Open d'Australie : comment Gilles Simon a poussé Djokovic jusqu'aux cinq sets et l'a rendu plus humain

Open d'Australie : comment Gilles Simon a poussé Djokovic jusqu'aux cinq sets et l'a rendu plus humain

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SENSATION - Opposé au n° 1 mondial en 8e de finale a Melbourne, le Français a obligé le Serbe à s'employer pour finalement s'imposer 6-3, 6-7, 6-4, 4-6, 6-3 (en 4 h 32). Une défaite avec les honneurs pour Gilles Simon, qui montre que Novak Djokovic n'est pas complètement injouable.

Non, nous ne sommes pas dans le syndrome français. Si l'histoire du sport tricolore est jalonnée de "magnifiques défaites", cachant derrière le panache de ses représentants un manque de victoires de premier plan, cette fois, Gilles Simon a fait mieux que ça. Car parvenir à accrocher Novak Djokovic comme il l'a fait dimanche à l'Open d'Australie, ne relève pas de l'exploit (il aurait alors fallu battre le n° 1 mondial), mais de la performance, ça c'est sûr.

Car à l'heure où en ce début de saison tous les observateurs se demandaient il y a quelques que jours encore si le Serbe n'allait pas tout gagner en 2016 (l'an dernier, il ne lui a manqué que Roland-Garros où il a été battu en finale par Stanislas Wawrinka), le Français a prouvé que Djoko restait humain, faillible et donc battable... 

 Etre persuadé de pouvoir le faire
Parfois taxé à tort d'arrogance, le n° 3 français et n° 15 mondial porte en fait un regard lucide est sans concession sur le tennis mondial. Lors d'une interview accordée à metronews avant Roland-Garros l'an dernier, il nous confiait que "sur un match", il se sentait "capable de battre n'importe qui". Un son de cloche repris par Gilles Simon avant d'affronter Djokovic à Melbourne : "Je serai étonné qu'il refasse la même saison qu'en 2015, expliquait-il samedi dans L'Equipe. C'est à nous de ne pas faire preuve de résignation. De lui dire : "Sache qu'à la seconde où tu baisses, on sera là". 

 Avoir un plan précis en tête
C'est qui a le plus marqué les esprits de ceux qui ont vu cette rencontre, le Français a tenu sa feuille de route sans s'occuper ou s'adapter à la réaction de son adversaire. Même mené 2 jeux à 1 et à deux doigts d'être breaké à 3-2 dans la quatrième manche, Simon a déroulé son plan : imposer son rythme, et surtout casser celui de Djokovic, servir parfois mollement (on a vu des premières balles à 120 km/h !) mais toujours au centre pour ne pas donner d'angles au Serbe et tenter d'épuiser son adversaire. "C’était très exigeant physiquement, a d'ailleurs confié le n° 1 mondial après la rencontre. Je dois féliciter Gilles pour ce combat magnifique. Il est un des meilleurs contreurs du circuit, peut-être le meilleur. Il vous oblige toujours à frapper un coup de plus."

 Pousser Djokovic au bout de lui-même
C'est une statistique indigne de son rang mais qui illustre combien le meilleur joueur du monde a souffert : il a commis 100 fautes directes au cours de ce 8e de finale ! Très gêné par le jeu de Simon, Djokovic a semblé parfois perdre son tennis avant de le retrouver au meilleur moment, dans la cinquième manche décisive. 3-1, 4-1, 5-1... la belle machine serbe s'est remise en marche en fin de matche, comme le craignait d'ailleurs le Français face à ce type de joueur. "A la base, ils sont plus forts et ils ont en plus le capital confiance de toutes leurs victoires, nous expliquait Simon en mai dernier. Et les jours où ils sont moins bien et que tu penses pouvoir les battre, tu perds quand même. Car ces mecs-là, ils ont tellement gagné, que même dans ces moments-là, ils savent qu’ils vont forcément s’en sortir." 

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