"March Madness" ou les facs US en folie

"March Madness" ou les facs US en folie

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BASKET - Vu de France, "March Madness" ne veut pas dire grand chose. Pourtant, aux Etats-Unis, le tournoi de basket universitaire qui démarre jeudi et va durer pendant trois semaines, déplace les foules et rend fous 50 millions d'Américains. A commencer par Barack Obama, leur président.

Même Barack Obama est pris d'un accès de folie. Pendant trois semaines, le président américain ne va manquer aucun match de la fameuse "March Madness" (La folie du mois de mars en français), le tournoi final du Championnat universitaire (NCAA). Comme chaque année, il a livré ses pronostics, retransmis en live sur la chaine ESPN depuis la Maison-Blanche, et a prédit laquelle des 68 équipes en lice au départ, remporterait la finale le 7 avril prochain dans le stade des Dallas CowBoys où peuvent s'entasser 80 000 fans déjantés. 

Un loto sportif qui n'a rien d'anodin puisque 50 millions d'Américains vont eux-aussi se prêter à ce jeu. N'hésitant pas, pour certains, à poser des arrêts maladie afin de suivre les rencontres à la télé. Le richissime Warren Buffet a même promis un milliard de dollars à celui qui réussira à pronostiquer parfaitement l'issue de tous les matches jusqu'à la finale.

Des salles trop petites pour eux

C'est dire la frénésie que provoque cette compétition disputée par des étudiants âgés de 18 à 23 ans et considérée - même si seulement 60 d'entre eux seront draftés en juin - comme l'anti-chambre de la prestigieuse NBA. "Sur le campus de Georgetown, on est considéré comme des stars. Notre salle de 5000 places était trop petite. Nous étions obligés de jouer nos matches dans la salle de la franchise NBA de Washington. L'enceinte, de 18.000 places, était chaque fois pleine à craquer. Les étudiants sont fiers de leur université parce que le simple fait d'y entrer représente un sacrifice financier énorme qu'ils mettront plus de quinze ans à rembourser. Donc quand on est accepté, on reste attaché à sa fac pour la vie. Toute l'année, les étudiants sont à fond dans leurs études et cet événement, c'est un peu la récréation. Cela donne lieu à un business hallucinant", se souvient Eric Micoud, le Français qui a participé à la March Madness avec les Hoyas et qui commente aujourd'hui la NBA sur beIN Sports.  

S'il leur est interdit de percevoir de l'argent, les joueurs ont la belle vie. Tout du moins ont-ils une vie d'athlètes déjà professionnels : "A 15 heures, je sortais des cours et j'allais à la salle de musculation à 16 heure. Je ne savais jamais à quelle heure j'allais sortir.Une équipe de basket universitaire est plus professionnelle que la meilleure équipe de Pro A, note celui qui a goûté aux déplacement en bus avec Strasbourg, Paris ou Cholet. En NCAA, tous les trajets se font en avion. Et quand on s'est qualifié pour March Madness, on voyageait avec le Boeing 737 privé des Charlotte Hornets."

Pour les chaines TV, c'est le jackpot

Grâce à ce tournoi de basketteurs amateurs (qu'a gagné à deux reprises Joakim Noah avec Florida), Time Warner et CBS facturent l'écran publicitaire le plus cher de l'année, juste après le Superbowl, la grand-messe du sport américain. En 2010, doublant quasiment leur précédente offre, ils n'ont pas hésité à aligner 7,7 milliards d'euros pour retransmettre le tournoi jusqu'en 2024. 

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