Médailles aux JO : une "malédiction" des porte-drapeaux ?

Tony Estanguet a fait partie des porte-dreapeaux de la délégation française aux JO, c'était en 2008.

PERFORMANCE - Une idée reçue veut que les porte-drapeaux soient "maudits" lors de la compétition. On observe, heureusement, des contre-exemples réguliers.

Retardés d'un an à cause de la pandémie, les Jeux de Tokyo ont commencé ce weekend après la traditionnelle cérémonie d'ouverture. Un rendez-vous traditionnel qui mettra pour la première fois en avant deux athlètes par délégation, une femme et un homme. Côté tricolore, ce sont la judokatte Clarisse Agbegnenou et le gymnaste Samir Aït Saïd qui sont honorés du statut de porte-drapeau, dans la continuité des grands athlètes qui les ont précédés lors des olympiades passées.

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Cette distinction sera-t-elle synonymes de résultats décevants pour les deux champions lors des compétitions ? Il est en effet courant d'évoquer une "malédiction" propre aux sportifs désignés porte-drapeaux. Si cette fonction honorifique n'a pas toujours été accompagnée de performances majeures, il semble pour autant abusif d'employer un tel terme. A fortiori lorsque l'on se penche sur les performances incroyables d'un certain Teddy Riner. Porte-drapeau à Rio, il avait décroché l'or avec brio.

Quelques contre-performances notables

Lorsque l'on remonte le temps, JO d'été et d'hiver confondus, on constate bien une série de contre-performances. Il est important de noter que les athlètes mis en avant en tant que porte-drapeaux sont des champions confirmés, le plus souvent déjà titrés par le passé dans leurs disciplines respectives. Des personnalités fortes qui se présentent généralement aux olympiades avec un statut de favoris ou de prétendant sérieux à une médaille. 

D'où certaines désillusions : la légende du kayak Tony Estanguet a participé 4 fois aux JO, affichant un palmarès superbe puisqu'il y a décroché pas moins de 3 médailles d'or. Toutefois, la seule édition qui l'a vu rentrer bredouille fut celle de 2008 à Pékin, celle-là même durant laquelle il avait assumé le statut de porte-drapeau. Comme lui, Laura Flessel-Colovic n'a pas  de profité de cette distinction. L'escrimeuse tricolore a chuté au deuxième tour des JO de Londres 2012, alors qu'elle avait lors des précédentes olympiades accumulé pas moins de 5 médailles, dont deux d'or. Notons que Londres fut sa dernière compétition internationale : elle s'est présentée dans la capitale anglaise à l'âge de 40 ans alors que sa carrière touchait à sa fin. 

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Les JO d'hiver ne sont pas épargnés puisque le porte-drapeau à Sotchi 2014 avait également déçu. Jason Lamy-Chappuis, brillant champion olympique à Vancouver en 2010 en combiné nordique, n'a pas fait mieux qu'une 35ᵉ place en Russie. Une déconvenue qui rappelle celle vécue par le biathlète Vincent Defrasne, à Vancouver 4 ans plus tôt. Lui aussi désigné porte-drapeau, il se présentait à cette compétition fort de deux titres majeurs : celui de champion olympique de poursuite à Turin en 2006, ainsi que celui de champion du monde du relais mixte, trois ans plus tard en 2009. Le Canada ne lui a toutefois pas réussi puisqu'il est revenu sans médaille. Participant à 4 épreuves durant les Jeux, il a terminé 6ᵉ, 22ᵉ, 26ᵉ et 53ᵉ.

Perec ou Fourcade, leader victorieux

Parler d'une "malédiction" semble pour autant exagéré puisque divers contre-exemples nous montrent qu'il est possible de triompher aux JO tout en assumant la responsabilité de porte-drapeau. Figure de la délégation française à Rio, Teddy Riner avait donc remporté sa deuxième médaille d'or olympique au judo, dans la catégorie des poids-lourds. Réputé insensible à la pression, il a parfaitement assumé son rôle de favori. 

Lors de l'été 1996, c'est dans le stade d'Atlanta qu'une autre athlète porte-drapeau a brillé. Marie-José Perec, attendue sur le 400 et le 200 mètres, a décroché deux médailles d'or. Un 400 mètres durant lequel la championne a réalisé un temps canon, aujourd'hui encore parmi les dix meilleures performances de l'histoire. À l'occasion de ces jeux disputés aux États-Unis, la sprinteuse était devenue la première sportive française à remporter l'or en ayant occupé le rôle de représentant(e) de sa délégation.

Enfin, les jeux d'hiver ont aussi prouvé que le statut de porte-drapeau n'est pas incompatible avec une moisson de médailles. Le biathlète Martin Fourcade s'est ainsi distingué aux JO de Pyeongchang en 2018, auréolé de trois titres. Autant de succès qui ont conforté son statut de légende dans sa discipline, et qui ont fait le lui l'athlète français le plus titré de l'histoire des jeux. Clarisse Agbegnenou et Samir Aït Saïd, engagés à Tokyo ces prochaines semaines, ont donc toutes leurs chances ! 

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