Pour Monfils, c'est surtout une question de feeling

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TENNIS - Opposé à Andy Murray mercredi, en quart de finale, le Français vit une véritable résurrection porte d'Auteuil. Car comme souvent dans la carrière de Gaël Monfils, les mois précédant Roland-Garros ont été un peu chaotiques.

Avec lui, il y a souvent un "mais". Un physique hors norme, un talent certain et un classement fluctuant, voici résumé en quelques mots la carrière de Gaël Monfils (27 ans). Considéré par beaucoup comme le joueur de tennis français le plus doué de sa génération , celui qui affronte mercredi Andy Murray en quart de finale de Roland-Garros n'est pourtant que le 28e joueur mondial.

La faute à une série de blessures aux genoux qui, en 2012 l'ont même fait sortir du Top 100, mais surtout à un rapport parfois distancié que Monfils entretient avec son sport. “Gaël ne fait rien comme tout le monde. Mais quand il décide de participer, il fait tout pour être prêt physiquement. Et il n’a pas peur des gros événements. C’est l’une de ses forces”, explique Thierry Champion, son ancien coach. Même constat du côté de Sébastien Grosjean, ancien n° 4 à l'ATP : "Quand il a envie de jouer, il peut aller loin."

"Son souci, c'est son inconstance", explique Bruguera

L'appétit, voilà ce qui manque parfois à ce joueur capable de mettre le tennis entre parenthèses plusieurs semaines et de rater Wimbledon "pour des raisons personnelles" en 2013. Puis de remettre ça en mars dernier, expliquant qu'il ne parvient pas "à faire la part des choses". Des états d'âmes qui expliquent aussi les pépins physiques récurrents de Monfils et les réserves émises par Sergi Bruguera (double vainqueur à Roland-Garros en 1993 et 1994) lorsqu'on lui demande s'il voit le Français lui succéder un jour au palmarès.

"Son souci, c'est son inconstance, nous explique l'Espagnol. Il peut sortir des matches incroyables puis disparaître pendant des mois. Alors que pour battre les meilleurs, il faut de la régularité." Avançant à l'affect, "La Monf'", qui se décrit comme "un émotionnel (sic", serait donc un joueur de coup. Du même genre qu'un certain Yannick Noah, dernier tricolore à s'être imposé porte d'Auteuil en 1983, lors de sa seule victoire en Grand Chelem. Et si rien ne dit que Monfils est capable de battre Murray (il l'a déjà fait en 2006, ici à Roland-Garros), une chose est sûre, il fera tout pour faire vibrer le public du central. Histoire d'entretenir la flamme.

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