L'unique laboratoire antidopage français suspendu à cause d'échantillons contaminés

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SPORT - Le laboratoire antidopage de Châtenay-Malabry a été suspendu par l'Agence mondiale antidopage. Un événement qui survient après la découverte d'échantillons contaminés par des prélèvements effectués sur des bodybuilders.

Coup dur pour la lutte contre le dopage en France. Le seul laboratoire d'analyses français, installé à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine), a été suspendu lundi 25 septembre par l'Agence mondiale antidopage (AMA). En cause : une contamination d'échantillons par des prélèvements sur des bodybuilders chargés en stéroïdes.

"Cette suspension a été imposée à la suite de problèmes liés aux analyses, rapportés à l’AMA par le laboratoire lui-même", a indiqué l'AMA sur son site. Conséquence, le laboratoire, qui a traité environ 13.500 échantillons en 2016, ne pourra plus mener d'analyses antidopage tant que l'AMA ne lui donnera pas son feu vert. 

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Un concentration en stéroïdes 200 fois supérieure à un contrôle positif

L'incident à l'origine de la suspension est survenu après une opération de contrôles d'envergure menée au printemps dans le milieu du culturisme, a expliqué le secrétaire général de l'AFLD, Mathieu Teoran, qui évoque un épisode "exceptionnel".

Concrètement, la concentration en stéroïdes de certains échantillons était telle, jusqu'à 200 fois supérieure à un contrôle positif classique, qu'elle a "contaminé" un robot d'analyse malgré les procédures de nettoyage habituelles, a indiqué Mathieu Teoran. "Cet incident unique a concerné deux échantillons", contaminés à leur tour, a-t-il ajouté.

"Les actions correctives appropriées ont été immédiatement prises et l'ensemble des échantillons potentiellement concernés ont fait l'objet de nouvelles analyses, qui n'ont révélé aucune autre anomalie", indique l'AFLD, assurant qu'"aucun sportif n'a été sanctionné à tort".

L'AFLD à l'origine du premier test contre l'EPO

Une telle mesure de suspension de la part de l'AMA n'est pas un fait rarissime, mais c'est une décision qui tombe bien mal pour l'antidopage français, deux semaines après la désignation de Paris comme ville hôte des Jeux olympiques d'été de 2024.

En pointe dans la lutte contre le dopage dans les années 90 et 2000, le laboratoire de Châtenay-Malabry, reconnu pour avoir mis au point le premier test contre l'EPO, a peiné ces dernières années pour se maintenir au sommet.

L'incident posera sans doute la question des moyens de l'AFLD et de son laboratoire, qui emploie une quarantaine de personnes. Dans son rapport d'activités 2016, rendu public en juin, l'agence souligne qu'"elle a dû faire face à une forte tâche dans un contexte budgétaire très contraint". Son président, Bruno Genevois, qui a depuis passé la main à Dominique Laurent, avait alors insisté sur la "nécessaire modernisation" du laboratoire de Châtenay-Malabry.

Interrogé sur ce point, le secrétaire général de l'AFLD réfute l'idée que l'incident soit dû à un problème de moyens.

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