Mondiaux de handball : le Qatar en finale, un scandale ?

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POLÉMIQUE - Pays hôte de la compétition, le Qatar n’était pas attendu à un tel niveau, lui qui n’avait jamais fait mieux qu’une 16e place dans un Mondial. Si la morale du sport en prend un coup, la sélection locale a pourtant toujours dominé ses adversaires ou presque. Mais un succès français arrangerait tout le monde.

Une équipe montée de toutes pièces
Cela a été dit et répété : parmi les 16 joueurs qui composent l’équipe du Qatar, on compte, officiellement, cinq Qataris, même si un seul semble être vraiment né au pay s. Les sept titulaires sont cubain, bosnien, espagnol, serbe… Tous ont été ciblés par les dirigeants locaux, le sélectionneur espagnol Valero Rivera en tête, comme des joueurs qui seraient enclins à ne plus jouer pour leur pays d’origine (parce qu’ils n’ont pas le niveau pour être sélectionnés, qu’ils sont dans des sélections mineures…). Après trois ans sans match avec leur premier pays, ceux-ci ont pu revêtir le maillot qatari, comme le règlement l’autorise. Cela interpelle forcément. Jusqu'à la Fédération internationale de handball, qui envisage sérieusement de fixer des limites à l’avenir.

L’international français Vincent Gérard, lui, y goûte assez peu :

Une préparation qui fait la différence
Tous rapatriés dans un club du pays, à l’exception du gardien Saric (FC Barcelone), les joueurs ont été dispensés de Championnat. Depuis sept mois, ils renforcent leur collectif, leur condition physique. “Nous sommes un groupe génial, qui a travaillé très dur pendant six mois. On n’est pas là par hasard non plus”, souligne Bertrand Roiné, le Français du Qatar. Le fonctionnement est semblable à celui d’un club, avec beaucoup, beaucoup de temps pour mettre en place une défense redoutable et quelques phases offensives intéressantes. "Cette finale sera un grand jour pour nous, elle récompense le soutien de notre fédération qui nous a permis de travailler dans les meilleures conditions’’, poursuivait le sélectionneur.

Un tableau ouvert et bien choisi
En huit matches (7 victoires, une défaite), le Qatar n’a pas battu de cador mondial. Et pour cause : son parcours ne lui en a pas imposé, sauf l'Espagne. La poule A, que les Qataris ont choisie à l’issue du tirage au sort (comme cela se fait chaque fois, comme en France en 2001), n’était pas la plus difficile, mais les locaux ont eu le mérite de battre la Slovénie (4e du dernier Mondial) et le Brésil. Deuxièmes, ils ont affronté en 8es une équipe à leur portée, l’Autriche (battue 29-27), puis l’Allemagne, initialement pas qualifiée pour la compétition avant d’être repêchée (battue 26-24), et enfin la Pologne (31-29), qui venait de créer la surprise face à la Croatie. Entre choix judicieux et chance avec les résultats des autres, c’est donc une voie royale qui s’est offerte au Qatar.

Un arbitrage favorable ?
Comment ne pas commencer cette réponse en montrant la réaction des Polonais, battus vendredi en demi-finale et qui sont allés applaudir, ironiquement, la paire d’arbitres serbes à la fin du match.

L’équipe qui évolue à domicile bénéficie toujours d’un traitement favorable de la part des arbitres. Le Qatar ne déroge pas à la règle. En phase de poules, le Brésil, en match d’ouverture, ou l’Espagne, finalement vainqueur, n’avaient pas été aidés. Le Qatar est premier… au classement du fair-play, avec seulement 23 sorties pour deux minutes. Depuis les 8es de finale sont souvent désignés des arbitres moins expérimentés, donc plus influençables par le public et les dirigeants… tandis que des paires habituées aux matches internationaux, comme les Français Pichon et Reveret, ont été renvoyées chez elles avant même les quarts de finale.

Les Bleus ne veulent pas polémiquer
C’est à croire qu’une réponse commune a été choisie. Côté français, on regrette la manière dont s’est construite l’équipe du Qatar, mais on fait avec. "On en a parlé maintes et maintes fois, rappelait Michael Guigou vendredi , mais ce sont les règles qui permettent que des choses comme ça se produisent… C’est sûr que c’est très bizarre mais c’est ainsi. Et nous, on fera ce qu’il faut pour être champions du monde.” Claude Onesta, lui, a évoqué un “grand bazar où tout le monde fait un peu ce qu’il veut”. Pour éviter que l’environnement ne joue trop, l’équipe de France espère briser le rêve qatari très tôt dans le match. Et balayer la polémique qu’il y aurait si le Qatar remportait le titre…

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