Paris-Roubaix : au Nord, c'était les masos

Paris-Roubaix : au Nord, c'était les masos

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CYCLISME - Ce dimanche aura lieu Paris-Roubaix, l'une des principales classiques flandriennes, l'une des plus anciennes aussi, qu'aucun Français n'a remporté depuis 1997. Vingt à trente coureurs, un peu fous et surtout déterminés, prétendent à la victoire. Comme Gilbert Duclos-Lassalle, double vainqueur de l'épreuve, qui en garde un souvenir merveilleux malgré la poussière reçue sous la casquette.

Un aperçu de l'enfer. Voilà ce à quoi auront droit les 200 coureurs sur les pavés de Paris-Roubaix, dimanche, l'une des plus vieilles classiques du Nord. Bras qui tremblent, selle qui tape les fesses et tension permanente pour éviter les chutes : un calvaire de six heures, pour les plus rapides. ''Paris-Roubaix, c'est une connerie'', s'était emporté en 1981 Bernard Hinault, pourtant vainqueur. ''S'il faut être fou pour vouloir gagner Paris-Roubaix ? Non, il faut juste l'aimer'', sourit Gilbert Duclos-Lassalle, double vainqueur de ''l'enfer du Nord'' en 1992 et 1993.

Plus que d'amour, c'est pourtant de volonté dont il est question. ''C'est une super épreuve mais il faut y aller le couteau entre les dents, sourit Stéphane Augé, dix ans de professionnalisme derrière lui, qui n'a jamais vu le Vélodrome de Roubaix malgré deux tentatives. C'est nerveux, il faut toujours être bien placé. C'est vraiment particulier, pour les coureurs comme pour les mécanos et les directeurs sportifs.''

Duclos-Lassalle : ''J'ai mis 17 ans à dompter Paris-Roubaix"

Amoureux de ces secteurs pavés qui lui convenaient tant, Duclos-Lassalle parle, lui, de ''préparation physique mais surtout mentale'' afin de briller. ''Il faut se dire : 'Je vais tomber, je vais crever, mais je suis prêt à aller au combat et je vais gagner.' Sinon, dès le premier pépin, c'est fini. En 1993, j'ai crevé deux fois mais j'ai gagné.'' Quitte à prendre des risques, n'en déplaise à Bernard Hinault, qui déplorait, en 2011, que 'quelques-uns aient laissé une partie de leur carrière sur ces pavés''.

Ils seront encore une vingtaine, dimanche, à prétendre à la victoire, dont certains jeunes Français qui visent une place d'honneur. Et pourquoi pas succéder à Frédéric Guesdon, dernier Tricolore vainqueur, en 1997. ''En gagnant, j'ai concrétisé quelque chose d'extraordinaire pour ma carrière, en rêve encore 'Gibus'. J'ai mis 17 ans à dompter Paris-Roubaix mais c'était l'apothéose de ma carrière. Je me suis dit qu'après ça, je pouvais arrêter.'' Il était revenu alors de ''l'enfer du Nord''. 

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