Jeux olympiques de Tokyo : qui est le judoka Luka Mkheidze, premier médaillé français ?

Jeux olympiques de Tokyo : Luka Mkheidze, premier médaillé de la France

CONSÉCRATION - Le jeune homme de 25 ans, qui concourt dans la catégorie des moins de 60 kg, a décroché la médaille de bronze aux JO de Tokyo, samedi. L'aboutissement d'un parcours sinueux.

Le sport n'est jamais affaire de certitudes et aucun champion en devenir n'a jamais l'assurance d'atteindre son but ultime. Certains parcours sont même plus ardus que les autres. Luka Mkheidze en sait quelque chose.

À 25 ans, le judoka a décroché, samedi 24 juillet, aux Jeux olympiques de Tokyo 2020, la médaille de bronze. Sa victoire finale face au Coréen Kim Won-jin aurait presque quelque chose d'anecdotique dans cette quête d'excellence, tant le Français a dû s'accrocher pour en arriver là.

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Né à Tbilissi en Géorgie en 1995, il fuit le pays en 2009 avec sa famille, dans la foulée du deuxième conflit en Ossétie du Sud. Avant l'exil, dans son pays de naissance, il découvre le judo, d'abord à la télé. "Pendant les JO, je voyais combien les gens étaient fiers. Je voulais retrouver cette sensation", a raconté le médaillé olympique en zone mixte.

Dans sa fuite, lui et sa famille passent par la Biélorussie, puis la Pologne. "J'ai traversé beaucoup de choses, j'ai quitté mon pays d'origine. On a payé quelqu'un pour nous amener en France quand notre demande a été refusée en Pologne, un passeur", a-t-il poursuivi samedi. "On est arrivé à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne, ndlr), où il y a une église orthodoxe. On y est allés, le prêtre nous a aidés."

La France m'a ouvert les bras, même s'il a fallu attendre- Luka Mkheidze

En 2010, quand il arrive en France à 13 ans, Luka dispose d'une lettre, qu'il remettra au Judo Club Bolivar, dans le nord-est parisien. "Quand je suis arrivé, je ne parlais pas français. Je suis arrivé avec cette lettre traduite, qui disait juste que je voulais faire du judo", a raconté le médaillé olympique en zone mixte. Ce club de sport, "c'est là où Teddy Riner a commencé le judo. Mais c'est un hasard, je ne savais même pas que Teddy était passé par là".

Après avoir connu Paris et sa banlieue, la famille s'installe au Havre, où le maire Edouard Philippe pousse en faveur de la naturalisation française du jeune homme, finalement obtenue en 2015. "La France m'a accueilli, m'a ouvert les bras, même si ça n'a pas été facile, qu'il a fallu attendre", a-t-il dit samedi. 

"C'est énorme ce qu'il vient de faire"

"Son défaut, c'était peut-être de ne jamais vouloir s'arrêter, de toujours vouloir aller plus loin. J'avais demandé à ce qu'on se batte pour qu'il ait la nationalité française", résume pour TF1 Thomas Destin, son ancien entraîneur. "C'est un mec qui est concentré dans ce qu'il fait. C'est énorme ce qu'il vient de faire", confirme Axel Clerget, membre de l'équipe de France de judo et camarade de chambre de Luka Mkheidze.

Au cours du tournoi, le jeune judoka n'a jamais cessé d'attaquer et de prendre l'initiative, et ce dès son premier combat, face à l'Espagnol Francisco Garrigos, face auquel il s'était incliné au mois d'avril en finale des Championnats d'Europe.

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Il a ensuite nettement dominé l'Ukrainien Artem Lesiuk, en moins de deux minutes. En demi-finale, il a subi la loi du Taïwanais Yung Wei Yang, dans un combat extrêmement éprouvant, laissant filer la perspective de décrocher l'or ou l'argent. Mais il a su se remobiliser pour dominer le Coréen Kim Won-jin lors du match pour la 3e place, samedi.

L'intéressé n'en revenait pas et ne quittait pas sa médaille des yeux. "Ça m'impressionne. Je vais encore passer beaucoup de temps à la regarder, je pense. J'ai envie de l'apprendre par cœur." Sa famille, elle, "a pleuré, crié, fait des photos", après la victoire. "C'était un moment incroyable", nous confie Veriko Mkheidze, la sœur du judoka.

Et lorsqu'on souligne qu'il a décroché la première médaille de l'équipe de France au Japon, le sportif évoque "encore plus de fierté". "J'espère qu'il y en aura plein d'autres. Je vais rester pour encourager les autres et j'espère qu'ils vont faire encore mieux que moi !".

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