Jean-Eric Vergne : "J'ai travaillé sur l'homme pour devenir un bien meilleur pilote"

Jean-Eric Vergne : "J'ai travaillé sur l'homme pour devenir un bien meilleur pilote"

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FORMULE 1 – Quelques jours avant le GP de Barcelone qui se déroule ce week-end en Espagne, metronews est allé à la renconntre dupilote français de chez Toro Rosso. Nouveaux règlements, hiérarchie chamboulée et ses ambitions, Jean-Eric Vergne décortique ce début de saison si particulier pour la F1.

Avec le retour en Europe à Barcelone, les écuries font une pause durant plus de 15 jours. Toro Rosso va-t-il en profiter pour améliorer votre monoplace ?
Oui, la voiture va évoluer de façon assez importante selon les secteurs. Mais c'est surtout dans la compréhension de la STR9 que l'on va avoir le temps de progresser. Tous les ingénieurs travaillent tête baissée depuis l'Australie (le premier GP de la saison, ndlr), et là, ces 15 jours sont le seul moment où ils vont pouvoir être moins dans l'urgence et prendre du recul.

Qu'elles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées avec la nouvelle réglementation ?
Les deux grandes nouveautés sont la gestion de l'énergie et de l'essence. Avec tous ces changements (un moteur alliant thermique, électrique et turbo ainsi qu'une limitation de l'essence à 100 kilos par course, ndlr), le pilote doit comprendre et gérer ces nouveaux équilibres. Car, même s'il est aidé par les ingénieurs, c'est lui qui fait les réglages au volant. C'est beaucoup plus compliqué.

"Vettel à l'occasion de montrer quel genre de pilote il est vraiment"

Justement, avec deux abandons en quatre GP, arrivez-vous à évaluer votre niveau cette année ?
Oui, j'ai des certitudes. Je sais que l'on a une très bonne voiture, qui possède une belle marge de progression. L'équipe et moi travaillons beaucoup et on espère que ça va payer. C'est la même chose pour le moteur Renault qui est parti de très loin mais qui commence à donner quelques garanties. Il ne faut pas oublier qu'ils sont quadruples champions du monde en titre avec la Red Bull.

Quel regard portez-vous sur les difficultés rencontrées par Sebastian Vettel ?
Il y a des génies qui travaillent chez Red Bull, donc il ne faut pas les enterrer trop vite. Je pense qu'ils vont pouvoir rapidement venir titiller Mercedes qui a fait un super-boulot jusque-là. Ce début de saison compliqué, c'est l'occasion pour Vettel de montrer quel genre de pilote il est vraiment. Mais je ne suis pas inquiet pour lui, c'est un talent exceptionnel et il ne va pas laisser filer son titre de champion du monde comme ça.

"Les performances de Ricciardo donnent du crédit aux miennes"

A ses côtés, il y a désormais Daniel Ricciardo qui était votre coéquipier la saison passée. Etes-vous surpris par ses très bonnes performances ?
Non pas du tout, j'ai toujours su que c'était un excellent pilote. On me demande souvent si je n’ai pas un pincement au cœur de ne pas être chez Red Bull (car c'est Ricciardo qui a été préféré à Jean-Eric Vergne pour reprendre le volant laissé libre par Mark Webber, ndlr), et ma réponse est non. Lorsque la décision est tombée, ça a été un moment très difficile pour moi, car je convoitais cette place. Mais j'ai pris l'hiver pour réfléchir là-dessus et tirer certaines conclusions afin de m'améliorer. Aujourd'hui je suis un bien meilleur pilote. Ce que Ricciardo fait donne d'ailleurs du crédit à mes performances de l'an dernier et de cette saison.

En quoi êtes-vous devenu un meilleur pilote ?
J'ai entrepris beaucoup de changements sur mes courses et notamment lors des qualifications où j'ai progressé cette saison. Mais j'ai plus travaillé sur l'homme que sur le pilote afin d'être encore meilleur. Pour être bon au volant, il fait être sur le circuit 100 % de ce que l'on est vraiment dans la vie. Et l'an dernier, je ne l'étais pas du tout. Une personne qui me connaissait en dehors de la F1 me voyait différemment en course et ça, ce n'est pas une bonne chose.

"Il ne faut pas être anorexique pour être pilote de F1"

C'est un travail psychologique qui a été mis en place ?
Tout à fait, je travaille avec un docteur qui s'est aussi occupé d'autres pilotes, presque que des champions du monde d'ailleurs. Et cela m'aide beaucoup. Vous savez, on pense parfois savoir des choses, on pense bien faire les choses, et ce type de personne vous montre que vous faisiez fausse route. Par exemple, les raisons pour lesquelles je n'ai pas été pris chez Red Bull l'an dernier sont désormais assez claires pour moi : je n'étais pas prêt dans ma tête. Ça se voyait dans mon manque de régularité.

Physiquement aussi vous avez beaucoup changé ses derniers mois. Les nouvelles Formule 1 imposent-elles aux pilotes des régimes alimentaires drastiques ?
Non, non, il ne faut pas être anorexique pour faire de la F1. Mais c'est vrai qu'on a commencé la saison avec une voiture trop lourde. Entre ça et le pilote, ça se payait cash en dixièmes lors des courses. Et quand on vous dit que par rapport à votre coéquipier (le Russe Daniil Kvyat, ndlr) vous êtes plus lourd de 8 kilos et que ça vous coûter tant au tour jusqu'à ce que la monoplace retrouve un point idéal, vous vous posez des questions... Alors, comme vous êtes un compétiteur, vous faites des choses un peu stupides, comme un régime, pour perdre quelques kilos. Mais rien de grave, ça me fera des dixièmes de réserve pour quand où la voiture sera plus légères !

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