On a testé pour vous : l’apnée avec Guillaume Néry, champion du monde sauvé des eaux

On a testé pour vous : l’apnée avec Guillaume Néry, champion du monde sauvé des eaux

FREE-DIVING – Champion du monde d’apnée, réalisateur et auteur ("Profondeurs", publié chez Arthaud), Guillaume Néry est membre du jury du 20e Festival du film Aventure et Découverte, qui se déroule jusqu’au 21 avril à Val d’Isère. Pour l’occasion, il a offert aux festivaliers une initiation à sa discipline, bien plus proche de la méditation qu’on ne le croit.

"Le maître-mot de l’apnée, c’est le relâchement." Guillaume Néry parle avec passion de sa discipline au Centre Aquasportif de Val d’Isère, mardi 19 avril. Membre du jury du Festival Aventure et Découverte, qui présente des films d’exploration, il a offert une initiation à l’apnée à un petit groupe de festivaliers et d’Avalins, pour moitié composé d’adolescents très attentifs. Tous écoutent ce grand type en pleine forme, et tous ont en tête le terrible accident qui a failli lui coûter la vie en septembre dernier.

Aux championnats du monde d’apnée, à Chypre, une erreur de mesure due à un bout de scotch mal placé a emmené Guillaume Néry à 139 mètres de profondeur au lieu des 129 prévus. Impensable vu les conditions de sécurité d’un tel événement, et pourtant…

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Pas préparé à ces dix mètres supplémentaires qui font toute la différence, Guillaume Néry a fait une syncope en remontant à la surface. Alors que ce type d’accident a tué bien d’autres apnéistes, il s’en est sorti avec un œdème pulmonaire et une bonne frousse qui l’a conduit à arrêter la compétition pour se consacrer à ses autres activités autour de l’apnée, notamment la réalisation de films.

Relaxation, sécurité et globules rouges

L’initiation en piscine peu profonde est bien sûr sans risque. "Pour apprendre à ne pas respirer, il faut d’abord apprendre à respirer", explique Néry en montrant diverses techniques de relaxation et de respiration ventrale préalables à toute plongée. Puis on se met à l’eau, en binôme : chacun doit tenir le petit doigt de l’autre et exercer des pressions pour vérifier que tout va bien. Les apnées se succèdent assez rapidement pour faire le plein de globules rouges : en rétention d’air, la rate fonctionne à plein régime et accroît ces globules porteurs d’oxygène au corps qui en manque soudain. Plus on a de "globules oxygénés" dans le sang, plus on peut tenir longtemps en apnée. Pour notre part, au bout d’une minute et huit secondes, on suffoque un brin.

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Après la séance, les ados bombardent l’athlète de questions. Comment avez-vous commencé l’apnée ? "A 14 ans, au fond d’un bus, j’ai fait un concours d’apnée avec un copain que j’ai perdu, ça m’a énervé et je me suis entraîné tout seul dans ma baignoire ! Puis je me suis inscrit dans un club de ma ville, Nice." L’apnée est-elle dangereuse pour la santé ? "J’ai récemment fait une étude avec le grand neurologue belge Steven Laureys, qui a effectué une IRM de mon cerveau pendant une plongée." Résultat : "après 20 ans de pratique et quelques syncopes, je n’ai pas la moindre lésion, mon cerveau est en parfait état." Il conclut en souriant : "L’apnée ne rend pas con."

Alors… Guillaume Néry s’est-il totalement remis de l’accident qui aurait pu lui être fatal ? "Oui, les alvéoles pulmonaires sont si vascularisées qu’elles cicatrisent très vite, en quinze jours j’étais rétabli." Oui mais alors… reprendra-t-il la compétition ? "Il ne faut jamais dire jamais, mais là, j’arrête les plongées en compétition qui sont à jour fixe, à heure fixe, ce qui ne veut pas dire que je vais arrêter de m’entraîner. On verra dans quelques années." En attendant, il continuera de chercher des angles originaux pour réaliser d’autres films : son court-métrage Free Fall a été plus de 24 millions de fois sur YouTube et il a récemment tenu le premier rôle, entièrement sous-marin, du clip "Runnin’" de Beyoncé. S’il y en a un qui ne se plaint pas d’avoir toujours la tête sous l’eau, c’est bien Guillaume Néry.

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