Après avoir participé aux JO d’été en taekwondo, un Tongien se qualifie pour les JO d’hiver en ski de fond !

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DRÔLE DE PARCOURS - Son corps huilé avait fait sensation lorsqu'il avait porté le drapeau de l'équipe des Tonga aux Jeux olympiques d'été de Rio en 2016 : en février à Pyeongchang, le Tongien Pita Taufatofua espère à nouveau marquer les esprits, cette fois... sur des skis de fond.

Il est rare que les qualifications pour les épreuves de ski de fond aux Jeux olympiques d’hiver aient droit aux gros titres de la presse sportive internationale. Comme il est rare qu’un sportif tongien, dans l'absolu, ait droit à pareil honneur. Mais Pita Taufatofua n’est pas vraiment un sportif lambda. Celui qui, déjà, avait attiré les lumières sur lui en défilant le torse nu et huilé au-dessus d’un pagne traditionnel lors de la cérémonie d’ouverture des JO d’été de 2016, vient en effet de réaliser un fort improbable exploit : se qualifier pour les épreuves de ski de fond des JO de Pyeongchang.

Je me suis entraîné pendant un an sur des rollers skis, c'est la pire chose qu'on ait inventée au mondePita Taufatofua

Improbable, parce que Pita Taufatofua s’était aligné en taekwondo à Rio en 2016. Mais surtout parce qu’au Royaume de Tonga, cet État de Polynésie composé de plus de 170 petites îles perdues dans le Pacifique Sud, la neige n’existe pas. Un chiffre suffit à résumer l’incongruité de la chose : sur l’archipel, la Fédération tongienne de ski ne compte que quatre athlètes, dont deux pour le seul ski nordique. "Je me suis entraîné pendant un an sur des rollers skis, c'est la pire chose qu'on ait inventée au monde", a-t-il rigolé au micro de la chaîne du Comité international olympique (CIO).

La vidéo ci-dessus, mise en ligne sur la page Facebook de la Royal Tonga Ski Federation en novembre dernier, le montre effectivement rollers aux pieds, en train d’arpenter le bitume mouillé par la pluie tropicale d’une piste de fortune, en poussant comme il peut sur ses bâtons. 

"En tout, cela fait seulement dix semaines que je pratique sur de la neige, a-t-il encore raconté au CIO. J'ai participé à sept courses et, chaque fois, j'ai échoué de peu. Et puis, j'ai appris qu'il y avait une dernière course qualificative, mais que celle-ci était vraiment au bout du monde (en Islande, ndlr). Je savais que c'était du quitte ou double, alors j'ai vraiment donné tout ce que j'avais, et aujourd'hui, je suis heureux."

Une fois passé le sourire de stupéfaction, c’est en tout cas un sentiment d’admiration qui domine chez les observateurs aujourd’hui. Surtout si l’intéressé pousse le courage et la persévérance jusqu’à défiler en pagne lors de la cérémonie d’ouverture du 9 février prochain, dans la fraîcheur toute hivernale de la petite station de ski coréenne de Pyeongchang.

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