Incidents OL-OM : en Ligue 1, à qui revient la responsabilité d'arrêter un match ?

Incidents OL-OM : en Ligue 1, à qui revient la responsabilité d'arrêter un match ?

RÈGLEMENTS - L'interruption du match de Ligue 1 entre Lyon et Marseille suite à un jet de bouteille sur Dimitri Payet pose la question des protocoles et responsabilités à suivre en pareil cas. Si plusieurs autorités sont consultées, la décision de poursuivre une rencontre revient in fine à l'arbitre.

Depuis le début de la saison, une série d'incidents ont ponctué les rencontres de Ligue 1 de football. La dernière en date remonte à dimanche soir, du côté de Lyon, où le jet d'une bouteille d'eau sur le meneur de jeu Marseillais Dimitri Payet a conduit à l'interruption du match opposant son équipe à l'OL. Le dénouement d'une curieuse soirée, où la décision d'un arrêt total a mis plus d'une heure à être décidée et où plusieurs acteurs se sont renvoyés la balle pour déterminer à qui il incombait de prendre une décision sur la reprise (ou non) de ce choc du championnat de France. 

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La Ligue de football professionnel est-elle aux commandes, en tant qu'organisatrice ? Les autorités, en l'occurrence la préfecture, a-t-elle son mot à dire ? À la lecture des règlements, il apparaît que si des consultations et échanges sont prévus, c'est bien l'arbitre qui tranche en dernier ressort.

Plusieurs acteurs impliqués

En milieu de soirée dimanche, la Ligue de football professionnelle (LFP) a publié un communiqué dans lequel elle a mis en avant les rôle prépondérant des clubs accueillant les rencontres, ainsi que des autorités locales, "à qui il appartient en dernier ressort de la reprise ou de l'arrêt définitif" d'une rencontre. Et de mettre en avant dans ce contexte l'influence majeure d'un préfet de région.

La préfecture de région Auvergne-Rhône-Alpes et du Rhône, découvrant ce communiqué, n'a pas tardé à réagir, apportant dans la foulée via son compte Twitter une série de précisions. Elle confirme avoir été consultée au cours de la soirée, mais tient à rappeler fermement qu'à l'issue d'une réunion de crise, ce n'est pas à elle de trancher sur la reprise éventuelle d'une rencontre. Qui en assume la responsabilité ? L'arbitre, et lui seul, glisse-t-elle. Contredisant de fait totalement les affirmations de la LFP.

Pour y voir plus clair alors que les différents acteurs se renvoient la balle, il faut se tourner vers les textes en vigueur du côté de la LFP. En charge de l'organisation du championnat, c'est en effet elle qui précise le rôle de chacun dans un tel cas de figure. L'article 549 de son règlement, relatif à la "procédure en cas d'incident de match", stipule qu'un match "peut être interrompu, à plusieurs reprises, par l’arbitre, pour une durée indéterminée, en raison d’incidents graves pouvant entraîner ou non un retour des joueurs et de l’équipe arbitrale aux vestiaires". Et ajoute que "le match ne peut reprendre que si les incidents graves ont cessé. Si la ou les interruptions de match ont manifestement été inefficaces, l’arbitre doit, en dernier ressort, après consultation des délégués de la rencontre et des représentants des autorités publiques, arrêter définitivement le match." 

C'est donc bien à l'arbitre de prendre la décision finale, bien que "de tels incidents relèvent de la compétence de la Commission de Discipline de la LFP". Pour l'aider sans sa décision, l'arbitre peut toutefois compter sur la présence d'une série d'acteurs, ceux-là même cités par la préfecture de région. Sont ainsi représentés : le préfet, un représentant de la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP), la vice-Procureure, ainsi que les présidents des deux clubs concernés. Un groupe auquel peut s'ajouter un directeur de la sécurité du stade où se dispute la rencontre. 

Plusieurs éléments sont discutés lors des réunions de crise : la possibilité de garantir la bonne tenue du match et la sécurité des joueurs, la capacité à éviter de nouveaux débordements, les risques encourus en cas d'arrêt de la rencontre... Des enjeux majeurs qui nécessitent souvent un temps incompressible de réflexion et empêchent une reprise rapide. Ce n'est qu'à l'issue de ces échanges que l'arbitre décide, en dernier ressort et grâce aux divers éléments d'information qui lui ont été apportés, de statuer pour ou contre la reprise d'une rencontre émaillée d'incidents.

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