JO d’hiver : la fusion des équipes féminines de hockey des deux Corées freinée par… la barrière de la langue

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LOST IN TRANSLATION - L'équipe féminine unifiée de hockey sur glace des deux Corées se heurte à des obstacles inattendus pendant les entraînements, à savoir un lexique sportif qui varie grandement de part et d'autre de la frontière.

Si l’on a coutume de dire que le sport est le langage le plus universel qui soit, c’est oublier un peu vite l’importance de se parler concrètement dans un cadre collectif, pour affiner la coordination. Touchez-en donc un mot aux hockeyeuses coréennes du Nord et du Sud, qui s’entraînent actuellement ensemble en vue de former une équipe commune historique lors des imminents Jeux olympiques d’hiver de PyeongChang. On aurait, certes, pu penser que la communication en tant que telle n’était pas un problème, s’agissant de deux pays qui n’en formaient qu’un seul jusqu’à 1950, sauf que…

Elles sont toujours en phase d'apprentissage, alors maintenant on entend un patchwork de mots des deux côtés durant l'entraînement.Un responsable de l'Association coréenne de hockey sur glace

Sauf qu’en près de sept décennies sans le moindre contact entre citoyens des deux côtés de la péninsule, la langue, autrefois commune, a eu le temps d’évoluer pour en former deux dans certains cadres. Dans le Sud, capitaliste, les hockeyeurs ont ainsi fini par adopter des sonorités anglaises dans leur vocabulaire. Mais dans le Nord, on en est resté à des termes issus du Hangul, cet alphabet typiquement coréen qui s’est développé à partir du 15e siècle pour se distinguer des caractères chinois.

Du coup, les joueuses nord-coréennes ayant passé la frontière le 25 janvier pour préparer les Jeux ont tiqué dès la première séance d’entraînement, en entendant parler de "seu-ke-ee-ting" pour "skating", ou de "tee-pu-sh" pour "t-push ", une technique défensive propre aux gardiens. Résultat : les autorités sportives sud-coréennes ont dressé une liste de tout ce vocabulaire et l'ont distribuée avant la séance suivante. Une liste contenant aussi la prononciation anglaise de termes nord-coréens, à l'intention de Sarah Murry, l'entraîneuse canadienne des Sud-Coréennes.

"Il s'agit d'aider les joueuses à comprendre, explique au quotidien Chosun un responsable de l'Association coréenne de hockey sur glace (KIHA). Mais elles sont toujours en phase d'apprentissage, alors maintenant on entend un patchwork de mots des deux côtés durant l'entraînement." 


Pour le reste, d'après l'agence sud-coréenne News1, qui cite un autre responsable de la KIHA, "l’atmosphère était sérieuse mais amicale, de nombreuses hockeyeuses nord-coréennes ayant fait la preuve d'une grande concentration et détermination à se battre". Ce qui, en matière de sport, reste le principal.

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