Marathon : pour passer la ligne, suivez la flamme

Marathon : pour passer la ligne, suivez la flamme

DirectLCI
INTERVIEW - Ce sont les hommes à suivre. Les meneurs d'allure, telles des bouées de sauvetage pour certains ou de simples repères visuels pour d'autres, ils rythment la foulée des coureurs sur les grandes épreuves. A l'origine du concept, Dominique Chauvelier, quatre fois champion de France de marathon avec un record à 2h11min et 24 sec, a répondu à metronews.

Comment vous est venu le concept des meneurs d'allure ?
En 1998, il n'y avait pas autant de revues ou de sites Internet dédiés à la course à pied, et les coureurs débutants abordaient la distance la fleur au fusil. Beaucoup partaient trop vite, pour arriver à quatre pattes ou en titubant. Fort de ce constat, je me suis dit que, si les meilleurs coureurs avaient des lièvres (un athlète qui emmène les meilleurs sur un certain rythme afin de garantir une allure voire les bases d'un record), alors pourquoi le grand public n'y aurait-il pas droit ?

A-t-il été difficile de convaincre les organisateurs de course ?
Non, du tout, car c'est vite devenu un plus en matière d'attractivité pour les coureurs et les organisateurs. Le but des meneurs d'allure est de permettre à celles et ceux qui les suivent, d'atteindre avec la plus grande régularité possible leur objectif de 3 h00 à 4 heures 30 et plus. Quand j'ai commencé, il y en avait six par course. Aujourd'hui sur un marathon comme Paris , je sélectionne quatre meneurs et meneuses, par sas de départ. Les ballons de baudruche des débuts, qui éclataient dans le bois de Vincennes, ont cédé la place aux flammes de couleurs. Tous les organisateurs de grandes courses à travers le monde ont maintenant recours à ce concept.

Quelles sont leurs motivations ?
La première est sans nul doute les émotions. Bien que mythiques, les 42,195 kilomètres sont source de stress pour beaucoup, mais un peloton de centaines de milliers personnes ça vit, ça parle et ça rit du moins au début. Puis, une fois la ligne franchie, ça pleure aussi, et parfois avant... Ces moments-là sont incroyables tant pour celui qui est allé au bout que pour le meneur. S'il est là pour garantir le tempo, il conseille et échange beaucoup avec son groupe au fil du parcours. Suivre un meneur après avoir bien choisi son allure et son sas de départ, c'est avoir 98% de chance d'atteindre son but. C'est rassurant, non ?

Et vos conseils pour dimanche ?
Les jeux sont faits ! C'est ce qui a été fait pendant la préparation qui compte. Alors, à quelques jours du départ, préservez-vous, sachant que d'ici à dimanche un seul entraînement pourrait suffire. En matière de diététique, ne gâchez pas tout avec des repas trop riches et de l'alcool. Mais privilégiez plutôt dès jeudi, un régime riche en glucides et gardez une bouteille à portée de main. La veille de la course, vous risquez d'avoir une nuit en pointillé. Ce sera sans conséquence, si vous avez pris soin de bien dormir les jours précédents. Enfin, dimanche soyez forts. Car, c'est dans la tête que ça se gagne !

Rencontrez l'équipe des meneurs d'allure 2014 à Running expo : vendredi 4 avril à 17h30 et samedi 5 avril à 17h

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter