Matchs truqués : "Ce n'est pas une pratique courante, mais ça peut arriver"

Matchs truqués : "Ce n'est pas une pratique courante, mais ça peut arriver"

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TÉMOIGNAGES – À la suite des révélations faîtes par la BBC et Buzzfeed concernant d'éventuels matchs truqués dans le monde du tennis, Metronews a recueilli le témoignage de directeurs de tournoi et d'un ancien joueur de tennis. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que personne n'est réellement surpris...

C'est un bien drôle de début d'année qu'est en train de vivre l'ATP... Alors que l'Open d'Australie débute ce lundi, un scandale de matchs présumés truqués éclabousse l'actualité de la petite balle jaune. À en croire Buzzfeed et la BBC , certains joueurs de tennis auraient été approchés pour lâcher des matches contre de coquettes sommes d'argent.

Ancien joueur de tennis professionnel entre 1996 et 2004 et désormais directeur du Moselle Open, Julien Boutter nous a confié ne pas être vraiment surpris par le scandale qui éclate : "Ce n'est pas une pratique courante dans le tennis, mais il est vrai que ça arrive", lâche-t-il. "J'ai moi-même été approché il y a quelques années mais évidemment ce n'était même pas de l'ordre de l'envisageable. J'ai même été très virulent avec la personne en question."

"On n’est pas forcément plus blancs que les autres"

En à peine dix ans de carrière, il n'a connu qu'un cas similaire sur le circuit : "C'était un copain à moi. Il a été approché lui-aussi lors d'un tournoi en Italie, pour lâcher un match contre des garanties financières." L'Italie, justement, fait partie des lieux d'où les réseaux de parieurs en question séviraient, au même titre que la Russie.

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Directeur de l'Open Harmonie Mutuelle de Saint-Brieuc, tournoi de catégorie challenger, Patrick Le Bacquer ne semble pas surpris, lui non plus : "Bien sûr que j'y crois ! Malheureusement, dans toute corporation, il y a toujours un pourcentage de gens qui sont là pour profiter du système. Il ne faut pas rêver, on n'est pas forcément plus blancs que les autres", explique-t-il.

Au-delà de l'affaire elle-même, qui a notamment entraîné une enquête de la part de la Tennis Integrity Unit , Julien Boutter ne comprend pas qu'il soit permis de parier sur du tennis : "C'est malsain de pouvoir parier sur un sport individuel. Il n'y a qu'une personne à coopter donc c'est forcément plus simple que pour les sports collectifs. Puis, si en France on a un organisme qui utilise des mesures draconiennes pour lutter contre ce fléau, les règles changent d'un pays à l'autre, et il n'y a pas forcément d'uniformisation entre chaque nation", regrette-t-il. 

À la tête d'un ATP 250, l'ancien 46e joueur mondial sait que ces tournoi de "seconde zone" sont des cibles privilégiées pour ces malfaiteurs, qui profitent d'un éclairage médiatique sans commune mesure avec celui dont bénéficient les Grands Chelems ou les Masters 1000. "On a d'ailleurs déjà eu un cas de suspicion à Metz. L'organisme compétent avait alors ouvert une enquête. Mais le problème, c'est que cela coûte très cher d'enquêter sérieusement. Je suis persuadé que le budget de la BBC est supérieur à celui de l'organisme chargé d'enquêter. Le vrai problème, il est là..."

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