JO d'hiver : Bruno Massot né à Caen mais en or avec l'Allemagne, comment cette médaille a échappé à la France

MAUVAISE PIOCHE - Avec sa partenaire Aljona Savchenko, Bruno Massot est devenu champion olympique de patinage artistique en couples ce jeudi à Pyeongchang, offrant ainsi à l'Allemagne un nouvelle médaille d'or. Mais le patineur étant né à Caen, et détenteur de la nationalité française, l'histoire aurait pu être toute autre.

Il est né en France, a la nationalité française, mais c'est bien avec l'Allemagne qu'il a décroché l'or olympique. Bruno Massot est devenu ce jeudi 15 février champion olympique de l'épreuve en couples de patinage artistique aux Jeux de Pyeongchang. Associé à "la" Aljona Savchenko, quintuple championne du monde et quadruple championne d'Europe d'origine ukrainienne, l'enfant de Caen, naturalisé allemand, a devancé, avec un score de 235,90 points, les Chinois Wenjing Sui et Cong Han (235, 47 pts) et les Canadiens Meagan Duhamel et Eric Radford (230,15 pts). Décevant lors du programme court, avec une 4e place, le couple allemand a établi le record du monde en libre (159,1 points), doublant sur le fil leurs concurrents.


Mais si cette breloque dorée s'ajoute aujourd'hui au bilan de l'Allemagne, la France a de quoi nourrir d'immenses regrets. Car, oui, la délégation française, qui n'est plus montée sur le podium de l'épreuve depuis 1932, et le couple de patineurs composé alors d'Andrée Joly et de Pierre Brunet, aurait pu compter en ses rangs le couple Savchenko-Massot.

Massot entre la France et l'Allemagne

Tout commence en 2014. Bruno Massot et sa partenaire de l'époque, Daria Popova, connaissent une grosse désillusion en voyant leur candidature pour Sotchi déboutée. Ils ne peuvent pas participer à la grande messe, la France n'ayant qu'une seule place à offrir, donnée aux champions nationaux, Vanessa James et Morgan Ciprès. Proche de tout lâcher après ce revers, le Caennais, séparé de Popova, rebondit lorsqu'Aljona Savchenko l'approche et lui soumet un partenariat. La patineuse, née en Ukraine puis naturalisée allemande, souhaite que Massot succède à son partenaire Tobin Szolkowy, qui a raccroché les lames. 


Pour finir de le convaincre, elle lui propose qu'à l'avenir leur couple concourt sous les couleurs de la France. La quintuple championne du monde cherche alors à savoir si elle peut participer aux Jeux olympiques pour un troisième pays différent, après avoir étrenné les drapeaux ukrainien en 2002/2006 puis allemand en 2010/2014. Mais, dans le même temps, les deux Fédérations allemande et française refusent de s'accorder autour d'un transfert d'un des deux patineurs. Une mauvaise nouvelle puisque, sans financement d'une des deux Fédérations, le couple ne peut s'entraîner. Finalement, ils tranchent en faveur de l'Allemagne. 

Bruno Massot rejoint alors sa partenaire en Allemagne. Mais retenu par la Fédération des sports de glace (FFSG), qui refuse de lui fournir une lettre de "libération", le Normand ne peut prendre part aux compétitions nationales et internationales. Peu importe, bien décidé à réaliser son rêve des JO, le patineur obtient en parallèle la nationalité allemande. 


Un an et demi après le début de ce combat, il est finalement libéré et autorisé à se produire avec Savchenko pour Berlin. Ensemble, ils deviennent champions d'Allemagne en 2016 puis doubles vice-champions d'Europe en 2016 et 2017. La suite, tout le monde la connaît. 

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Jeux olympiques d'hiver 2018 : le monde a rendez-vous à Pyeongchang

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter