Levallois-Perret : les joueurs de pelote basque chantent nus pour interpeller Patrick Balkany

SPORT

COUP DE GUEULE - Les joueurs de pelote basque de Levallois sont très remontés. Avec la fermeture de leur section au sein du sporting club de la ville, ils ne pourront plus s’entraîner à la rentrée. Un choix qu’ils dénoncent dans une vidéo intitulée “Balkany, pourquoi t’a fait ça ?“, tournée dans le plus simple appareil...

Ils ont trouvé un moyen efficace de faire entendre leur colère dans les médias. Remontés contre la fermeture de la section pelote basque au sein du Levallois sporting club (LSC) et la suppression des créneaux d’entraînement qui leur étaient réservés au de la ville, les pelotaris – nom donné aux joueurs de ce sport – interpellent le député-maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, dans une vidéo où ils chantent et dansent entièrement nus. Ou presque…

"Juste un créneau ou deux le soir"

Lunettes de soleil sur le nez, chapeau pailleté sur la tête et pala (sorte de raquette) en guise de cache-sexe, ils dénoncent une fermeture "pas chic", ("à moins que ce ne soit une histoire de fric ?") sur l’air de la chanson des Restos de Jean-Jacques Goldman. "Aujourd’hui, on n’a plus le droit à la pelote à Levallois, Balkany pourquoi tu as fait ça ? Les pelotaris seront toujours là", lance la joyeuse bande dans cette vidéo allumée. Intitulée " Balkany pourquoi t’as fait ça ? ", celle-ci a été mise en ligne sur YouTube le 28 juillet pour "sauver la section Pelote Basque du Levallois Sporting Club (LSC) fermée arbitrairement par la mairie de Levallois". En musique, les huit participants y énoncent leurs desiderata : "On veut pas être un sport à part, juste un créneau ou deux le soir, de l’amitié et des valeurs, la pelote, c’est la bonne humeur !"

Et les joueurs sont semble-t-il prêts à tout pour parvenir à leurs fins. "On soulève la pala si vous nous soutenez dans notre combat !", concluent-ils le sourire aux lèvres et le poing levé. Avertis "par une lettre du LSC en date du 9 avril 2015 de la fermeture de cette section", ces Levalloisiens ont aussi ouvert une page Facebook " Sauvons la pelote à Levallois " et adressé une lettre à l’édile le 14 juin pour lui demander "son intervention afin d’honorer (sa) promesse historique en permettant à la pelote basque de conserver un minimum de créneaux".

Lettre envoyée au Maire et au Conseil Municipal par certains de nos représentants: supprimer les créneaux de la section...

Posted by Sauvons la Pelote Basque à Levallois on  vendredi 19 juin 2015

Des pelotaris près à négocier

Car leurs rencontres avec le président du LSC Bertrand Percie du Sert n’ont jusqu’ici pas débouché. Motif invoqué par ce dernier ? Le manque de créneaux horaires disponibles au gymnase Auguste-Delaune en raison des nouveaux rythmes scolaires. "C’est tout à fait regrettable mais les nouveaux rythmes scolaires nous ont poussés à faire de nouveaux arbitrages. Il a fallu libérer des créneaux en journée et répartir d’autres clubs le soir", a expliqué Bertrand Percie du Sert vendredi au Parisien . "La section pelote basque était celle qui comptait le moins de Levalloisiens", a fait valoir l' adjoint au maire . "On s’est coupé les cheveux en quatre, mais on n’a pas pu faire autrement."

Pas dogmatiques et volontiers conciliants, les pelotaris sont prêts à lâcher "un créneau par semaine", comme ils l'ont confié à metronews par la voix de Jean, 15 ans de pratique au sein du club. Mais sans aller jusqu'à se faire marcher sur les pieds. "On trouve qu'il y a deux poids, deux mesures. Nos créneaux doivent servir pour faire de la place au futsal. Or, nous avons appris que 42 licenciés de cette section s'étaient vus retirer leur licence l'année dernière."

"Je ne vais pas les laisser jouer tout nu", promet Balkany

Le dernier coup d’éclat des pelotaris pourrait bien finir par faire avancer le dossier. Sur France Bleu Pays Basque ce samedi 15 août, Patrick Balkany a ainsi indiqué qu'il allait "essayer d'intervenir" à la rentrée. "En région parisienne, au mois d'août, c'est le désert. Alors on verra à la rentrée, je vais essayer d'intervenir, bien entendu, pour défendre les pelotaris et leur trouver les créneaux", explique-t-il, selon des propos retranscrits par Le Lab d’Europe 1 . "Je vais voir ça avec les responsables du Levallois Sporting Club quand ils vont rentrer de vacances", fait-il valoir. Avant de lancer : "Mais on trouvera bien une solution parce que je ne vais pas les laisser jouer tout nu quand même, c'est pas pratique."

Pour Jean, tout ça ressemble à un développement positif : "Rendez-vous à la rentrée. Nous, on n'a pas de volonté politique derrière tout ça. Juste celle de préserver cette section et les 50 à 80 licenciés qui y viennent chaque année. Ce serait vraiment un gâchis de tout jeter par la fenêtre après tous les efforts faits pour la maintenir."

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