Italie-Angleterre : non, la Squadra Azzurra n'est pas intraitable en finale

La finale de l'Euro 2020 nous réserve une affiche de rêve entre deux mastodontes du football mondial, l'Italie et l'Angleterre. Un choc qui promet avec une Squadra Azzura qui a ravi tous les observateurs depuis le début du tournoi et une sélection des Three lions qui attend un sacre international depuis la Coupe du monde 1966.

RÉTROSPECTIVE - L'Italie s'avance avec la certitude de son palmarès impressionnant vers la finale contre l'Angleterre dimanche (21h). Pourtant, les Italiens restent sur deux échecs retentissants en finale de l'Euro.

"Nous savons ce que c'est de jouer en finales. Et nous savons aussi comment elles sont gagnées" clame l’ancien sélectionneur italien Antonio Conte ce vendredi dans la Gazzetta Dello Sport. Du haut de ses quatre titres mondiaux, la Squadra Azzurra est une équipe qui en impose à ses adversaires. À l’inverse des Anglais qui disputent dimanche leur première finale majeure depuis 1966, les Transalpins renvoient une image d’expérience et d’habitude du succès au plus haut niveau.

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La réalité est plus compliquée. Si les Italiens ont un taux de succès élevé en Coupe du monde (quatre titres sur six finales), la donne est bien différente en Europe. La Nazionale n’a remporté qu’une seule de ses trois finales disputées. Elle reste même sur deux échecs retentissants, en 2000 et 2012. Retour sur ces défaites marquantes, chacune à leur manière.

L'Euro 2000, un drame national

Tout le monde se rappelle, des deux côtés des Alpes, de cette image des joueurs italiens prêts à courir sur la pelouse pour célébrer leur victoire au championnat d’Europe. On joue la 94e minute de la finale de l’Euro 2000, et l’Italie mène 1-0 face aux champions du monde français grâce au but de Marco Delvecchio à la 55e minute. "On était désarmés" raconte Bixente Lizarazu, qui ajoute que les Italiens chambraient les Bleus depuis le but.

Dans les dernières secondes, le destin tourne. Le dégagement de Barthez trouve la tête de David Trezeguet. Fabio Cannavaro est trop court pour intercepter la déviation de l’attaquant tricolore. Sylvain Wiltord hérite du ballon sur la gauche de la surface et loge sa reprise du pied gauche dans le petit filet de Francesco Toldo. La France égalise, les Italiens sont mortifiés. En prolongation, David Trezeguet donne la victoire aux Bleus du seul but en or de l’histoire d’une finale internationale. 

En Italie, le drame est national. Il prend en outre une tournure politique quand Silvio Berlusconi, propriétaire du Milan AC et premier opposant au gouvernement, flingue l’entraîneur Dino Zoff. Le Cavaliere se dit "indigné" du résultat, évoquant un match honteux et des erreurs dont "même un entraîneur amateur"se serait rendu compte. Touché, le mythique gardien de but démissionne pendant que Berlusconi se retrouve au centre d’une tempête médiatique. 

Heureusement pour les Italiens,  la victoire en finale de la Coupe du monde face à la France 2006, sur un penalty manqué de Trezeguet, efface quelque peu cette finale des mémoires.

2012 : un acte fondateur avorté

La deuxième est nettement moins douloureuse, mais également moins fondatrice. Face à l’Espagne, championne d’Europe et championne du monde en titre, l’Italie ne part pas favorite. Pourtant, elle veut y croire. La sélection de Cesare Prandelli est portée par un Andrea Pirlo au sommet de son art. Elle vient d’éliminer l’Allemagne en demi-finales sur un doublé de classe de Mario Balotelli. 

Il n’y a aucun suspense dans ce match. Menés 2-0 à la pause sur des buts de David Silva et Jordi Alba, les Italiens procèdent rapidement à trois changements pour essayer de revenir. Thiago Motta se blesse, et l’Italie est contrainte de terminer à dix. L’Espagne finit le travail en fin de deuxième période sur des buts de Fernando Torres et Juan Mata. A 4-0, le score est sans appel. La presse italienne veut ensuite retenir le positif. Elle voit en ce nouveau groupe de grandes qualités pour se projeter vers le Mondial 2014. 

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Sauf que ce potentiel ne se réalisera pas. À l’image d’un Mario Balotelli perdu, l’Italie disparaît progressivement de la scène internationale, jusqu’à toucher le fond en ratant le Mondial 2018. Plus qu’une défaite, 2012 est le souvenir de la dernière heure de gloire de la sélection italienne, avant cette année. 

Face aux Anglais, les hommes de Roberto Mancini ont donc l'occasion de rétablir la barre au niveau européen. Et de rappeler qu'il vaut mieux remporter une finale sur trois que n'en disputer aucune.

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