Le port du voile agite le monde du sport

Le port du voile agite le monde du sport

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POLÉMIQUE - Le port du voile dans l'exercice d'une compétition sportive continue de faire débat. Dernier épisode en date : le forfait de l'équipe féminine de basket du Qatar aux jeux asiatiques pour protester contre l'interdiction d'aligner avec des cheveux couverts par un foulard.

Le sport et la religion ? L'effort universel pour remporter une guerre métaphorique et l'expression intime de la foi et l'amour de son prochain n'ont jamais fait tellement bon ménage. Mais c'est plus une affaire de règlement que d'esprit. Le débat, initié il y a plusieurs années par différentes fédérations internationales, n'est, en tout cas, pas encore arrivé à son terme. Mercredi, les basketteuses de l'équipe du Qatar quittaient ainsi le parquet avant un match contre la Mongolie en ouverture des Jeux asiatiques parce que l'arbitre leur a refusé le droit de jouer en portant le voile. Avant de déclarer forfait pour tout le tournoi, jeudi, en signe de protestation.

En cause ? L'article 4.2.2 du règlement de la FIBA, interdisant "le port de coiffes et chapeaux, d’accessoires dans les cheveux, et de bijoux" ? "Je ne comprends pas cette décision. Je ne pense pas que le hijab soit dangereux et influe négativement sur le match ou les joueuses", expliquait à Reuters une des basketteuses concernées, désignée porte-parole de son équipe. L'incompréhension est d'autant plus grande que la FIBA a récemment ouvert "une période d'essai de deux ans" pour autoriser le port du voile durant les matches... Mais seulement dans les compétitions nationales.

Le port du voile autorisé dans d'autres disciplines

"Je savais que c'était un problème pour la Fédération internationale, mais pas pour les Jeux asiatiques", ajoutait la porte-parole, soulignant le besoin urgent d'une uniformisation du règlement. "Nous avons participé à de nombreuses compétitions internationales en Indonésie ou en Chine. Mais nous ne participerons à aucun match des Jeux asiatiques, à moins que les organisateurs ne changent d'avis", enfonçait-elle, déchargeant finalement la FIBA...

C'est que les organisateurs en question ont autorisé le voile dans d'autres disciplines, faisant du basket une exception. Depuis le début de la compétition, quatre rameuses iraniennes ont, par exemple, remporté la médaille de bronze mercredi en aviron en portant le hijab. Comme la triathlète du Koweit Najlaa Aljerewi et la joueuse de badminton iranienne Hajiagha Soraya...

Dans le football non plus, rien n'est clair

Il y a donc deux poids deux mesures et ce à une très large échelle. Dans le sport roi ? "Une expérience a été menée et cela a été confirmé : les joueuses peuvent avoir la tête couverte pour jouer, annonçait fièrement, le 1er mars, le secrétaire général de la Fédération internationale de football (FIFA) , Jérôme Valcke, lors d'une conférence de presse. Nous ne pouvons faire de discrimination. Ce qui s'applique aux femmes peut s'appliquer aux hommes. Les hommes peuvent donc aussi porter, dans les différentes compétitions, un couvre-chef."

Une décision qui avait provoqué une levée de boucliers en France , jusqu'au plus faut niveau de la Fédération française de football (FFF). "La France est un pays laïc et il faut respecter cela. On a avancé par rapport à la religion. En France, je souhaite que les jeunes filles puissent jouer partout sans que je ne sais qui leur impose le port du voile, avait réagi Noël le Graët, le patron du foot français . Là où Blatter (le président de la FIFA, ndlr) a mille fois raison, c'est que, dans certains pays, jouer au foot avec le voile est un tel progrès qu'il faut le faire. Mais si on vient au foot dans un pays laïc, on vient comme tout le monde." Dit autrement : la confusion n'a pas fini de régner.

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