JO de Tokyo : Laurel Hubbard, l'haltérophile transgenre au cœur des débats

JO de Tokyo : Laurel Hubbard, l'haltérophile transgenre au cœur des débats

PORTRAIT - Première transgenre à participer aux Jeux olympiques, la Néo-Zélandaise Laurel Hubbard, née homme avant de devenir femme, a participé au concours chez les plus de 87 kg en haltérophilie. En dépit des critiques.

Un moment historique qui ne fait pas l'unanimité. À 43 ans, la Néo-Zélandaise Laurel Hubbard a participé à ses premiers Jeux dans la catégorie des femmes de plus de 87 kilos en haltérophilie. Un âge tardif pour entrer dans le cercle fermé des athlètes olympiques, certes, mais la particularité est ailleurs : Laurel Hubbard est devenue, selon le Comité international olympique (CIO), la première femme transgenre à participer à cet événement.

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La Néo-Zélandaise, devenue sélectionnable avec les femmes après avoir satisfait aux critères du CIO, a pourtant débuté sa carrière chez les hommes. Son processus de modification de sexe, débuté il y a une dizaine d'années, lui a permis de changer de catégorie, après une longue pause loin de l'haltérophilie. Sa présence à Tokyo, inédite, a réjoui les défenseurs de l'inclusivité et des droits des personnes transgenres.

Critiquée par des athlètes, soutenue par le comité olympique

Mais elle a aussi suscité l'inquiétude sur son avantage supposé. Le CIO, lui-même, s'est d'ailleurs interrogé pour savoir si Laurel Hubbard bénéficie en effet d'un "avantage compétitif disproportionné" en raison de son passé d'homme. Toutefois, les niveaux de testostérone de la Néo-Zélandaise restent inférieurs à ceux recommandés par le CIO, fixés à 10 nanomoles par litre.

Insuffisant pour certains défenseurs du sport féminin. "Je n'aimerais pas avoir à concourir contre elle, ce serait injuste", a notamment déclaré l'ancienne championne de tennis Martina Navratilova, pourtant "heureuse de s'adresser à une personne transgenre de la manière dont elle le souhaite"

"Ce n'est tout simplement pas juste", a regretté de son côté Caitlyn Jenner, champion olympique de décathlon aux Jeux de Montréal en 1976, devenue une femme en 2015.

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Sur les réseaux sociaux aussi, la Néo-Zélandaise est particulièrement critiquée. De nombreux messages, abrités sous un hashtag l'accusant de "triche", lui sont hostiles. Des manifestations "contre les hommes dans les sports féminins" ont également eu lieu fin juin devant la "New Zealand House", à Londres.

Laurel Hubbard, elle, reste bien entourée. "Nous travaillons étroitement avec Laurel, comme avec n'importe quel sportif, mais en particulier avec elle en raison de l'énorme attention qu'elle génère", a déclaré Ashley Abbott, porte-parole du comité olympique néo-zélandais, en amont des Jeux. "Nous voulons nous assurer qu'elle soit soutenue en permanence et qu'elle comprenne l'environnement dans lequel elle évolue."

Malheureusement pour elle, elle n'a pu décrocher une médaille qui serait forcément rentrée dans l'histoire et aurait aussi davantage alimenté les polémiques. Hubbard, à la fois souriante, mais aussi visiblement émue par l'enjeu en arrivant sur le plateau, a débuté son concours avec une barre à 120 kg, puis une deuxième et une troisième à 125 kg. Elle n'a pu réussir la moindre tentative.

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