Le père de Jules Bianchi "prie pour que Michael Schumacher puisse s'en sortir"

Le père de Jules Bianchi "prie pour que Michael Schumacher puisse s'en sortir"

FORMULE 1 - Philippe Bianchi, le père de Jules, s'est longuement confié à l'approche du Grand Prix du Japon, sur cette piste de Suzuka où le drame est survenu il y a quasiment un an jour pour jour, admettant que la vision d'une course lui est désormais "insupportable".

Avec le temps va, tout s'en va, chantait l'autre. Mais il en faudra beaucoup à Philippe Bianchi pour faire le deuil de son fils Jules, mort après un long coma, consécutif à une terrible sortie de route. C'était il y a presque un an, le 5 octobre 2014, à Suzuka (Japon), là où le grand cirque de la F1 plantera son chapiteau ce week-end. Plus de deux mois après la disparition de son rejeton, le paternel meurtri a livré son ressenti à RMC . Morceaux choisis.

Sur la vie sans Jules
"On va mal. Malheureusement, on ne peut pas aller bien lorsqu’on a vécu l’année que nous avons pu vivre. C’était une année chargée d’espoir et de désespoir à certains moments. Mais bon, l’espoir reprenait toujours le dessus parce qu’il y avait de la vie… Puis, il y a deux mois, la vie s’est arrêtée. On était tout le temps avec lui, que ça soit sa maman ou ses frères et sœurs, ses grands-parents, ses amis très proches. Tout le monde a essayé de donner le maximum de son énergie et aujourd’hui, nous avons le contrecoup de tout ce qu’on a fait car on a été impuissant sur le résultat final..."

Sur le rapport de la FIA (Fédération internationale de l'automobile) au sujet de l'accident
"Je n'ai pas vu les images donc je peux difficilement me prononcer sur les conclusions. La seule chose que je peux dire, c’est qu’il me semble très curieux qu’on reproche à un pilote de Formule 1 d’aller trop vite. A priori, c’est son métier, il est là pour ça, je pense qu’ils sont tous là pour ça. De ce que je sais, de ce que j’ai entendu, je trouve ça un peu bizarre. Depuis le jour du drame, que ça soit la maman de Jules ou moi, on avait une trop grosse sensibilité pour porter des jugements sur ce qu’il s’était passé. Il y a des gens dont c’est le métier qui s’occupent de ça, qui sont en train de voir ça et je pense que, lorsqu’ils auront leurs conclusions, ils le feront savoir."

Sur ses projets
"Ce sont des idées, il n’y a rien d’avancé encore mais, par exemple, j’aimerais faire une fondation pour essayer d’aider des jeunes pilotes qui ont du talent mais pas beaucoup de moyens. Essayer de les aider, donner des moyens pour qu’ils aient un avenir dans le sport automobile. Jules était très attaché au karting donc pourquoi pas aussi créer une marque de châssis, comme ont pu le faire Fernando Alonso, Lewis Hamilton ou Daniel Ricciardo. A travers ces actions, la volonté, c’est de faire exister Jules, différemment, qu’il soit toujours présent, qu’on continue à parler de lui et qu’il soit toujours avec nous car il était vraiment amoureux de ce sport. C’était toute sa vie."

Sur les marques de soutien des pilotes
"C'est très important. Ces messages sur les casques et les combinaisons nous donnent de l’énergie. Et puis, pour Jules, c’est une reconnaissance de ce qu’il était. Lors de ses obsèques, les messages de la Formule 1 ont été absolument extraordinaires et touchants, puisque c’était une reconnaissance de la personne qu’il était. Il y avait le pilote mais aussi l’homme : simple et travailleur."

Sur la situation de la famille Schumacher
"Nous avons malheureusement vécu un drame à la douleur identique. Avant nous, ils ont témoigné de leur force et ils n'ont jamais lâché Michael. Je n’ai pas de nouvelles de lui donc je vais me garder de faire des commentaires car on ne connait pas toujours les sources. Moi, ce que je peux dire, c’est de ne rien lâcher. Que si Michael est encore là, c’est qu’il se bat. C’est le plus grand champion que la Formule 1 ait connu. Jules était très touché par cet accident et aujourd’hui, je prie pour que lui puisse s’en sortir car il est toujours là et il y a toujours de l’espoir. J’espère qu’il s’en sortira."

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