Paris 2024 : "Nous serions stupides de ne pas prendre les JO de 2028", lâche le maire de Los Angeles, mais...

Paris 2024 : "Nous serions stupides de ne pas prendre les JO de 2028", lâche le maire de Los Angeles, mais...
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OLYMPISME – Alors qu’un semblant de suspense demeurait concernant l’ordre de l’attribution des Jeux olympiques de 2024 et 2028 à Paris et Los Angeles, le maire de cette dernière ville affirme ce jeudi qu’il pourrait bien laisser la capitale française seule sur le créneau de 2024. Après avoir franchi les derniers obstacles.

Rendez-vous était initialement pris à Lima, le 13 septembre. C’est en effet dans la capitale du Pérou, en pleine rentrée, que le Comité international olympique (CIO) élira officiellement  les villes hôtes des Jeux olympiques de 2024 et 2028. Mais il ne faudra sans doute pas attendre jusque-là. Seules Paris et Los Angeles demeurent en lice, et la question est simplement de savoir dans quel ordre les JO leur seront attribués. Une question qui pourrait bien avoir déjà trouvé sa réponse… ce jeudi, avec les déclarations explicites d’Eric Garcetti, le maire de Los Angeles, qui ouvrent la porte en grand à Paris 2024. Si tant est qu’un accord est trouvé, d’ici à la semaine prochaine.

M. le maire de Los Angeles ne croit pas qu’attendre quatre ans de plus augmenterait les risques.Alex Comisar, porte-parole d'Eric Garcetti

Rappelons d’abord, pour bien comprendre, l’enjeu que constituent ces quatre ans d’écart. Côté français, il n’est pas question d’envisager 2028, après tous les refus essuyés par la candidature parisienne ces dernières années, et aussi (surtout ?) en raison des cent ans tout rond qui sépareraient cette édition des Jeux de celle de 1924, les derniers organisés à Paris. Les Américains, eux, considèrent les deux options. Mais privilégient tout de même l’échéance de 2024. "Attendre 2028 est bien plus risqué, c’est beaucoup plus incertain d’un point de vue économique, explique ainsi au Los Angles Times Zev Yaroslavsky, qui avait négocié, pour la mairie de L.A les JO de 1984. Et l’expert de citer l’impossibilité d’anticiper, par exemple, les revenus de la billetterie avec onze ans d’avance…

C’est sur ce point précis que l’édile Eric Garcetti a fait un pas en avant. "Le CIO rend le créneau de 2028 tellement attractif financièrement que nous serions stupides de ne pas le prendre", a-t-il en effet lâché au site BuzzFeed, en marge d’un évènement à Rancho Palos Verdes. Dans la foulée, son porte-parole, Alex Comisar, s’est fait encore un peu plus clair dans les colonnes du Los Angeles Times : "Monsieur le maire ne croit pas qu’attendre quatre ans de plus augmenterait les risques. Que ce soit pour 2024 ou 2028, notre plan reste aussi peu risqué, puisque nous nous appuyons sur des infrastructures déjà existantes et maîtrisons parfaitement notre budget."

Il ne suffit pas de remplacer 2028 par 2024, il faudrait renégocier avec l’administration.Alex Comisar, porte-parole du maire de Los Angeles

Dès lors, il est facile de penser que l’attribution des JO de 2024 à Paris n’est plus qu’une formalité. Ce n’est pas faux, mais ce serait tout de même aller un peu vite en besogne. "Il ne suffit pas de remplacer 2028 par 2024, il faudrait renégocier avec l’administration", a indiqué le porte-parole du maire. Pour l’heure, la ville assume des dépenses de 250 millions de dollars pour ces Jeux, tandis que 250 autres millions sont à la charge de l’État de Californie. Mais, qu’on parle des assurances, de la location des infrastructures ou même du dispositif de sécurité, il est très possible que les coûts des services augmentent en quatre ans. Et les habitants de Los Angeles ont reçu la promesse, dans une charte, que toute dépense supplémentaire par rapport au budget initial leur serait remboursée... Du grain à moudre pour les opposants locaux à ces Jeux.

Il faudrait donc établir un nouveau budget. Et trouver un accord avant la fin août, pour que le CIO puisse le formaliser en amont du vote du 13 septembre. C’est dans cette voie que s’est, en tout cas, engagée la ville de Los Angeles, en se montrant optimiste quant à ses chances d’y parvenir dans le courant de la semaine prochaine. Les quatre ans de plus permettraient d'ailleurs à la municipalité de terminer l’extension du métro, et ainsi d’obtenir de nouveaux sponsors, synonymes de revenus supplémentaires. Le timing est très serré, mais le fait qu'un responsable de la candidature de Los Angeles reconnaisse publiquement pour la première fois que la métropole californienne est prête à concéder les JO 2024 à Paris change bien toute la donne. Et il se murmure déjà que le CIO serait prêt à mettre la main à la poche pour faciliter les choses.

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