JO de Tokyo : les opinions politiques des athlètes devront rester loin des podiums

Reportés d'un an en raison de la pandémie de Covid-19, les Jeux Olympiques de Tokyo débuteront le 23 juillet 2021.

JEUX OLYMPIQUES - Le comité d'organisation a tranché. Les athlètes ne pourront plus protester ou exprimer leurs opinions politiques sur les podiums et terrains de sport.

En 1968, les athlètes américains John Carlos et Tommie Smith avaient levé le poing aux JO de Mexico en soutien au mouvement "Black Power", notamment porté par les Black Panters. Un geste dont tout le monde se souvient, mais qui selon le Comité d'organisation des Jeux olympiques n'a plus sa place sur les podiums. 

Lors des prochains Jeux Olympiques, qui se tiendront à Tokyo à partir du 23 juillet, les compétiteurs auront "interdiction de protester sur les podiums et les terrains de sport en vertu des recommandations de la commission des athlètes", a annoncé le Comité d'organisation dans un communiqué ce jeudi. Toute manifestation d'opinion pourrait donc être punie même si les sanctions restent à déterminer.

Plus des deux tiers des 3.547 sportifs interrogés ont jugé qu'il n'était "pas approprié de manifester ou d'exprimer son point de vue" sur le podium, sur un terrain ou lors de cérémonies officielles, a indiqué le Comité dans son communiqué, précisant que les personnes interrogées "tendent à penser qu'il est approprié que les athlètes manifestent ou expriment leurs opinions dans les médias, lors de conférences de presse et dans les zones mixtes."

Cette recommandation, fait suite à un appel des athlètes à assouplir la règle N.50 de la charte olympique qui prohibe toute "manifestation ou propagande politique, religieuse ou raciale" sur les sites olympiques.

Un serment olympique plus inclusif

Si les podiums et cérémonies de remise des médailles resteront préservés de tout message politique, pendant les JO, les athlètes et les membres de leur entourage pourront revêtir des tenues portant des messages inclusifs, avec par exemple les termes de "paix", "respect", "solidarité", "inclusion" et "égalité".

La commission exécutive a également approuvé les recommandations faites par les athlètes d’intégrer des messages d’inclusion et de non-discrimination au serment olympique. 

Lire aussi

Si elle émane à l'origine d'une demande des athlètes, cette décision pourrait susciter des oppositions, après les mouvements de protestations dans plusieurs sports en soutien au mouvement Black Lives Matter. D'autant plus que, le Comité olympique et paralympique américain avait assuré fin mars que les sportifs engagés dans les Jeux de Tokyo seraient libres de lever le poing ou de s'agenouiller pendant l'hymne national, pour soutenir les efforts de justice raciale.

À Pékin, la situation risque d'être encore plus tendue cet hiver. La Chine, qui accueillera les Jeux d'hiver en février 2022, fait face à des appels au boycott en raison de la répression des Ouigours dans sa province du Xinjiang et de la restriction des libertés à Hong Kong.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Alerte aux orages et aux vents forts : 13 départements en vigilance, risque de "phénomène violent"

Le "champignon noir" : que sait-on de cette infection qui touche les yeux de patients guéris du Covid en Inde ?

Vincent éliminé de "Koh-Lanta" : "En rentrant, je me suis inscrit à une formation pour devenir coach de vie"

Elle a tué son mari qui la tyrannisait : Valérie Bacot témoigne dans "Sept à Huit" avant son procès

Vaccin : le casse-tête de l'exécutif pour écouler les doses d'AstraZeneca

Lire et commenter

LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies. > En savoir plus.