La police brésilienne ouvre une enquête pour corruption dans le cadre de l'attribution des JO 2016 à Rio

La police brésilienne ouvre une enquête pour corruption dans le cadre de l'attribution des JO 2016 à Rio

ENQUÊTE - Ce mardi, la police brésilienne a annoncé l’ouverture d’une enquête pour corruption dans le cadre de l’attribution des JO 2016 à Rio, avec de possibles achats de voix au sein du Comité international olympique (CIO). Dans le même temps, le parquet national financier (PNF), qui a déjà ouvert une enquête similaire le 4 août 2015 en France, a tenu une conférence de presse sur le sujet à Rio.

Ce mardi, la police brésilienne a annoncé l’ouverture d’une enquête pour corruption dans le cadre de l’attribution des JO 2016 à Rio, avec de possibles achats de voix au sein du Comité international olympique (CIO). Tôt dans la journée, des perquisitions ont été menées à 11 endroits différents dans Rio. Et notamment à Leblon, un quartier très chic de la ville, au domicile de Carlos Nuzman, président du Comité national olympique brésilien, et qui était à la tête de la candidature de la cité brésilienne, rapporte par ailleurs la télévision Globo. 

Ces perquisitions ont été effectuées par près de soixante-dix membres de la police judiciaire brésilienne, accompagnés de leurs homologues français et américains, dans le but de trouver de preuves sur "l'achat de voix dans le cadre de l'élection par le  Comité international olympique de la ville-hôte des Jeux olympiques 2016", précise la police dans un communiqué. Deux mandats d'arrêt ont également été émis, ajoute le communiqué.

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Conférence de presse à Rio

Dans le même temps, le parquet national financier (PNF), qui avait ouvert une enquête le 4 août 2015 en France concernant des soupçons de corruption autour du dopage à la tête de l'athlétisme mondial (enquête qui s'est ensuite penchée sur l'attribution des JO), a participé à une conférence de presse au quartier général de la police fédérale de Rio, "aux côtés de ses homologues du parquet fédéral de l'État de Rio de Janeiro, du ministère public fédéral, de la police judiciaire fédérale et des services fiscaux de Rio" pour évoquer la collaboration entre les deux pays lors des dernières investigations réalisées en France et au Brésil. "Plusieurs éléments concordants permettent de penser que les votes de membres de l'IAAF (Fédération internationale d'athlétismer) et du CIO ont été négociés contre rétributions pour obtenir la désignation des villes 

chargées d'accueillir les plus grandes compétitions sportives mondiales", indique le PNF.

Concernant l’enquête, le CIO a commenté les opérations menées par la police brésilienne : "Le CIO a pris connaissance de ces éléments par les médias et fait tout ce qui lui est possible pour obtenir toutes les informations. Cela relève de la plus haute importance pour le CIO d'obtenir des clarifications sur ce sujet."

Papa Massack Diack au cœur de la corruption

D'après des documents transmis par le fisc américain à la justice française, révélés par Le Monde en mars 2017, une société (Matlock Capital Group) gérant les intérêts d'un homme d'affaires brésilien, Arthur Cesar de Menezes Soares Filho, avait versé, 3 jours avant le vote, la somme de 1,5 million de dollars à une société appartenant à Papa Massata Diack, fils du président de l'IAAF et membre influent du CIO, Lamine Diack.

Le 2 octobre 2009, Papa Massata Diack, avait transféré près de 299.300 dollars de sa société vers une structure (Yemi Limited), que Le Monde a pu relier, grâce aux données des Panama Papers, à  l'ancien champion d'athlétisme namibien Frankie Fredericks. Ce dernier était alors scrutateur du vote pour le CIO, dont il est devenu membre en 2012. Ce dernier, qui avait justifié ce virement par des activités de promotion pour l'athlétisme, avait néanmoins été contraint de démissionner de son poste de président de la commission d'évaluation des JO de 2024, avant d'être suspendu de l'IAAF.

Le CIO a précisé que Papa Massata Diack "n'a jamais occupé aucune fonction au sein du CIO et son père a perdu son 

statut de membre honoraire".   Il a également rappelé qu'il était "partie civile" dans l'enquête de la justice française. 

"Protéger l'intégrité du processus de candidature demeure du plus haut intérêt pour le CIO tout comme identifier et sanctionner toute infraction", a encore ajouté l'instance.

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