JO d'hiver : des espions russes auraient hacké une centaine d'ordinateurs en se faisant passer pour des Nord-Coréens

PIRATAGE - Selon des informations du Washington Post, des espions militaires russes auraient piraté une centaine d'ordinateurs des organisateurs des Jeux olympiques de Pyeongchang, se faisant passer pour des pirates nord-coréens. Après la cérémonie d'ouverture, une enquête avait déjà été ouverte pour des coupures suspectes d'Internet.

À peine terminés, les Jeux olympiques de Pyeongchang continuent de faire l'actualité mais cette fois hors des pistes de ski, snowboard et des patinoires. Alors qu'une enquête avait été diligentée par la Corée du Sud au début de la quinzaine olympique pour comprendre l'origine de coupures intempestives d'Internet pour certains sites des JO-2018 lors de la cérémonie d'ouverture, un autre cas supposé de piratage a été mis en lumière dimanche.


Selon le Washington Post, des espions militaires russes auraient piraté près de 300 d'ordinateurs des organisateurs des Jeux olympiques  en se faisant passer pour des pirates nord-coréens. Le journal cite des sources du renseignement américain. Ces responsables non identifiés indiquent que l'agence de renseignement militaire russe GRU aurait, dès le début du mois de février, pris le contrôle de 300 ordinateurs liés à l'organisation des JO.

Des adresses IP nord-coréennes utilisées pour tromper l'ennemi

Ses équipes auraient alors piraté des routeurs en Corée du Sud et y auraient déployé un logiciel malveillant leur permettant de récupérer des informations et de paralyser des réseaux. Cependant, les sources interrogées par le Washington Post indiquent ne pas être en mesure d'affirmer que ces hackeurs sont également à l'origine des dysfonctionnements survenus lors de la cérémonie d'ouverture, le 9 février dernier. Ils ont en revanche souligné que la prise de contrôle des ordinateurs était "inquiétante". 


Élément très important dans cette affaire de piratage, les espions russes auraient utilisé des adresses IP nord-coréennes pour faire croire que l'attaque venait de Pyongyang, utilisant la tactique nommée "faux drapeau". En septembre 2016 déjà, un groupe de hackers russes avait piraté le site de l’Agence Mondiale Antidopage, révélant que plusieurs athlètes américaines tels que la basketteuse Elena Delle Donne, la gymnaste Simone Biles et les sœurs Venus et Serena Williams en tennis, avaient eu recours à des produits interdits.

Un précédent cas de piratage après les JO de 2016

Pour rappel, la Russie avait été exclue des JO de Pyeongchang en décembre dernier pour dopage institutionnalisé lors de la précédente olympiade, à Sotchi en 2014. Près de 170 athlètes russes ont quand même pris part aux Jeux, mais sous la bannière olympique. Deux d'entre eux ont été contrôlés positifs lors de tests antidopages, le curleur russe Alexander Krushelnitsky, médaillé de bronze en curling mixte et positif au meldonium, et Nadezhda Sergeeva, bobsleigheuse contrôlée positive au trimétazidine.


Le piratage russe, s'il est confirmé, ne semblent pas avoir eu de conséquences directes sur les relations entre les deux Corées. Les JO d'hiver ont en effet donné lieu à une reprise de contact étonnante entre les deux pays, les deux délégations prenant part ensemble au défilé lors de la cérémonie d'ouverture. Autre signe d'apaisement, la constitution d'une équipe féminine unifiée de Corée en hockey sur glace ainsi que les présences remarquées de la soeur du leader nord-coréen Kim Jong Un et de pom-pom girls nord-coréennes lors des épreuves.

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