Triomphe des sports co', faillite de l'athlé, recul au tableau des médailles... que retenir des JO des Bleus ?

La clôture des JO de Tokyo marque le début de l'olympiade dans la Ville Lumière. Dans les lieux iconiques de la capitale française, Paris 2024 affiche son ambition. Du Grand Palais au château de Versailles, la plupart des installations sont déjà prêtes.

BILAN - Après un peu plus de deux semaines de compétition, les Jeux Olympiques de Tokyo s'achèvent ce dimanche. L'occasion de dresser un premier bilan pour la délégation française, à trois ans de Paris 2024.

C'est déjà fini. Après deux semaines où se sont mêlés grands exploits sportifs et émotions intenses, les Jeux Olympiques de Tokyo ont pris fin ce dimanche. La France arrache sur le fil la huitième place au classement des médailles avec 33 breloques, dont 10 en or. Mais que retenir de ces Olympiades pour la délégation tricolore ? Qu'il soit positif ou négatif, on fait le bilan de la quinzaine des Bleus.  

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Ce que l'on a aimé

Le triomphe historique des sports collectifs

Le succès des sports collectifs tricolores constitue sans aucun doute le point d'orgue de ces Jeux Olympiques pour la France. Si l'on écarte l'échec cuisant subi par les footballeurs, toutes les équipes engagées à Tokyo ont brillé. Les handballeurs ont retrouvé les sommets, les basketteurs les ont tutoyés. Au rugby à 7, les coéquipières de Camille Grassineau et de Caroline Drouin se sont surpassées pour s'offrir une magnifique médaille d'argent, ne s'inclinant que contre la meilleure équipe du monde, la Nouvelle-Zélande. Les premiers titres olympiques pour le volley masculin et le hand féminin ont aussi suscité une émotion toute particulière. 

Mentions particulières à la réaction des basketteuses en 5 contre 5, en bronze après l'échec cuisant contre le Japon la veille, mais aussi au tournoi de l'équipe féminine de basket en 3 contre 3. Ana Maria Filip et les siennes ont su mettre en lumière ce sport, jusque-là peu connu. 

La moisson du judo

Dans le pays des arts martiaux, l'équipe de France de Judo a brillé de mille feux (8 médailles). Même si le bronze de Teddy Riner en individuel a un goût amer, les Bleu(e)s ont réalisé une quinzaine de haut vol avec en point d'orgue le sacre lors de l'épreuve par équipes. Clarisse Agbegnenou, impériale, repart de Tokyo avec deux titres. La compétition a aussi permis de découvrir la nouvelle génération, les talents de demain. À ce titre, les breloques de Romane Dicko (21 ans) et Sarah-Léonie Cysique (23 ans) constituent de belles promesses. 

En vidéo

L'interview de Teddy Riner et Clarisse Agbegnenou, en or avec l'équipe de France de judo

L'escrime française retrouve son rang   

Que la déroute des JO de Londres semble loin. Habituellement grande pourvoyeuse de médailles olympiques, l'escrime française était revenue bredouille en 2012. Le bilan avait été bien plus respectable quatre ans plus tard, à Rio de Janeiro, avec 3 médailles. À Tokyo, les athlètes ont décroché cinq breloques, dont deux titres olympiques. Le triomphe de Romain Cannone, tout en audace, restera longtemps dans les mémoires. Malgré tout, la marge de progression reste réelle pour Paris 2024, notamment en individuel (seulement deux médailles). 

La combativité exemplaire de Kevin Mayer 

Touché au dos et mal embarqué, Kevin Mayer s'est arraché pour conserver son titre de vice-champion olympique du décathlon. Deux jours durant, l'athlète a repoussé ses limites pour grignoter son retard, pulvérisant notamment son record personnel en lancer de javelot. Un modèle d'abnégation qui marque incontestablement l'un des grands moments de ces Jeux.

Les femmes à l'honneur 

Les athlètes françaises ont réussi de grandes performances lors de ces Jeux Olympiques. Sur les 33 médailles glanées par la délégation tricolore, 16 ont été remportées par des femmes (+2 médailles lors des épreuves mixtes), plus haut total depuis les JO d'Athènes en 2004 (16 également). C'est presque la moitié des breloques. La victoire des handballeuses a permis aux femmes de l'Hexagone de terminer sur une belle note. 

Mais aussi... 

La première médaille de l'histoire du triathlon et du karaté français. La jeune Althéa Laurin (19 ans) nous a aussi fait vibrer en remportant le bronze en taekwondo. À noter le beau visage montré par le tennis français, bien que non récompensé par une médaille. En atteignant les quarts de finale en simple, Ugo Humbert et Jérémy Chardy ont effacé - au moins partiellement - l'humiliation de Rio en 2016. 

Ce que l'on a moins aimé

Loin des objectifs initiaux 

D'entrée, Emmanuel Macron avait annoncé la couleur pour ces Jeux Olympiques. "Nous sommes une nation forte et notre objectif est de faire mieux qu’à Rio (42 médailles en 2016, ndlr) et d’essayer de rentrer dans le Top 5", avait-il souligné en marge de la cérémonie d'ouverture. "Il faut viser cet objectif même si ces chiffres n’ont pas toujours une grande valeur, grand sens. Il faut des grands moments d’émotion, que nos sportifs consolident les performances. Pour ceux qui seront à Paris en 2024. Il faut que ce soit une étape essentielle", avait ajouté le chef de l'État. Si l'émotion a bien été au rendez-vous, le bilan purement comptable est, lui, beaucoup plus contrasté. La France n'avait plus remporté aussi peu de médailles (33) aux JO d'été depuis Athènes 2004 (33 aussi). Seul point positif, les 10 titres (même résultat qu'en 2016) constituent un bon cru. C'est, par exemple, bien mieux qu'en 2008 (7). 

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L'athlétisme en échec

Même si les chances de médailles n'étaient, sur le papier, pas nombreuses, l'athlétisme français a sombré lors de ces Jeux Olympiques, à l'image de la huitième place de Renaud Lavillenie au concours du saut à la perche. Seule la médaille d'argent de Kevin Mayer permet de sauver l'honneur, bien loin des six breloques de 2016. "Le système sur lequel est organisé certaines fédérations ne produit plus ses effets. En athlétisme par exemple, le fait que le résultat soit faible va obliger à un bilan sans concessions", a reconnu le manager de la haute-performance à l'Agence nationale du sport (ANS), Claude Onesta. Les déceptions en saut à la perche masculin et en lancer de disque féminin ont été particulièrement amères. Le point positif ? Il sera difficile de faire pire dans trois ans... 

La natation décevante 

Dans l'ensemble, la natation française a déçu à Tokyo. Seul le revenant Florent Manaudou est parvenu à décrocher une médaille. Pour autant, il ne s'agit là que d'une demi-surprise. Avec deux générations exceptionnelles, la France a mangé son pain blanc dans la discipline pendant une petite dizaine d’années (six médailles à Athènes en 2004, six à Pékin en 2008, sept à Londres en 2012). Mais la relève tarde à venir. Certaines promesses ont néanmoins été semées lors de ces JO avec les résultats très encourageants des jeunes Marie Wattel (24 ans), Maxime Grousset (22 ans) ou Léon Marchand (19 ans). 

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Médaillé olympique pour la 3e fois, Florent Manaudou dans la légende

Le canoé-kayak repart bredouille 

Pour la première fois depuis les Jeux de 1980, l'équipe de France de canoé-kayak repart sans la moindre breloque. Un échec forcément pour une discipline où Tony Estanguet a tant brillé durant de longues années. Il faut tout de même souligner le manque de réussite qu'ont connu certains athlètes, à l'image d'Adrien Bart (4e du C1 sur 1000 m), de Marjorie Delassus (4e du slalom C1 femmes) ou de Martin Thomas (5e du slalom C1 hommes).

Mais aussi... 

Au sommet à Rio (8 médailles), la boxe française a connu une véritable descente aux enfers lors de ces Jeux Olympiques (pas la moindre médaille). En équitation aussi, l'heure est à la déception. Le dernier passage manqué de Pauline Leprévost en épreuve de saut d'obstacle par équipe laisse d'immenses regrets, d'autant que la France était en position idéale pour conserver son titre. 

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