Jean-Baptiste Grange : "Cela ne se fait pas en claquant simplement des doigts"

Jean-Baptiste Grange : "Cela ne se fait pas en claquant simplement des doigts"

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SKI - Après trois années de doutes et de blessures, Jean-Baptiste Grange a réussi un sensationnel retour au premier plan en devenant dimanche champion du monde de slalom: “Je ne m’en croyais plus capable”, a avoué le Savoyard de 30 ans.

C'est la parole d'un revenant. D'un garçon qui, après avoir tutoyé les étoiles en 2011 (champion du monde en slalom-, a traversé les épreuves. Blessures en série, contre-performances, doutes... A 30 ans, le skieur de Valloire n’avait plus remporté de course depuis son premier titre mondial en 2011. Jusqu'à ce slalom, dimanche à Beaver Creek, dans la dernière épreuve des Mondiaux 2015. Et dire qu'il ne visait au mieux qu'une place dans le Top 10. 

Que ressentez-vous après ce titre après quatre années difficiles ?
Je suis fier de moi, peut-être encore plus qu’après mon titre de 2011. Parce que derrière, il y a eu énormément d’efforts et de sacrifices, je n’en reviens pas. Cette médaille a un goût particulier. Je n’avais pas fait jusque-là une saison sensass'. Je n’étais pas où je voulais être.

Il y a seulement trois semaines, ce titre était inenvisageable...
Après Kitz' et Schladming, cela a été dur, je n’étais pas bien, je me souviens avoir eu ma mère au téléphone pour lui dire 'Là, cela commence à me gonfler'. C’est normal de réagir comme cela tout de suite après la course: tu as envie de tout jeter et de dire 'Je ne m’emmerde plus avec cela'. Je me suis reposé, je suis allé me ressourcer dans le Sud et on est venu ici.

Vous n’avez pas été épargné par les blessures (genou, épaule gauche, dos, genou à nouveau), avez-vous songé un moment à raccrocher ?
Ce qui était lourd, c’était l’enchaînement des blessures. Après ma deuxième blessure au genou, j’étais au fond du trou. La période où j’ai eu mal au dos n’était pas évidente non plus, j’avais mal tout le temps, mais tu t’accroches parce que le ski c’est ta passion. Il y a aussi la passion de la compétition. Cela t’aide à avancer mais cela t’autodétruit aussi, parce que tu n’arrives pas à faire ce que tu veux. Je skiais bien, mais en course je n’y arrivais plus, je commençais à me dire que je n’étais plus capable d’aller chercher une médaille. Cela ne se fait pas en claquant simplement des doigts. 

 Pouvez-vous revenir sur le déroulement de ces deux manches ?
Je ne sais même pas comment analyser cette journée, je sais juste que cela a été une très longue journée. C’était mon jour, il y a toujours un gars qui sort du lot dans un Championnat du monde et là c’est moi. Dans la deuxième manche, je n’étais pas forcément bien, j’étais en retard dans mon timing. Je me demandais si j’étais assez +dedans+. Ces derniers temps, j’avais trop envie d’y aller et c’est là que je me trompais. Aujourd’hui, je crois que j’ai trouvé l’équilibre, c’est tellement fin.

Ce titre est-il un nouveau déclic dans votre carrière ?
Je n’ai pas envie de penser à cela, j’ai envie d’en profiter...

EN SAVOIR + >> VIDEO : La 2e manche de folie de Jean-Baptiste Grange à Beaver Creek  

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