Ligue 1 : mais d’où vient la petite musique entêtante du multiplex de Canal+ ?

Ligue 1 : mais d’où vient la petite musique entêtante du multiplex de Canal+ ?
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MULTIPLEX LIGUE 1 - Durant les deux dernières journées de Championnat, cette dizaine de notes de musique suffit à plonger le spectateur dans un état d’excitation indescriptible. Quand elle retentit, c’est qu’il s’est passé quelque chose. Votre équipe vient d’arracher une place en Ligue des champions, peut-être s’est elle sauvée à moins qu’elle ait définitivement sombré au classement ? A l’occasion de la 37e journée, ce dimanche à 21 heures, on a cherché à comprendre où (et pourquoi) les gens de Canal+ étaient allés chercher ce gimmick sonore devenu culte.

"Ding, Dingueding, ding, ding, ding ding diiiing". Si vous avez suivi au moins une fois le "multifoot" de Canal+ qui retransmet les 10 rencontres des deux dernières journées en simultané, vous avez forcément en tête cette petite mélodie. Lors des deux dernières saisons, elle a d’ailleurs retenti 25 et 26 fois au cours de l’avant-dernière journée de L1.

Au commencement, il y a eu les JO de Barcelone

Au fil des saisons, cette "pêche sonore" (c’est le nom technique) qui, depuis plus deux décennies, accompagne ces sacro-saintes journées, est devenue culte rejoignant au panthéon des musiques entêtantes la sonnerie du portable de Jack Bauer dans "24 heures" ou les trompettes de RTL.

Au cas où il y en aurait encore qui n'ont jamais entendu la petite musique >> 

"C’est en rentrant des JO de Barcelone en 1992 qu’on a eu l’idée de cette petite musique. Il nous fallait un son pour prévenir en cas de but et pour pouvoir recaler les images afin de les diffuser comme si c’était en direct, nous raconte Jérôme Revon, réalisateur historique de Canal. Charles Biétry (alors patron des sports de la chaîne cryptée, ndlr) voulait un gong, un truc comme ça." Pas question de donner dans le buzzer, "on ne voulait pas que l’on soit assimilé à un jeu", Ni à un "jingle info, trop angoissant", détaille le réal’.

Les montagnes russes émotionnelles

Alors, Revon et ses ingé son s’écoutent une quinzaine de “musiques au mètre” avant de jeter leur dévolu sur ce carillon digne des claviers Bontempi les plus cheaps du marché. "Au départ, je trouvais que cette virgule sonore était un peu bizarre, un peu humoristique, nous raconte Eric Besnard, l’actuel présentateur qui ne présentait pas encore cette grand-messe. Mais très rapidement, elle est devenue incontournable, au point de devenir l’ADN du multifoot." Et, quitte à entendre des acouphènes, la sonnerie de portable du journaliste.

"À l’époque, ce son semblait déjà un peu désuet, concède le réalisateur. Mais il a l’avantage d’être supportable au cas où il y ait quinze buts d’affilée. Il faut que la petite musique soit claire, sans être agressive et sans paraître prétentieuse ou pompeuse. Légère, quoi." C’est comme ça que la percevra le supporter parisien qui se repaîtra devant la démonstration de son équipe, championne depuis le 13 avril dernier, sur la pelouse du Gazélec d’Ajaccio.

En l’entendant, les suiveurs des mal-classés espéreront fiévreusement que la petite musique les téléportera sur le terrain où leur équipe vient tout juste de marquer ce but qui les maintiendra... À moins que sous ces airs à la Benny Hill, ce soit le glas qui sonne.

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