JO de Tokyo : la barre était trop haute pour Renaud Lavillenie

Le perchiste tricolore Renaud Lavillenie a échoué à décrocher une troisième médaille olympique.

FAUCHÉ EN VOL - Blessé à la cheville droite, et même victime d'une chute à l'échauffement, Renaud Lavillenie a échoué dans la mission qu'il s'était fixé. Le doublé médaillé, 8e du concours à la perche, mardi 3 août, n'a pas réussi à monter sur son troisième podium olympique de suite, malgré le courage dont il a fait preuve pour rester compétitif.

Il n'aura pas réussi son pari. Un pari qu'il savait osé, même risqué. Diminué physiquement, suite à une entorse à la cheville droite contractée trois semaines avant les Jeux, Renaud Lavillenie a tenté de forcer le destin. En vain. Victime d'une chute à l'échauffement sur la piste olympique de Tokyo, le perchiste tricolore a été dans l'incapacité d'effacer une barre au-delà de 5,70m, mardi 3 août. En souffrance, les dents serrées, il a limité les sauts pour préserver sa cheville. Une stratégie audacieuse qui ne lui a pas permis d'accrocher à son cou une troisième médaille, après l'or à Londres en 2012 et l'argent à Rio en 2016. 

Au Stade olympique de Tokyo, l'Auvergnat de 34 ans savait qu'il ne pourrait pas défendre pleinement ses chances. Sa chute d'assez haut à l'échauffement a sans doute mis fin à ses espoirs de podium. "J'ai fait un début d'échauffement digne de ce que je suis capable de faire dans les grands jours, donc je commençais à reprendre de la confiance", a-t-il expliqué à RMC Sport. "Malheureusement, j'ai ce dernier saut où la perche ne passe pas. Je tombe de quasiment quatre mètres de haut, directement sur le tartan. L'impact a été très violent sur le talon. Derrière, j'ai eu un pic de douleur qui n'a cessé d'être présent."

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Visage fermé au moment de la présentation des athlètes, boitillant le long de la main courante et strappé aux deux chevilles, le double médaillé a refusé de déclarer forfait, comme s'il ne pouvait tomber autrement qu'au combat. "Je ne pouvais pas me permettre d'abandonner, quitte à ce que je me fasse encore plus mal. Je me suis battu jusqu'au bout. J'ai réussi à faire des sauts, honnêtement, je ne sais pas d'où ça sort", a assuré Renaud Lavillenie. "Je peux rentrer chez moi la tête haute, je n'ai rien à regretter."

"Je n'ai plus le choix"

Après avoir fait l'impasse à 5,55m, à l'inverse de la plupart des autres concurrents, l'ancien recordman du monde a franchi 5,70m du premier coup. Un saut qui l'a toutefois obligé à se reposer quelques instants sur le tapis de réception. "De toute façon, je n'ai plus le choix. Ça ne va pas mieux, mais ça n'empire pas", a-t-il confié à son clan, son entraîneur Philippe d'Encausse et son frère Valentin. 

La suite s'est révélée impossible pour le champion olympique de Londres. Le visage dans sa serviette, réconforté notamment par le Suédois Armand Duplantis, le détenteur du record du monde, sacré champion olympique quelques instants plus tard, il a joué avec les impasses à 5,80m, puis à 5,87m après un premier échec, où il a renoncé à sauter. Tentant le tout pour le tout, après s'être une nouvelle fois rafraichi la cheville avec de la glace, Lavillenie a échoué à effacer 5,92m, malgré un deuxième essai prometteur.

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Sorti en larmes, hué et sous les sifflets du stade de Rio en 2016, Renaud Lavillenie, 8e du concours au Japon, a cette fois-ci quitté la piste aux étoiles, la tête basse et le corps meurtri, dans la chaleur de la nuit tokyoïte. Le miracle tant espéré n'a pas eu lieu. Son physique, autrefois hors normes, a failli. 

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