OM-PSG (1-5) : comment les Marseillais expliquent leur déroute historique

OM-PSG (1-5) : comment les Marseillais expliquent leur déroute historique
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CLASICO – Cela faisait 64 ans que l’OM ne s’était plus incliné 1-5 dans son stade Vélodrome. Sonnés et désolés après la défaite concédée sur ce score dimanche soir face au PSG, les Marseillais ont néanmoins tenté d’analyser ce naufrage, à chaud.

Têtes basses et regards dans le vague, les joueurs de l’OM avaient aussi le cœur gros, dimanche soir, au sortir de la rouste mémorable (1-5) que venait de leur infliger le PSG. Les supporters qui, dans les années 1990, les auraient conspués, avant de s’attaquer à leurs voitures à la sortie du parking, les ont au contraire applaudis et encouragés jusqu’au bout. Signe des temps : les supporters marseillais, bien qu’humiliés, ont pris acte de la supériorité parisienne. Seulement l’argent du Qatar, excuse brandie depuis plusieurs années, ne peut suffire à expliquer l’ampleur de ce score-là : à l’aller, le 23 octobre au Parc, l’OM, alors aux abois en Ligue 1, avait arraché un 0-0. Toulouse a fait de même la semaine dernière. Alors que s’est-il passé ?

Entre les excuses aux supporters et les hommages aux qualités des joueurs du PSG, une explication a filtré dans les discours marseillais d’après match. "On a voulu jouer notre jeu. Jusqu'à leur 2e but, on est allés les chercher, on a réussi à faire jeu égal, entre guillemets, a osé Dimitri Payet. Ça se dénoue sur un coup de pied arrêté. Après, quand on est menés, ils mettent le pied sur le ballon et c'est plus difficile de mettre notre jeu en place." Sur ces deux buts pris en moins de 20 minutes, l’entraîneur Rudi Garcia a dit ceci : "On a eu de la bonne volonté au début du match, mais on a pris deux buts d'entrée, sur des situations qu'on avait pourtant travaillées. On savait qu'on manquerait de taille et de poids mais on savait aussi comment éventuellement les bloquer, et on ne l'a pas fait." Pourquoi ?

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Certes, le PSG a joué un football collectif plein de grâce, mais comment a-t-il été possible que les Parisiens puissent effectuer des une-deux en pleine surface adverse en étant parfois entourés de cinq défenseurs marseillais ? Ces cinq défenseurs marseillais qui, justement, en octobre, avait su mieux fermer la baraque. "Les intentions au départ, c'était de ne pas attendre comme on l'a fait au match aller (0-0), c'était d'avoir un esprit conquérant, a indiqué Rudi Garcia. Ce qui n'a pas fonctionné, ce n'est pas ça. On n'a pas été au niveau, point. La défense n’a pas été bonne, le milieu n’a pas fait son boulot. On a été trop passifs, trop naïfs. Pourtant, on a abordé ce match avec beaucoup d'humilité."

Et si les Marseillais s'étaient vus trop beaux ?

L’humilité aurait pourtant consisté à admettre, dès le départ, la supériorité adverse, et non à "avoir un esprit conquérant". C’est dans ce paradoxe-là que les Marseillais ont sombré, quand leurs bonnes intentions ont volé en éclats, et que leurs doutes se sont changés en peur, puis en fébrilité. "Contre Lille ou Toulouse, nous avions eu du mal, certaines équipes jouent avec des défenses plus basses. Ici, l'OM jouait plus l'attaque. Nous, nous avons bien utilisé ces espaces", a souligné Unai Emery, le coach parisien... Le mot de la fin est pour Patrice Evra, qui a résumé ainsi ce qui pourrait s’apparenter à une forme de folie des grandeurs, probablement née du recrutement hivernal marseillais : "Il ne faut pas vendre du rêve aux gens ! Notre objectif, cette saison, c’est juste de ne pas finir en roue libre, c'est d'être 5e." Ni aux gens, ni même aux joueurs de l'OM.

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