Loi de protection des sportifs : "Souvent, c'est du bricolage" pour les athlètes

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SOUTIEN - L'Assemblée a adopté à l'unanimité, tard lundi soir, une proposition de loi qui protège juridiquement et socialement les sportifs de haut niveau. Une réponse nécessaire aux problèmes que connaissent les athlètes des ”petits” sports, comme la lanceuse de disque française Mélina Robert-Michon.

C'est suffisamment rare pour être souligné : une proposition de loi socialiste adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale. C'était lundi soir, à minuit passé, et le texte en question concerne la protection des sportifs de haut niveau, à la fois sur le plan juridique et social. En créant notamment un ”statut” à ces athlètes qui pratiquent des sports moins médiatiques, donc moins rémunérateurs, doublé d'une assurance maladie en cas d'accident du travail ou de maladie. Un grand pas pour les concernés, trop souvent condamnés ”au bricolage”, confie Mélina Robert-Michon.

La lanceuse de disque française, 35 ans, se souvient d'un temps où elle était étudiante, ”comme beaucoup d'athlètes, car il faut bien rentrer dans une case” si le sportif veut bénéficier ne serait-ce que de l'assurance maladie. ”Dans certaines disciplines, la vie est très compliquée, poursuit-elle. Il n'y a pas de partenaires, pas de sponsors, la fédération ne fournit que des aides matérielles pour l'entraînement. Il n'y a pas le droit à l'erreur. Avec ce nouveau statut, on a le droit de se blesser ou de faire une saison un peu en dessous.”

"Pas peur de me retrouver seule"

Cette loi prévoit par ailleurs un suivi socioprofessionnel avec des entreprises partenaires. Ainsi, celle qui enchaîne les bons résultats ces dernières années (médaille d'argent aux Mondiaux 2013 et aux Europe 2014, …) a signé avec une entreprise qui l'accompagnera jusqu'aux Jeux de Rio. En contre-partie, l'athlète doit intervenir ponctuellement au sein du groupe. "Je sais que ma carrière ne va pas durer encore dix ans, avoue-t-elle, et le fait d'avoir ce partenariat me met dans de bonnes conditions de préparation. Je ne pars pas dans l'inconnu, je n'aurai pas la peur de me retrouver seule quand j'arrêterai, ça fait du bien dans la tête.”

D'autant que ces contrats ne demandent généralement pas un trop gros investissement aux athlètes (représentation, séminaire...), qui peuvent se concentrer sur l'entraînement. Il leur offre surtout une porte de sortie pour l'après, cette "petite mort" redoutée par les sportifs. Et autant de tranquillité pour continuer à ”contribuer au rayonnement de la France”, selon la formule du  secrétaire d'Etat aux Sports Thierry Braillard .

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