Les acteurs du Tour de France ont-ils peur des menaces terroristes ?

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CYCLISME – A moins de 60 jours du Tour de France (2 juillet-24 juillet 2016), le dispositif de sécurité est au cœur des attentions, suite aux attentats survenus en France et en Belgique. Comme pour l’Euro 2016, les organisateurs et les autorités planchent activement afin d’encadrer dans les meilleures conditions la caravane du Tour, les 198 coureurs et ses millions de spectateurs. Nous avons profité du Paris-Roubaix, le 10 avril dernier, pour sonder les protagonistes.

Troisième événement sportif au monde, le Tour de France attire durant les 21 étapes entre 10 et 12 millions de spectateurs sur le bord des routes. Pour canaliser les foules, 23 000 agents des forces de l’ordre doivent assurer la sécurité sur l’ensemble des 3500 kilomètres de route qu’empruntent les coureurs. Tout sauf une sinécure. Encore moins au regard de la menace terroriste qui pèse sur la France.

"Sur le Tour de France, nous travaillons avec le ministère de l’intérieur et localement à chaque étape avec la préfecture. On fait ni plus ni moins ce que nous demandent les autorités compétentes. Et nous avons déjà pu mettre en place des choses à l’occasion du Paris-Nice et du Paris-Roubaix", explique Florian Vuillaume, le responsable de la sécurité et de la prévention sur la Grande Bloucle, croisé sur la classique à la mi-avril. 

Les spectateurs ne lâchent pas

En marge de la "reine des classiques" printanières, nous avons donc pu recueillir le ressenti des spectateurs et des coureurs concernant le climat tendu dans lequel va se dérouler le Tour de France, mais également l'Euro. A l'instar de Tom et de ses amis venus de Belgique pour s’installer sur la Trouée d’Arenberg, une grande partie n’y songe même pas. "Je ne pense pas que cela soit un rassemblement à risque, ici, nous sommes tous dispersés. Ce n'est pas comme quand on est enfermés dans les stades de football."

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Cependant, Jean-François, venu avec sa femme, reconnaît qu'il y a eu un changement d'état d'esprit, une légèreté qui s'est envolée. "Maintenant, on a toujours une petite appréhension. Quand on a vu les CRS en arrivant, j'avoue qu'on y a pensé. Mais il faut quand même venir, sinon on ne bouge plus. Et puis avec l’animation, on oublie."

"Il y a bien eu un attentat au marathon de Boston"

Côté peloton, la tension se fait moins palpable. "On a déjà pas mal de choses à penser", rapporte Damien Gaudin, coureur d’AG2R La Mondiale. "Pendant la course, on est concentré sur nos objectifs." A l’arrivée, au pied du bus, son coéquipier Sébastien Minard, se montre plus nuancé et avoue ne pas savoir ce qu'il peut se passer : "Il y a bien eu un attentat au marathon de Boston [15 avril 2013], donc on n'est pas infaillible. Malheureusement on ne peut rien contre ça."

Seule chose certaine, les autorités françaises chargées de la sécurité devront gérer en même temps la première semaine du Tour de France qui commence le 2 juillet, avec la fin de l’Euro 2016 qui termine le 10 juillet. La mission est colossale. 

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