Oscar Pistorius avant son procès : une icône déchue

Oscar Pistorius avant son procès : une icône déchue

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PORTRAIT - Le Sud-Africain, qui qui sera jugé lundi pour avoir tué sa compagne il y a un an, a changé la face du sport. Amputé des tibias, sur ses lames de carbone, il survole le sprint handisport et a réussi à participer aux JO de Londres valides.

Oscar Pistorius n'a jamais fait l'unanimité. Premier athlète handisport a avoir participé aux JO valides, il aurait pourtant dû être un symbole : celui du rapprochement. Mais ce 4 août 2012, lors des séries du 400 mètres des Jeux de Londres, Pistorius divise. Certains pensent que ses prothèses l'avantagent, tandis que du côté des sportifs handisport, on supporte mal son côté très "starisé" et "individualiste".

Lorsque le "Blade Runner" (le coureur aux lames), défend sa cause, dès 2007, pour courir avec les valides, il refuse de porter l’étendard des sportifs handicapés. Même si Gérard Masson, président de la Fédération française handisport affirme que la démarche du sprinteur "est aussi une opportunité formidable pour le monde du handisport", Pistorius a parfois paru tourner le dos à l'univers du handicap.

Son handicap ne l'a "jamais gêné"

Né sans péronés, Oscar Pistorius, aujourd'hui âgé de 26 ans, a dû être amputé des tibias à l'âge de 11 mois. Doté d'une énorme force de caractère, le Sud-Africain décide de se lancer dans l'athlétisme, après une blessure au rugby, et peut courir grâce à deux prothèses en carbone. A l'aise avec son handicap, "cela ne m'a jamais gêné. Je ne marchais pas encore lorsqu'on m'a opéré", avait-t-il déclaré avant les Jeux 2012 dans Libération, Pistorius dénote dans le milieu.

Et si lors de ses premières compétitions handisport, Pistorius fait une entrée discrète, il se révèle être un sprinteur hors normes. Médaillé d'or sur 200 mètres et de bronze sur 100 lors de ses premiers Jeux paralympiques en 2004, il va ensuite tout rafler sur son passage : à Pékin, il devient champion olympique sur 100, 200 et 400 mètres. A Londres, il doit se contenter de l'argent sur 200 mètres, mais conserve son titre sur les autres distances.

Mauvais perdant mais riche

Sa participation aux épreuves "classiques" puis handisport ne permet pourtant pas à Pistorius de rallier les athlètes des deux "camps" à sa cause. Lors de sa défaite sur le 200 m paralympique, il affirme que "la course n'était pas équitable" car le vainqueur, Alan Oliveira, a des prothèses plus grandes que les siennes... Quelques semaines plus tôt, alors qu'il s'apprête à concourir avec les valides, Pistorius déclare : "Je suis ambitieux, je peux faire un podium".

Si la majorité des coureurs salue sa participation aux Jeux, son élimination en demi-finale du 400 mètres semble finalement arranger tout le monde. Un échec qui ne l'a pas empêché de devenir l'athlète handisport le plus médiatisé de la planète, mais aussi le plus riche : Oscar Pistorius, qui est diplômé en management, gagne plus d'un million de dollar par an. C'était avant que sa vie ne bascule ce jeudi 14 février 2013.

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