Bulgarie-France : les Bleus en terrain hostile, Sofia imprenable ?

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INTERVIEW - L'équipe de France se déplace à Sofia pour affronter la Bulgarie ce samedi (20h45) lors des éliminatoires pour le Mondial 2018, dans une enceinte qui n'a jamais réussi aux Bleus. Jérémy Manzorro, milieu de terrain qui a évolué trois saisons dans le championnat bulgare, raconte à LCI ce qui attend les Bleus.

Déplacement sans filet pour les Bleus. En cas de succès ce samedi (20h45) face aux Bulgares, ils feront un grand pas en vue de la qualification directe pour la Coupe du monde 2018 en Russie. Mais pour cela, outre les résultats des autres formations de la poule A (la Suède et les Pays-Bas), les hommes de Didier Deschamps devront réaliser "le match parfait", après la douche froide toulousaine face au Luxembourg. Tout autre dénouement pourrait les mettre dans l'embarras avant l'ultime rencontre contre la Biélorussie, trois jours plus tard.


Et tout n'est pas gagné, en dépit d'une large victoire à l'aller pour les Bleus (4-1). Les Bulgares sont en effet invaincus à domicile dans cette phase de poules, avec quatre victoires en autant de rencontres dans leur antre de Vasil Levski de Sofia. "Ils mettent beaucoup d'intensité, comme le rappelait le sélectionneur tricolore lors de l'annonce de sa liste jeudi 28 septembre. A domicile, ils gagnent beaucoup de duels, sont hyper réalistes et efficaces."

Passé par Chernomorets Burgas puis par un des clubs de la capitale, le Slavia Sofia, Jérémy Manzorro a côtoyé certains des futurs adversaires de l'équipe de France. Pour LCI, le milieu de terrain français a accepté d'évoquer le football bulgare et l'ambiance hors du commun qui entoure cette citadelle imprenable, où les Bleus n'ont jamais gagné depuis l'après-guerre.

Les Bulgares sont connus pour avoir le sang chaudJérémy MANZORRO

LCI : La France se déplace en Bulgarie à Sofia ce samedi pour un match important. À quoi les Bleus doivent-ils s'attendre dans ce stade national de Vassil-Levski ?

Jérémy MANZORRO : Pour être honnête, je n'ai jamais joué dans ce stade-là. En revanche, j'y suis allé en tant que spectateur pour assister au match Ludogorets-Real Madrid (1-2, en 2014, ndlr) en Ligue des champions. Le stade était plein à craquer, l'ambiance était exceptionnelle. C'était grandiose à voir. Là, pour un tel événement, tout le monde va se déplacer. Il faut s'attendre à quelque chose d'énorme, avec une ambiance assourdissante.

LCI : Les supporters bulgares vont garnir les 42.000 places du Vassil-Levski. Pouvez-vous nous parler d'eux, vous qui les avez côtoyés de près pendant deux saisons ?

Jérémy MANZORRO : Il y a un peu de tout dans les gradins. En majorité, ce sont des ultras. Ils sont connus pour avoir le sang chaud mais ils aiment avant tout le club qu'ils soutiennent. C'est encore plus fort quand il s'agit de leur pays. Il y a aussi des familles dans le lot. Ils viennent tous au stade pour passer un bon moment.

Il faudra se méfier de cette équipe bulgareJérémy MANZORRO

LCI : A Sofia, la Bulgarie est invaincue, avec quatre victoires en quatre matches. A l'extérieur en revanche, les défaites s'enchaînent. Comment l'expliquer ?

Jérémy MANZORRO : Quand la Bulgarie joue à la maison, c'est toute la ville qui se déplace. Tout le monde vient au stade pour supporter l'équipe nationale. Il y a quelque chose qui se crée entre le public et ses joueurs. Les gars sur le terrain se trouvent transformés.

LCI : Pour les plus vieux, la Bulgarie, c'était Stoichkov et Berbatov. Aujourd'hui, on connaît moins l'équipe actuelle. Faut-il se méfier du collectif ou d'un joueur en particulier ?

Jérémy MANZORRO : À plusieurs reprises, lorsque j'évoluais au Slavia Sofia, j'ai affronté Svetoslav Dyakov, le capitaine de l'équipe nationale de Bulgarie (depuis 2015, ndlr). Ce n'est pas une star, mais c'est un joueur physique et technique qui était toujours là quand il le fallait. Il faudra se méfier de cette équipe. Le football bulgare est beaucoup basé sur le physique, avec de gros contacts. Ça court tout le temps, partout.

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ARCHIVE - France-Bulgarie : le traumatisme de novembre 1993

Les Bulgares n'ont pas oublié le match de 1993Jérémy MANZORRO

LCI : Drame du foot français, le match du 17 novembre 1993 a été vécu comme un exploit en Bulgarie. Vous en parlait-on encore lorsque vous étiez du côté de Sofia ?

Jérémy MANZORRO : Croyez-moi, les Bulgares s'en souviennent. Ils n'ont pas oublié. Quand j'en discutais avec eux, ils me chambraient un peu. Ils me répétaient souvent "on a gagné, on a gagné". Mais je crois que le match de samedi sera différent. Si elle y va sereinement, l'équipe de France va l'emporter. J'en suis totalement convaincu.

LCI : Cela a tout de même tout d'un traquenard pour l'équipe de France...

Jérémy MANZORRO : Cela dépendra de l'état d'esprit dans lequel les Bleus seront au coup d'envoi. Ils vont sans doute se dire qu'il ne faut pas faire n'importe quoi. Mais s'ils venaient à être trop "à la cool" (sic), les Bulgares leur feront savoir et joueront le coup à fond.

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