Mo Farah sur le "Muslim ban" : "Papa ne pourra peut-être pas rentrer à la maison"

POIGNANT - Actuellement en Ethiopie pour s'entraîner, la légende de l'athlétisme britannique craint de ne pouvoir rejoindre les Etats-Unis, où il vit depuis six ans. En cause ? Le décret anti-immigration signé par Donald Trump et interdisant l’entrée sur le territoire à tous les ressortissants de sept pays musulmans, dont la Somalie. C'est là que le champion est né il y a 33 ans.

Plus qu'un athlète, c'est une légende. Double champion olympique à Londres sur le 5000 m et le 10.000 m, Mo Farah est devenu le premier sportif à remporter l'or sur ces deux distances à domicile. Il a refait le doublé quatre ans plus tard à Rio. Une marque dans l'histoire du sport britannique que la reine elle-même a salué en l'anoblissant cette année. Le coureur de 33 ans, désormais Sir, a réagi de manière poignante au "Muslim ban", le décret signé par Donald Trump interdisant l'entrée sur le territoire américain à tous les ressortissants de sept pays musulmans, dont il risque aussi d'être victime. Car il est né en Somalie, l'un des pays visés par le président américain.

"Le 1er janvier, sa Majesté la reine a fait de moi un Chevalier du royaume. Le 27 janvier, le président Donald Trump semble avoir fait de moi un étranger", écrit-il dans une lettre ouverte publiée sur Facebook. "Je suis un citoyen britannique qui vit en Amérique depuis six ans - je travaille dur, je contribue à la société, je paie mes impôts et j'élève mes quatre enfants dans un lieu qu'ils appellent désormais la maison", poursuit-il. "Maintenant, on me dit à moi et à de nombreux autres que nous ne sommes peut-être plus les bienvenus. C'est profondément perturbant de devoir dire à mes enfants que Papa ne pourra peut-être pas rentrer à la maison, leur expliquer pourquoi le président a mis en place une politique issue de l'ignorance et de préjugés", ajoute le champion qui est actuellement en Ethiopie pour s'entraîner.

Mon histoire est un exemple de ce qui peut arriver quand vous suivez une politique de compassion et de compréhension, pas de haine et d'isolementMo Farah

L'athlète, né en 1983 à Mogadiscio, en Somalie, est arrivé à Londres à l'âge de 8 ans. Il se souvient avoir été "accueilli" par une nation qui lui a donné "la chance de réussir et de réaliser mes rêves". "Je suis fier de représenter mon pays, d'avoir remporté des médailles pour le peuple britannique et d'avoir reçu le plus grand honneur qu'est le titre de chevalier. Mon histoire est un exemple de ce qui peut arriver quand vous suivez une politique de compassion et de compréhension, pas de haine et d'isolement", conclut-il. Désormais détenteur d'un seul passeport britannique, il cherche actuellement à clarifier sa situation auprès des autorités américaines, selon le Daily Mail. Son post a déjà été liké plus de 165.000 fois.

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