr) soit deuxième et que Rosberg soit troisième sur la grille, avec donc la nécessité de batailler pour conserver remporter le titre". Mais on en n'est pas là, d'autant que dans une course, tout peut arriver... En 2014, déjà à Abu Dabi, c'était alors Rosberg qui devait chasser Hamilton pour tenter de lui ravir le sacre, mais qui a été empêché à cause de problèmes mécaniques rencontrés à la mi-course.

Une rivalité bridée

Si les deux hommes ne se sont fait aucun cadeau tout le long de la saison - il y a évidemment eu l'accrochage lors du GP d'Espagne ainsi que quelques passes d'armes verbales - et ont installé une certaine distance entre eux alors qu'ils sont amis depuis l'enfance, leur rivalité n'atteint pas celles qui ont fait entrer la F1 dans la légende du sport. Autre époque, autres règles et autres personnalités, le mano a mano entre Rosberg et Hamilton donne certes un peu de piquant à cette fin de saison, mais ne passionne pas autant que ceux entre James Hunt et Niki Lauda (fin des années 1970) ou Alain Prost et Ayrton Senna (fin des années 1990). "Ça n'a pas toujours dû être évident à gérer en interne, mais on est quand resté sur quelque chose d'assez feutré, constate également Montagny. Mercedes les a obligés à faire semblant de s'aimer et a bien veillé à ce que ça ne dérape pas à cause des enjeux économiques pour un constructeur automobile. Leur rivalité est bridée, mais s'ils viennent à changer d'écurie, ça sera différent et encore plus intéressant". Il faudra par contre encore patienter un peu, car Rosberg et Hamilton sont sous contrat avec la marque allemande jusqu'en 2018.

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