La justice française en passe de révéler un scandale de corruption dans l’attribution des Jeux olympiques

La justice française en passe de révéler un scandale de corruption dans l’attribution des Jeux olympiques

TRICHE – Le quotidien "Le Monde" affirme ce vendredi que la justice française dispose à présent d’éléments concrets démontrant le caractère illicite du processus d’attribution des Jeux olympiques.

Alors que Paris a entamé la dernière ligne droite dans la course qui l’oppose à Los Angeles pour l’attribution des Jeux olympiques de 2024, la justice française pourrait bien semer une jolie pagaille d’ici au 23 septembre, date à laquelle le Comité international olympique (CIO) est censé donner le nom du vainqueur. Ce vendredi, Le Monde révèle en effet que la justice française, qui enquête depuis décembre 2015 sur des soupçons de corruption dans l'attribution des Jeux olympiques de Rio en 2016 et Tokyo en 2020, dispose désormais d’éléments concrets mettant en cause l’intégrité du processus. En cause : des manœuvres destinées à acheter des votes.

À l’origine, c’est Lamine Diack, ex-patron de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) et membre du CIO jusqu’en 2013, qui attirait l’attention du Parquet national financier français, pour avoir passé sous silence, contre des pots-de-vin, des résultats de tests antidopage positifs d'athlètes russes. Il apparaît à présent qu’un homme d’affaires brésilien a versé 1,5 millions de dollars sur le compte du Sénégalais trois jours avant l’attribution des Jeux de Rio. Au mois de mars dernier, déjà, The Guardian dévoilait que le même avait distribué des "colis" pour influencer les votes.

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Autre révélation du Monde ce vendredi : le versement de 300.000 dollars, le jour de l’attribution de ces mêmes JO de Rio, sur le compte offshore de Frankie Fredericks, membre des commissions d’évaluation des Jeux 2012 et 2020, aujourd'hui président de la commission d’évaluation… des Jeux 2024. Pour ceux de 2016, cet ancien athlète était "scrutateur" du CIO… Il est attendu à Paris le 14 mai prochain, si tout va bien.

Ce n’est pas la première fois que de tels soupçons planent sur l’attribution des JO. Pour l’édition 2002 des Jeux d’hiver de Salt Lake City, plusieurs membres du CIO auraient reçu des pots-de-vin de la part du comité de candidature. Jean-Claude Ganga, membre congolais du CIO, s'était ainsi vu remettre 50.000 dollars en liquide afin de "développer le sport chez les jeunes en République démocratique du Congo". Sans que lesdits jeunes ne voient la couleur de cet argent. Pour ceux de Sotchi, en 2014, et ceux de Rio, la Russie et le Brésil auraient payé deux fois plus que nécessaire pour construire les bâtiments olympiques. Concernant l’attribution des JO 2020 à Tokyo, 1,3 millions d'euros auraient été versés en 2013, en provenance d'un compte ouvert dans une banque japonaise, à la société Black Tidings. Qui appartient à Papa Massata Diack. Le fils... de Lamine Diack. Le monde est petit.

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