Jo-Wilfried Tsonga maître de Toronto !

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TENNIS - Après Djokovic et Murray, Jo-Wilfried Tsonga s'est offert Roger Federer en finale du tournoi de Toronto. C'est le deuxième Masters 1000 remporté par le Manceau, au terme d'une semaine parfaite. "Jo" est bien de retour.

Badaboum ! Quand Jo-Wilfried Tsonga gagne, il ne fait pas semblant. Il semblait à des années-lumière de son niveau de jeu, incapable de faire mieux qu'un 8e de finale lors des trois Grands Chelems déjà joués cette saison ? Et bien pour sa rentrée lors du tournoi de Toronto, le Français, 15e mondial, a remporté le titre. En battant, s'il vous plaît, Monsieur Roger Federer, qui pouvait gagner son 80e trophée ce dimanche (!), en deux sets secs : 7-5, 7-6.

Celle-là, Tsonga l'a obtenue en costaud, toujours très solide au service, lui qui n'a concédé aucune balle de break face au Suisse. Sans trembler, il s'est adjugé un premier set plutôt serré et au rythme haché par les fautes directes des deux joueurs. Le premier moment chaud du match arrivant (5-5), Federer mettait sous pression son adversaire, qui remportait sa mise en jeu en soufflant, bien que mené 15-30. Puis, sur sa première occasion, sa première balle de break, le lion Tsonga a surgi et reporté le premier set (7-5).

Tsonga a saisi les occasions, sans surjouer

Une première bataille remportée, et presque la guerre. Car ensuite, le maître Federer s'est un peu évaporé. Brillant au filet, abusant du service-volée, l'ancien numéro 1 mondial, fébrile, multipliait les fautes en fond de court. Mais il s'accrochait, en vieux briscard (6 balles de match sauvées). Jusqu'au tie-break où, cette fois, la supériorité du Français fut telle que Federer craqua dès la première occasion.

Emu, presque groggy par ce succès, Tsonga est allé fêter une semaine parfaite dans les bras de son coach, Thierry Ascione, avec lequel il s'est remis d'aplomb dans son fief suisse pendant des semaines pour revenir en forme. Djokovic, Murray, Dimitrov et donc Federer : oui, "Jo" a tapé quatre membres du Top 10, dont trois du "Big Four", dans la même semaine. Impressionnant, comme son retour parmi les dix meilleurs joueurs du classement ATP dès lundi matin.

Trophée en main, le vainqueur du Masters 1000 de Bercy 2008 avouait "réaliser difficilement ce qui [lui] arrivait", mais trouvait juste "génial d'être ici, face à vous", au milieu du court de Toronto. "J'attends ce moment depuis deux ans, annonçait-il avant le match, aussi ambitieux que bien dans sa peau. J'ai toujours cru en moi, même lorsque je perdais. J'ai finalement une petite récompense et ça fait du bien." C'est plutôt une grosse récompense pour le Manceau. Le début d'un retour fracassant, vu sa sérénité retrouvée.

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