JO de Tokyo : "Je vais gagner à Paris", la promesse pleine d'espoir de Samir Aït Saïd

Nos athlètes ont continué à récolter les médailles à Tokyo, au tir notamment pour Jean Quiquampoix, l'homme qui dégaine l'or plus vite que son ombre. Il y a aussi du bronze pour l'équitation. Le récit de cette journée.

ORGUEIL - Au pied du podium des anneaux, lundi 2 août, le gymnaste Samir Aït Saïd a révélé avoir été amoindri par une blessure au biceps gauche. Le porte-drapeau n'a pas pu défendre pleinement ses chances à Tokyo. Il a toutefois déjà promis d'être au rendez-vous à Paris en 2024.

Il se rêvait enfin sur le podium des Jeux. Cinq ans après sa double fracture ouverte tibia-péroné à Rio, Samir Aït Saïd, déjà absent des JO de Londres en 2012, à cause d'une fracture du plateau tibial, voulait faire de Tokyo le lieu de sa résurrection. Heureux comme un gosse, à l'image de son salto arrière en pleine cérémonie d'ouverture, le 23 juillet dernier, le gymnaste de 31 ans est resté au pied de la boîte en finale des anneaux, lundi 2 août. Apparu avec un bandage, après s'être fait masser longuement le bras gauche pendant l'échauffement, il a fini quatrième, échouant à seulement trois dixièmes (14.900) de la note du médaillé de bronze, le Grec Eleftherios Petrounias (15.200), champion olympique sortant. 

Rongé par la tristesse et la déception, le porte-drapeau de la délégation tricolore, qui visait l'or, comme sa partenaire, la judokate Clarisse Agbégnénou, a révélé que son ambition s'est heurtée à une nouvelle blessure. "Il y a trois jours de ça, j'ai entendu un clac dans mon biceps. J'ai lâché les anneaux directs. Je devais faire forfait, je n'arrivais pas à monter sur les anneaux. Il faut toujours qu'il m'arrive quelque chose", a-t-il déploré, ému aux larmes, au micro de France 2. "Il était hors de question que je fasse forfait. Si ça devait péter, ça devait péter là-haut. Il n'y a aucune excuse. Quatrième, ça ne me va pas."

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Rupture partielle du biceps

Par amour-propre, il n'a pourtant pas renoncé à son rêve. Ce rêve qu'il partageait avec son père, disparu en janvier 2019, et qu'il voulait accomplir en sa mémoire. Il est allé au bout de lui-même, malgré sa rupture partielle du biceps. "Je lui ai dit : 'Va le plus loin possible avant que ça pète'. Ça a tenu je ne sais pas comment", a raconté à l'AFP son entraîneur Rodolphe Bouché.  "Je ne sais pas comment j'ai pu faire ça avec le recul. Je suis fou ! Parce que je pensais que ça allait péter sur les anneaux. Et malgré ça, j'y suis allé. Je ne pourrai pas le refaire", a reconnu Samir Aït Saïd, certain qu'il avait de la marge pour "gagner."

Je ne m'avoue jamais vaincu- Samir Aït Saïd, gymnaste tricolore, 4e des anneaux à Tokyo

Après Londres et Rio, le médaillé de bronze à Stuttgart en 2019 a encore été lâché par son physique. De là à se considérer maudit aux JO ? "Non, parce que je vais gagner à Paris. Je ne suis pas maudit, je ne suis pas maudit", a-t-il assuré. "Je vous ai dit que j'allais revenir à Tokyo et que j'allais claquer ma médaille, je suis revenu, je ne l'ai pas claquée, je suis au pied du podium. Mais quand je parle, ce n'est pas pour rien, sinon je préfère me taire. Aujourd'hui, c'est la place que je mérite, c'est comme ça. Je ne méritais pas d'être médaillé avec ce que j'ai fait. Vous ne pensez pas que je vais m'arrêter sur une quatrième place !"

Ce titre de seigneur des anneaux, il a d'ailleurs l'intention d'aller le chercher aux Jeux de Paris dans trois ans. "Chez moi, dans mon pays, dans ma ville, j'aurai le Graal", a-t-il juré. "Vous ne savez pas de quoi je suis capable pour avoir cette médaille. Je suis capable de tout, même de faire un mouvement aux JO avec un bras que je n'arrive pas à lever. Abandonner, c'est pas moi. Soit je perds, soit je me fais mal, mais je ne m'avoue jamais vaincu." Persévérer, encore et toujours : voilà la marque des grands. 

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